Le marathon entre dans une nouvelle ère. Sabastian Sawe, athlète kényan, a pulvérisé dimanche 26 avril 2026 le record du monde du marathon en terminant la course en 1h59:30 à Londres. Ce temps, le premier sous la barre mythique des deux heures, marque un tournant historique dans l’évolution des performances sur la distance reine de l’athlétisme.

Selon Le Figaro, cette performance s’inscrit dans une dynamique de progression constante des records mondiaux masculins du marathon. Depuis le temps de Paul Tergat, qui avait établi un chrono de référence en 2h04:55 en 2003, les athlètes ont gagné plus de cinq minutes en l’espace de 23 ans seulement. Une amélioration spectaculaire, fruit des progrès technologiques, des méthodes d’entraînement et de l’évolution des conditions de course.

Ce qu'il faut retenir

  • 1h59:30 : le nouveau record du monde du marathon, établi par Sabastian Sawe à Londres le 26 avril 2026.
  • Sabastian Sawe devient le premier homme de l’histoire à franchir la barre des deux heures sur 42,195 km.
  • Le précédent record, 1h59:35, appartenait à Kelvin Kiptum, établi en octobre 2023 à Chicago.
  • En 23 ans, les records du monde masculins ont été améliorés à dix reprises, avec un gain total de plus de cinq minutes.
  • Les dix meilleurs temps de l’histoire sur marathon ont tous été réalisés par des athlètes kényans, éthiopiens ou ougandais.
  • La plupart de ces performances ont été établies lors d’épreuves majeures : Berlin, Londres ou Chicago.

Une progression fulgurante, portée par une génération d’athlètes

Le tableau des records du monde masculins du marathon depuis 2003 illustre cette progression vertigineuse. Après Paul Tergat en 2003, c’est au tour de Haile Gebrselassie de s’emparer du record à deux reprises, en 2h04:26 puis 2h03:59, toujours à Berlin. Les Kényans ont ensuite dominé la discipline, avec Patrick Makau (2h03:38 en 2011), Wilson Kipsang (2h03:23 en 2013), Dennis Kimetto (2h02:57 en 2014), et surtout Eliud Kipchoge, qui a abaissé le record à 2h01:39 en 2018, puis à 2h01:09 en 2022.

En octobre 2023, Kelvin Kiptum signe un nouveau bond en avant avec 1h59:35, à Chicago. Son temps, déjà historique, est désormais dépassé par celui de Sabastian Sawe, qui réalise l’impossible : courir 42,195 km en moins de deux heures. Le Kényan a ainsi effacé 1h05 de la distance depuis l’exploit de Tergat en 2003.

L’Afrique de l’Est, terre des records, et l’ombre des polémiques

Tous les records du monde masculins du marathon depuis le début du XXIe siècle ont été établis par des athlètes originaires d’Afrique de l’Est. Le Kénya domine largement le palmarès, suivi par l’Éthiopie et, plus récemment, l’Ouganda. Cette domination s’explique par des facteurs multiples : conditions d’entraînement en altitude, culture du running, et encadrement technique souvent pointu. Pourtant, cette hégémonie n’est pas sans susciter des interrogations.

En 2023, la mort tragique de Kelvin Kiptum dans un accident de la route a jeté une ombre sur la discipline. Le jeune Kényan, alors recordman du monde, avait réalisé l’un des temps les plus rapides de l’histoire. Sa disparition a rappelé les risques liés à la quête de performance extrême, même si aucun lien direct n’a été établi entre son entraînement et son décès.

Londres, Berlin, Chicago : des villes qui ont marqué l’histoire du marathon

Si Berlin et Chicago figurent parmi les villes les plus emblématiques pour les records du monde, Londres a également joué un rôle clé en 2026. Sabastian Sawe y a réalisé son exploit sous une météo favorable et devant un public nombreux. Le choix du parcours et des conditions météorologiques reste un facteur décisif dans la quête des records.

Berlin, surnommée la « ville des records », a accueilli à elle seule six des dix derniers records du monde masculins. Son parcours plat et ses températures souvent clémentes en automne en font un terrain de prédilection pour les performances chronométriques. Chicago, avec son tracé rapide et son organisation rigoureuse, a également permis à Kiptum et Kipsang d’entrer dans la légende.

Et maintenant ?

La question se pose désormais : ce record de Sabastian Sawe résistera-t-il longtemps ? Avec l’amélioration constante des méthodes d’entraînement, des équipements et des protocoles de récupération, rien ne semble impossible. Les spécialistes s’interrogent déjà sur la capacité des athlètes à descendre encore sous la barre des 1h59. Certains évoquent même l’hypothèse d’un marathon en 1h58 d’ici quelques années.

Pour Sabastian Sawe, ce record ouvre la voie à une nouvelle ère. Reste à voir s’il parviendra à confirmer cette performance lors des prochaines compétitions majeures, ou si un autre athlète, peut-être un successeur de Kiptum, prendra le relais. Une chose est sûre : le marathon entre dans une nouvelle dimension.

Pour les amateurs de running, cette performance soulève également des questions éthiques. L’utilisation de chaussures de nouvelle génération, déjà au cœur de débats, pourrait-elle permettre de repousser encore les limites humaines ? La Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics) devra probablement se pencher sur ces enjeux dans les mois à venir.

Enfin, cette avancée interroge sur l’avenir des compétitions d’athlétisme. Avec des records qui tombent les uns après les autres, la discipline doit-elle évoluer pour préserver l’équité et l’attractivité des courses ? Autant de questions qui animeront les débats dans les mois à venir.

Pour l’heure, une chose est certaine : Sabastian Sawe est entré dans l’histoire. Son nom figurera en lettres d’or aux côtés de ceux de Kipchoge, Gebrselassie et Tergat. Une page se tourne, une autre s’ouvre.

Plusieurs facteurs expliquent cette progression : l’amélioration des méthodes d’entraînement, notamment grâce aux sciences du sport, l’utilisation de chaussures de nouvelle génération optimisant l’énergie restituée, et une meilleure préparation physique et mentale des athlètes. Les parcours de plus en plus optimisés, avec des conditions météo contrôlées, jouent également un rôle clé.

Le marathon de Londres a été sélectionné pour son parcours rapide et plat, ainsi que pour son organisation rigoureuse. Les conditions météo étaient favorables, avec des températures modérées et un vent peu contraignant. Ces éléments, combinés à une préparation optimale, ont sans doute contribué à la performance exceptionnelle de Sawe.