Les marchés financiers mondiaux affichaient une tendance positive vendredi 10 avril 2026, à l'approche des négociations entre les États-Unis et l'Iran prévues samedi à Islamabad, au Pakistan. Selon Euronews FR, les Bourses européennes et asiatiques enregistraient des gains à l'ouverture, tandis que les cours du pétrole progressaient modestement malgré un contexte géopolitique toujours tendu. Le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, entré en vigueur fin février, reste fragile, notamment après des frappes israéliennes meurtrières au Liban en milieu de semaine.
Ce qu'il faut retenir
- Les pourparlers États-Unis-Iran doivent débuter samedi 11 avril 2026 à Islamabad, avec pour objectif un cessez-le-feu permanent
- Le pétrole Brent progresse de 0,8 % à 96,71 dollars le baril, tandis que le WTI américain gagne 0,4 % à 98,60 dollars
- Le détroit d'Ormuz, artère stratégique pour le transport d'hydrocarbures, reste largement fermé malgré les pressions américaines
- Les indices boursiers européens (DAX, CAC 40, Euro Stoxx) progressent de 0,5 % à 0,7 % à l'ouverture, tandis que Wall Street termine en hausse de 0,5 % à 0,8 % jeudi
- Les marchés asiatiques suivent la tendance, portés par des indicateurs économiques chinois meilleurs qu'attendus
Un cessez-le-feu fragile à l'épreuve des événements récents
Les discussions entre Washington et Téhéran, prévues pour samedi 11 avril à Islamabad, s'inscrivent dans un contexte de grande incertitude. Le vice-président américain JD Vance mènera la délégation des États-Unis, tandis que l'Iran maintient sa position sur plusieurs points clés. La fragilité du cessez-le-feu, entré en vigueur le 28 février 2026, a été mise en lumière par deux événements récents : des frappes israéliennes meurtrières au Liban mercredi, et le maintien du contrôle iranien sur le détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour le transport de pétrole et de gaz.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé avoir autorisé des pourparlers avec le Liban, des négociations étant attendues à Washington la semaine prochaine. Selon les analystes de Deutsche Bank Research, ces discussions sont « significatives, car le Liban a été un possible facteur de blocage majeur autour du cessez-le-feu ». « Les espoirs d'une désescalade au Liban ont contribué à apaiser les craintes de voir le cessez-le-feu plus large voler en éclats avant les discussions de ce week-end », précisent-ils dans une note.
Pétrole et Bourses : une hausse modérée malgré les tensions
Sur le marché des matières premières, le pétrole a enregistré une progression modérée vendredi. Le Brent, référence internationale, gagnait 0,8 % pour atteindre 96,71 dollars le baril, tandis que le WTI américain, autre baromètre majeur, prenait 0,4 % à 98,60 dollars. Ces niveaux restent bien supérieurs à ceux observés avant le début du conflit, comme le souligne Ajay Rajadhyaksha, économiste chez Barclays : « Un baril à 65-70 dollars, c'est terminé. » La banque anticipe désormais un prix moyen du Brent autour de 85 dollars pour l'année 2026, une estimation qu'elle nuance cependant : « Un cessez-le-feu n'est pas un remboursement. Les cessez-le-feu mettent fin aux guerres, ils ne les effacent pas. »
En Europe, les principaux indices boursiers affichaient des gains à l'ouverture. Le DAX de Francfort et le CAC 40 de Paris progressaient de plus de 0,5 %, tandis que l'Euro Stoxx 50 gagnait 0,7 %. À Londres, le FTSE 100 cédait légèrement dans les premiers échanges. Cette tendance haussière s'inscrivait dans la continuité de la journée de jeudi, où Wall Street avait terminé en hausse de 0,5 % à 0,8 %, portée par un climat globalement porteur.
Asie : des indicateurs contrastés mais une tendance globalement positive
Les marchés asiatiques suivaient également la tendance haussière vendredi, avec des performances variables selon les places financières. En Chine, l'indice des prix à la consommation a progressé de 1 % sur un an en mars, un chiffre inférieur aux attentes des analystes et en retrait par rapport à la hausse de 1,3 % enregistrée en février. Malgré ce ralentissement, les Bourses chinoises ont réagi positivement : le Hang Seng de Hong Kong a pris 0,7 % à 25 919,12 points, tandis que l'indice composite de Shanghai a gagné 0,6 % à 3 991,14 points.
Le Nikkei 225 de Tokyo a progressé de 1,6 % à 56 789,58 points, porté notamment par le titre Fast Retailing, maison mère d'Uniqlo, qui a bondi de plus de 10 % après une révision à la hausse de ses prévisions de bénéfices. En Corée du Sud, le Kospi a enregistré une hausse de 1,8 % à 5 879,71 points, tandis que l'indice S&P/ASX 200 australien reculait de 0,4 %. À l'inverse, le Taiex taïwanais et le Sensex indien ont respectivement progressé de 1,3 % et 0,7 %.
Dans le même temps, les métaux précieux ont reculé : l'or a perdu 0,8 % à 4 778 dollars l'once, tandis que l'argent cédait 1,1 % à 75,6 dollars l'once. Les devises affichaient des mouvements modérés, avec un dollar américain à 159,18 yens contre 158,96 yens la veille, et un euro s'échangeant à 1,1687 dollar contre 1,1699 dollar.
Inflation américaine : un indicateur clé à surveiller
Les chiffres de l'inflation américaine pour mars 2026, publiés vendredi, ont retenu l'attention des analystes. Il s'agit des premiers à couvrir la période depuis le début du conflit avec l'Iran, le 28 février. Deutsche Bank Research anticipe une « hausse marquée » des prix, avec un indice des prix à la consommation global en progression de +0,95 % en mars. Si cette prévision se confirme, il s'agirait de « la plus forte progression mensuelle depuis juin 2022 », selon la banque. Ce chiffre ferait également remonter le taux annuel à 3,4 %, un niveau « que nous n'avons plus vu depuis le début de 2024 », soulignent les analystes.
Cette hausse des prix, notamment de l'essence, s'explique en grande partie par les tensions géopolitiques et les perturbations sur les marchés énergétiques. « Les inquiétudes liées à l'inflation restent très élevées », rappellent les experts de Deutsche Bank, alors que les négociations entre les États-Unis et l'Iran pourraient, à terme, influencer les cours du pétrole et, par ricochet, les prix à la consommation.
Ces pourparlers surviennent alors que le monde économique tente de trouver un nouvel équilibre après des mois de perturbations liées aux conflits au Proche-Orient. Les marchés, actuellement en légère hausse, reflètent cette attente prudente, entre espoirs de désescalade et craintes persistantes.
Le détroit d'Ormuz est une voie maritime stratégique, par laquelle transite près d'un tiers du pétrole mondial. Son contrôle ou sa fermeture pourrait provoquer une crise énergétique majeure. L'Iran, qui en bloque partiellement l'accès, exerce une pression sur la communauté internationale pour faire avancer ses revendications.
