Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce dimanche 12 avril après-midi à Paris pour protester contre la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan, jugée attentatoire à la liberté d’expression par ses opposants, selon Le Figaro. Ce texte, déposé le 18 février 2026, vise à renforcer la répression des infractions liées à la provocation et à l’apologie du terrorisme, tout en interdisant de présenter ces actes comme des actes de résistance.

Ce qu'il faut retenir

  • Une manifestation de plusieurs centaines de personnes s’est tenue à Paris le 12 avril 2026 contre la proposition de loi Yadan.
  • Le texte, porté par la députée Caroline Yadan (Ensemble pour la République), prévoit de durcir la lutte contre les « formes renouvelées » de l’antisémitisme.
  • Les opposants y voient une atteinte à la liberté d’expression et une mesure pour museler la critique envers Israël.
  • Le cortège était marqué par des drapeaux palestiniens, libanais et iraniens, avec une banderole réclamant des sanctions contre Israël.
  • Une pétition en ligne contre ce texte a recueilli plus de 660 000 signatures à ce jour.
  • L’examen du texte à l’Assemblée nationale est prévu les 16 et 17 avril 2026.

Un cortège marqué par des revendications pro-palestiniennes

Le rassemblement, parti du jardin des Plantes en début d’après-midi, s’inscrivait dans le cadre d’une mobilisation plus large en faveur des Palestiniens. Les manifestants arboraient des drapeaux aux couleurs de la Palestine, du Liban et de l’Iran, tandis qu’une banderole en tête de cortège clamait : « Des sanctions contre Israël ! Pas contre nous ».

Ce mouvement s’inscrit dans un contexte international tendu, où la question palestinienne reste au cœur des débats politiques et militants. Pour Nicolas Shahshahani, membre de l’association EuroPalestine, cette proposition de loi relève d’une volonté de « tout un arsenal de mesures destiné à empêcher la critique du régime génocidaire israélien », comme il l’a expliqué à la presse.

La loi Yadan : un texte controversé sur le fond et la forme

Portée par Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger incluant Israël, cette proposition de loi entend renforcer les sanctions contre les provocations et apologies du terrorisme. Parmi ses dispositions, le texte prévoit d’interdire de présenter ces infractions comme des actes de résistance. Un volet qui suscite particulièrement l’opposition, notamment à gauche, où l’on dénonce une atteinte aux libertés fondamentales.

Le Modem, bien que n’étant pas totalement opposé au texte, a exprimé des réserves sur certains aspects. À l’inverse, ses défenseurs estiment qu’il s’agit d’une réponse nécessaire face à la montée des discours antisémites sous de nouvelles formes. La polémique s’est également invitée dans le débat public via une pétition en ligne, qui a dépassé les 660 000 signatures en quelques semaines, signe d’un fort rejet populaire.

« Ce texte est liberticide. Il fait partie de tout un arsenal de mesures destiné à empêcher la critique du régime génocidaire israélien, et du coup à faire taire le mouvement de solidarité avec la Palestine. »
Nicolas Shahshahani, membre de l’association EuroPalestine

Un calendrier politique sous haute tension

L’examen de la proposition de loi Yadan à l’Assemblée nationale est prévu pour les 16 et 17 avril 2026. Cet agenda intervient alors que le texte cristallise les tensions politiques autour de la question de l’antisémitisme et de la liberté d’expression. La gauche, majoritairement opposée, pourrait tenter de bloquer ou d’amender le projet, tandis que ses partisans mettront en avant la nécessité de protéger les citoyens contre les discours de haine.

Pour les observateurs, cette mobilisation illustre aussi la polarisation croissante de la société française sur les questions internationales, notamment celles liées au conflit israélo-palestinien. Les associations pro-palestiniennes, comme EuroPalestine, y voient une opportunité de mobiliser leurs soutiens, tandis que les défenseurs de la loi Yadan insistent sur la nécessité de lutter contre les dérives verbales et symboliques.

Et maintenant ?

Les 16 et 17 avril 2026, l’Assemblée nationale examinera la proposition de loi Yadan, une étape décisive qui pourrait donner lieu à des débats houleux. Une adoption en l’état semble incertaine, compte tenu de l’opposition de la gauche et des réserves du Modem. Une commission mixte paritaire pourrait être convoquée pour trouver un compromis, tandis que les associations continueront de mobiliser l’opinion publique. Quant à la pétition, son succès pourrait pousser les députés à revoir certains aspects du texte, sous peine de voir la contestation s’amplifier.

Dans ce contexte, la question de l’équilibre entre lutte contre l’antisémitisme et protection de la liberté d’expression restera au cœur des échanges. Une chose est sûre : le débat n’est pas près de s’éteindre.

La proposition de loi Yadan vise à renforcer la répression des infractions de provocation et d’apologie du terrorisme, notamment en interdisant de présenter ces actes comme des actes de résistance. Elle entend ainsi lutter contre les « formes renouvelées » de l’antisémitisme, mais ses détracteurs y voient une atteinte à la liberté d’expression.

La pétition, qui a dépassé les 660 000 signatures, reflète un rejet massif du texte perçu comme une mesure liberticide par ses opposants. Elle symbolise aussi la mobilisation d’une partie de la société civile contre ce qu’elle considère comme une instrumentalisation politique de la lutte contre l’antisémitisme.