Quand la pluie tombe sans s'arrêter, le Maroc le sait mieux que quiconque. Ce week-end, des inondations d'une violence inouïe ont frappé le pays, laissant derrière elles un bilan lourd : quatre vies emportées, des milliers de familles déplacées. Et puis, surtout, une colère sourde qui monte chez les agriculteurs et éleveurs.
Quand le ciel se transforme en ennemi
Imaginez : 15 000 personnes contraintes de quitter leur foyer en urgence. Des villages entiers coupés du monde, des routes transformées en torrents. (D'après nos confrères de France 24, le bilan pourrait encore s'alourdir.)
Le pire ? Ces catastrophes ne sont plus des exceptions. Elles deviennent la norme. Le changement climatique, bien sûr, mais aussi une urbanisation souvent mal maîtrisée. Résultat des courses : des terres qui ne peuvent plus absorber l'eau, des rivières qui débordent à la moindre averse.
Les invisibles de la catastrophe
On parle des morts, des déplacés. Mais qui parle des animaux ? Des milliers de bêtes ont péri, englouties par les flots. Pour les éleveurs, c'est une catastrophe économique. Pour les agriculteurs, des hectares de cultures détruits en quelques heures.
« On a tout perdu », raconte un éleveur de la région de Fès, sous le choc. « Les aides promises ? On les attend toujours. » Autant dire que la colère gronde. Et puis, difficile de ne pas faire le lien avec les inondations de 2023, déjà. La mémoire est courte, visiblement.
Et après ?
Le gouvernement marocain a promis des aides d'urgence. Mais pour les sinistrés, c'est surtout la reconstruction qui inquiète. Comment rebâtir plus solide ? Comment éviter que l'histoire ne se répète ?
La question est loin d'être simple. D'autant que les prévisions météo restent inquiétantes pour les prochaines semaines. La pluie, encore et toujours. Le Maroc est-il prêt à affronter cette nouvelle normalité ?
Le saviez-vous ?
Saviez-vous que le Maroc a connu en 2023 des inondations encore plus meurtrières ? 15 morts, des centaines de millions d'euros de dégâts. Et pourtant, rien ne semble avoir changé. Pourquoi ?
La question est complexe. D'un côté, il y a l'urgence de reconstruire différemment, avec des infrastructures plus résistantes. De l'autre, il faut repenser l'urbanisme, limiter l'artificialisation des sols. Sans oublier la sensibilisation des populations. Bref, un chantier titanesque.
Les régions de Fès, Meknès et Tanger sont particulièrement vulnérables. Mais en réalité, aucune zone n'est à l'abri. Les inondations de ce week-end l'ont encore prouvé.
Le gouvernement a annoncé des aides d'urgence, mais les détails restent flous. Les associations locales appellent à une mobilisation internationale. Car sans soutien, la reconstruction risque de prendre des années.
En attendant, le Maroc pleure ses morts et tente de se relever. Une fois de plus. Mais jusqu'à quand ?
