La Chine est devenue, depuis 2020, le premier concurrent de l’Union européenne (UE), après avoir occupé le poste de premier client. Selon Le Monde, le déficit commercial allemand vis-à-vis de la Chine a quadruplé en cinq ans. Ce changement de statut pose la question de la politique économique qu’il faut adopter pour redresser la situation.
Les chefs d’Etat et de gouvernement européens doivent trouver une réponse commune pour faire face à ce « second choc chinois ». Cette réponse doit prendre en compte de nombreux facteurs, tels que les équilibres géopolitiques entre les Etats-Unis et la Chine, la pérennité des règles commerciales et des institutions multilatérales, les objectifs climatiques et de décarbonation, la sécurité des approvisionnements en matériaux critiques, ainsi que l’avenir industriel du continent.
Ce qu'il faut retenir
- La Chine est devenue le premier concurrent de l’Union européenne (UE) depuis 2020.
- Le déficit commercial allemand vis-à-vis de la Chine a quadruplé en cinq ans.
- Les chefs d’Etat et de gouvernement européens doivent trouver une réponse commune pour faire face au « second choc chinois ».
- La réponse doit prendre en compte les équilibres géopolitiques, les règles commerciales, les objectifs climatiques, la sécurité des approvisionnements et l’avenir industriel du continent.
Les enjeux économiques
D’après Le Monde, le débat autour de la politique économique à adopter pour redresser la situation oscille entre les partisans d’un « made in Europe », qui imposerait des quotas de contenu local pour protéger l’industrie, et les partisans du « made with Europe », qui refusent de limiter les bénéfices économiques du doux commerce.
La science économique ne propose aucune politique évidente clés en main, il s’agit donc de repenser les politiques commerciales, industrielles et de concurrence européenne face au « second choc chinois ». Des tarifs douaniers ou non ? La réponse doit être différenciée, car si l’UE a décidé d’introduire des tarifs douaniers sur les véhicules électriques chinois en 2024, elle continue de ne pas en imposer sur les panneaux solaires.
Les tarifs douaniers
Comme le rapporte Le Monde, la question n’est pas d’être « pour ou contre les droits de douane », mais de savoir sur quels biens et services les appliquer, à quel niveau, et dans quel but. Des tarifs douaniers sont sans doute nécessaires pour les biens sur lesquels l’Europe maintient des capacités de production ou qu’elle doit développer pour des questions d’autonomie stratégique.
Le choix de ne pas imposer des tarifs douaniers sur les panneaux solaires est logique, puisqu’il n’existe plus aucune production de panneaux solaires en Europe à protéger. En effet, des tarifs douaniers auraient renchéri le déploiement des énergies renouvelables en Europe, ce qui n’est pas le but recherché.
En conclusion, la situation actuelle impose à l’Union européenne de repenser ses politiques commerciales, industrielles et de concurrence pour faire face au « second choc chinois ». Les décisions à venir seront déterminantes pour l’avenir économique de l’UE et de ses États membres.
