Le 26 avril 2026, les combats ont repris à Kidal, dans le nord du Mali, impliquant une rébellion touarègue soutenue par des groupes jihadistes d’un côté, et l’armée malienne épaulée par les mercenaires russes du groupe Africa Corps de l’autre. Selon RFI, ces affrontements surviennent après une série d’attaques menées depuis la veille par le Front de Libération de l’Azawad (FLA), un mouvement séparatiste touareg, en collaboration avec des factions jihadistes. Plusieurs villes, dont Kidal, ont été revendiquées comme sous contrôle rebelle, plongeant la région dans une nouvelle phase de violence.
Quelques heures après le déclenchement des hostilités, des habitants de Kati — ville considérée comme le bastion de la junte militaire au pouvoir à Bamako — ont confirmé la reprise des combats dans cette localité stratégique. D’après des témoignages recueillis par RFI, les affrontements se sont intensifiés dès l’aube, avec des échanges de tirs nourris et des mouvements de troupes signalés dans plusieurs quartiers. Ces développements illustrent l’extension géographique d’un conflit qui, jusqu’ici, se concentrait principalement dans le nord du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Kidal et Kati sont au cœur des combats les plus récents, selon les confirmations d’habitants rapportées par RFI.
- Le FLA, groupe séparatiste touareg, et des factions jihadistes mènent conjointement ces attaques, revendiquant le contrôle de Kidal.
- L’armée malienne est soutenue par des mercenaires russes du groupe Africa Corps, une force parallèle dont l’implication accroît la complexité du conflit.
- Les combats ont repris le 26 avril 2026, après une période de relative accalmie relative.
- Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a été tué lors de ces affrontements — un détail révélé ultérieurement par les autorités locales.
Un ministre de la Défense tué dans l’exercice de ses fonctions
Parmi les victimes des combats figure Sadio Camara, ministre malien de la Défense, dont la mort a été confirmée par des sources gouvernementales locales. RFI précise que sa disparition s’est produite dans des circonstances non encore détaillées, mais probablement liées aux affrontements à Kidal. Son décès marque un tournant symbolique, alors que l’armée malienne tente de maintenir son emprise sur une partie du territoire menacée par l’avancée des groupes armés. Le gouvernement de transition, en place depuis le coup d’État de 2020, se retrouve ainsi privé d’un de ses principaux dirigeants militaires.
Selon des informations communiquées à RFI par des responsables militaires sous couvert d’anonymat, le ministre participait à une opération de contre-offensive lorsque les combats ont pris une tournure défavorable. Aucune confirmation officielle n’a été donnée quant aux circonstances exactes de sa mort, mais les rumeurs évoquent des tirs d’artillerie ou des échanges de feu intenses. Son remplacement devra être organisé dans les prochains jours, alors que le pays fait face à une crise sécuritaire majeure.
Des groupes armés en progression, une junte sous pression
Le FLA et les factions jihadistes, dont certaines sont affiliées à Al-Qaïda ou à l’État islamique, profitent des divisions internes au Mali pour étendre leur influence. D’après RFI, ces groupes ont coordonné leurs actions pour s’emparer de plusieurs localités, dont Kidal, une ville stratégique située dans la région de l’Azawad. Leur objectif affiché reste la création d’un État indépendant dans le nord du pays, une revendication portée depuis des décennies par les mouvements touaregs.
Côté gouvernemental, la junte militaire, dirigée par le colonel Assimi Goïta, mise sur le soutien des mercenaires russes d’Africa Corps pour contenir l’avancée rebelle. Ces derniers, déjà déployés dans d’autres zones du Sahel, apportent un appui logistique et militaire significatif. Cependant, leur présence alimente aussi des tensions diplomatiques, notamment avec les pays voisins et les partenaires internationaux du Mali, qui redoutent une escalade de la violence.
Dans l’immédiat, la priorité reste la protection des populations civiles prises au piège des combats. Les humanitaires sur place alertent déjà sur l’augmentation des déplacements forcés, alors que les infrastructures médicales et les routes commerciales sont menacées. La communauté internationale, notamment l’Union africaine et la CEDEAO, devrait multiplier les appels à un cessez-le-feu, sans garantie que les belligérants y répondent.
Selon RFI, les principaux groupes en action sont le Front de Libération de l’Azawad (FLA), une rébellion touarègue, ainsi que des factions jihadistes liées à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et à l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Ces groupes ont coordonné leurs attaques pour s’emparer de villes comme Kidal.
Les mercenaires du groupe Africa Corps — une entité liée au groupe Wagner, selon plusieurs analystes — apportent un soutien militaire et logistique à l’armée malienne. Leur implication, confirmée par RFI, permet à Bamako de renforcer ses capacités opérationnelles, mais elle complique aussi les relations du Mali avec ses partenaires traditionnels, comme la France ou les États-Unis.