L'armée mexicaine a annoncé dimanche 22 février la mort, à la suite d'une opération militaire, du puissant baron de la drogue Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), recherché par les États-Unis. Selon le spécialiste du narcotrafic José Reveles, « El Mencho » était considéré comme le dernier des grands parrains du pays depuis l'arrestation et l'incarcération aux États-Unis des fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquin « El Chapo » Guzman et Ismael « Mayo » Zambada.
« El Mencho » était un criminel « violent de nature » qui n'hésitait pas à défier ouvertement le gouvernement. Il avait lancé une attaque sans précédent contre l'actuel secrétaire fédéral à la Sécurité publique, Omar García Harfuch, alors chef de la police de la capitale, blessant celui-ci. Trois personnes avaient trouvé la mort, dont deux gardes du corps. Cinq ans plus tôt, son cartel avait déjà tiré sur la toute nouvelle Gendarmerie nationale du Jalisco, puis tendu un guet-apens à un convoi de policiers de cet État de l'ouest mexicain.
Qui était « El Mencho » ?
Né en 1966 dans une famille pauvre du Michoacan, « El Mencho » avait immigré jeune aux États-Unis, où il avait été condamné dans les années 1980 pour trafic d'héroïne. Il avait été expulsé du pays après avoir purgé sa peine. De retour au Michoacan, il avait rejoint le cartel del Milenio, dont il avait été éjecté à la suite de luttes internes.
« El Mencho » avait ensuite fondé en 2009 les « Mata Zetas », bientôt rebaptisés Cartel Jalisco Nueva Generación. En 2011, le gang avait signé un de ses massacres les plus symboliques en laissant 35 cadavres près du lieu d'une réunion de procureurs dans le Veracruz (est). Prendant le dessus sur de nombreux gangs rivaux, le CJNG s'était renforcé à grande vitesse.
Les activités du CJNG
Le CJNG était accusé de trafic de drogues, d'armes, d'extorsions, de traite de migrants, de vols de pétrole et de minerais. Selon le département d'État américain, le CJNG était une « organisation terroriste » avec une présence dans quasiment tout le Mexique. « L'Europe, l'Asie, l'Afrique et même l'Australie étaient moins disputées par les Mexicains, et là-bas la drogue se paie plus cher », explique José Reveles.
Le CJNG avait également infiltré d'autres marchés, notamment en Europe, en Asie et en Afrique. Les États-Unis avaient mis une prime de 15 millions de dollars sur la tête de « El Mencho ». Son ex-épouse et deux de ses fils avaient été emprisonnés. Elle avait été relâchée, tandis que son aîné, alias « El Menchito », avait écopé de la perpétuité aux États-Unis.
Conséquences de la mort de « El Mencho »
La mort de « El Mencho » est un coup dur pour le cartel Jalisco Nueva Generación. Selon José Reveles, « El Mencho » était le « cerveau » du CJNG et sa mort pourrait entraîner une lutte de pouvoir au sein de l'organisation. Les autorités mexicaines ont salué la mort de « El Mencho » comme un « succès » dans la lutte contre le narcotrafic.
Cependant, la mort de « El Mencho » ne met pas fin aux activités du CJNG. Les autorités doivent rester vigilantes pour éviter que l'organisation ne se réorganise et ne poursuive ses activités illégales. La lutte contre le narcotrafic est un défi permanent pour les autorités mexicaines et internationales.
Comme le souligne José Reveles, « la lutte contre le narcotrafic est un processus long et difficile, mais il est essentiel pour la sécurité et la stabilité du Mexique et de la région ».
Le cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG) est un cartel mexicain fondé par Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho ». Le CJNG est accusé de trafic de drogues, d'armes, d'extorsions, de traite de migrants, de vols de pétrole et de minerais.
