L’Américaine Mikaela Shiffrin a réalisé un parcours exceptionnel lors de la première manche du slalom des finales de la Coupe du monde de ski alpin, ce mardi 24 mars à Hafjell, en Norvège, selon nos confreres de Ouest France à la une. Avec une avance de plus d’une seconde sur ses adversaires, la skieuse de 30 ans creuse l’écart dans la course au gros globe de cristal, synonyme de victoire finale au classement général de la saison.
Cette performance, si elle est confirmée lors de la seconde manche mercredi, permettrait à Shiffrin de s’adjuger un sixième globe de cristal, égalant ainsi le record de l’Autrichienne Annemarie Moser-Pröll, icône des années 1970. Une réalisation qui confirmerait sa domination sans partage sur la discipline depuis plus d’une décennie.
Ce qu'il faut retenir
- Mikaela Shiffrin a remporté la première manche du slalom d’Hafjell avec un écart de plus de 1 seconde sur la deuxième, reléguée à la seconde place.
- Une victoire finale lui offrirait un sixième globe de cristal, égalant le record d’Annemarie Moser-Pröll.
- Les finales de la Coupe du monde 2026 se déroulent en Norvège, à Hafjell, jusqu’au 27 mars.
- Shiffrin, déjà détentrice de 5 globes de cristal (4 en slalom, 1 en géant), vise un nouveau record historique.
- Le slalom reste sa discipline de prédilection, où elle a remporté 44 victoires en Coupe du monde, un record absolu.
Une domination historique en slalom
Mikaela Shiffrin, née en 1995 au Colorado, s’est imposée comme la skieuse la plus titrée de l’histoire moderne du ski alpin. Avec 94 victoires en Coupe du monde — dont 44 en slalom — elle dépasse désormais le palmarès de Ingrid Lafforgue et Vreni Schneider, ses aînées légendaires. Son palmarès inclut également quatre globes de cristal en slalom (2013, 2014, 2017, 2018) et un en géant (2019), ainsi que deux titres olympiques en combiné (2014, 2018) et un en slalom (2018).
Son style, caractérisé par une technique impeccable et une capacité à enchaîner les portes avec une précision chirurgicale, en fait une adversaire quasi invincible en slalom. Pourtant, la saison 2025-2026 n’a pas été exempte de défis : une blessure au genou en début de saison avait semé le doute sur sa capacité à enchaîner les compétitions. Mais Shiffrin a su rebondir, remportant trois slaloms avant ces finales, confirmant sa résilience et son statut de favorite.
Annemarie Moser-Pröll, une référence intouchable
Le nom d’Annemarie Moser-Pröll, Autrichienne sacrée à six reprises dans les années 1970, résonne comme une ombre au-dessus des finales d’Hafjell. Surnommée « la reine de l’hiver », elle a dominé le ski alpin pendant près d’une décennie, remportant notamment deux médailles d’or olympiques (1972, 1980) et six globes de cristal — un record qui n’a été égalé que par Shiffrin, si elle réussit son pari cette saison.
Moser-Pröll reste une icône pour de nombreuses skieuses, dont Shiffrin elle-même, qui a souvent cité son parcours comme une source d’inspiration. « Elle a montré que la longévité et la constance étaient possibles dans un sport aussi exigeant », avait-elle déclaré en 2020, lors d’un hommage rendu à son aînée.
Cependant, le contexte sportif a radicalement changé depuis l’ère Moser-Pröll. Les techniques de préparation, les matériaux des skis et l’intensité des compétitions ont évolué, rendant chaque saison plus compétitive. Shiffrin, qui a commencé sa carrière à 15 ans, incarne cette nouvelle génération de skieuses polyvalentes, capables de briller dans plusieurs disciplines.
Hafjell, un terrain de prédilection pour Shiffrin
Le site d’Hafjell, situé à une centaine de kilomètres au nord d’Oslo, est un lieu emblématique du ski norvégien. Son domaine skiable, réputé pour ses pentes techniques et son enneigement fiable, a accueilli à plusieurs reprises des épreuves de Coupe du monde, notamment en slalom et en géant. En 2023, Shiffrin y avait remporté un slalom, confirmant son aisance sur cette neige poudreuse typique des pays scandinaves.
Les conditions météo en ce 24 mars 2026 ont joué en sa faveur : un ciel dégagé et une neige damée ont permis aux concurrentes de s’exprimer pleinement. « C’est un parcours exigeant, avec des portes serrées et des changements de rythme constants », a expliqué Federica Brignone, skieuse italienne et rivale historique de Shiffrin. « Elle a su garder son sang-froid et exploiter chaque centimètre de la piste. »
Parmi les principales adversaires de Shiffrin figurent Petra Vlhová, slovaque en quête d’un nouveau titre après une saison en demi-teinte, et Lena Dürr, Allemande en progression constante. Toutes deux ont terminé à plus d’une seconde de l’Américaine lors de la première manche, confirmant l’écart de niveau.
Les enjeux du gros globe de cristal
Le gros globe de cristal récompense la skieuse la plus régulière sur l’ensemble des disciplines au cours d’une saison. Contrairement aux globes de spécialité (slalom, géant, etc.), il nécessite une polyvalence et une endurance exceptionnelles. Shiffrin, qui a remporté cinq globes depuis 2013, vise désormais un sixième titre, un exploit inédit dans l’histoire du ski alpin féminin.
Pour y parvenir, elle devra non seulement dominer le slalom, mais aussi performer en géant et en super-G, disciplines où elle a moins brillé ces dernières saisons. « Chaque discipline compte, mais le slalom reste mon point fort », a-t-elle rappelé lors d’une conférence de presse avant les finales. « Si je veux battre le record, je dois être au top dans toutes les épreuves. »
Ses adversaires, elles, misent sur des stratégies plus ciblées. Petra Vlhová, par exemple, mise tout sur le slalom et le géant, tandis que des skieuses comme Tessa Worley ou Sofia Goggia espèrent tirer leur épingle du jeu en super-G ou en descente. L’équation est complexe : il faut cumuler des points dans plusieurs disciplines pour espérer remporter le gros globe.
Pour ses supporters, la question n’est plus de savoir si elle y parviendra, mais quand. « Elle a déjà tout gagné, alors pourquoi s’arrêter ? », s’interroge Bode Miller, légende américaine du ski alpin et commentateur pour NBC. Une question rhétorique qui résume l’admiration — et parfois l’exaspération — que suscite son palmarès.
Quoi qu’il arrive, ces finales d’Hafjell resteront dans les annales du ski alpin. Elles pourraient bien marquer la fin d’une ère, celle d’une skieuse qui a redéfini les limites du possible dans un sport où la perfection technique est la clé de la victoire.
Le globe de cristal récompense la skieuse la plus régulière sur l’ensemble d’une saison en Coupe du monde. Contrairement aux globes de spécialité (slalom, géant, etc.), il nécessite une polyvalence et des performances constantes dans plusieurs disciplines. C’est la plus haute distinction individuelle du ski alpin, souvent considérée comme l’équivalent du Ballon d’Or dans le football.
À ce jour, Mikaela Shiffrin compte 94 victoires en Coupe du monde, un record absolu chez les femmes. Elle devance Ingrid Lafforgue (46 victoires) et Vreni Schneider (55 victoires), ses aînées légendaires.
