Comme l’indiquait BFM Business, les principaux membres de l’Opep+ ont décidé ce dimanche 3 mai 2026 de relever légèrement leurs quotas de production de pétrole, malgré le retrait surprise des Émirats arabes unis la semaine précédente. Cette réunion, la première depuis l’éclatement du conflit entre les États-Unis et l’Iran, confirme la volonté de l’alliance de maintenir une trajectoire de production inchangée, tout en affichant une façade d’unité.
Ce qu'il faut retenir
- Les sept membres de l’Opep+ (Arabie saoudite, Irak, Koweït, Algérie, Kazakhstan, Russie, Oman) ont accepté d’augmenter leur production de 188 000 barils par jour en juin 2026, selon BFM Business.
- Cette hausse, la troisième consécutive depuis le début de la guerre le 28 février 2026, reste théorique en raison des perturbations logistiques causées par le conflit.
- Le départ des Émirats arabes unis, quatrième producteur de l’alliance, prive l’Opep+ d’un levier clé pour ajuster l’offre sur le marché.
- La déclaration officielle du groupe a omis toute mention des Émirats, signe d’une tension persistante après leur retrait.
- Les prix du pétrole ont dépassé 125 dollars le baril cette semaine, en raison du blocage du détroit d’Ormuz par le conflit irano-américain.
Parmi les participants à cette réunion, on comptait l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït, l’Algérie, le Kazakhstan, la Russie et Oman. Ces sept pays ont acté une augmentation de leur production de 188 000 barils par jour pour le mois de juin, une décision qui s’inscrit dans la continuité des deux hausses précédentes depuis le début de la guerre. Pour autant, cette mesure reste largement symbolique, car les perturbations liées au conflit rendent toute augmentation effective des exportations improbable à court terme.
Selon les dirigeants du secteur pétrolier du Golfe et des négociants mondiaux, même une fois le conflit terminé, il faudra plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant que les flux de pétrole ne retrouvent un niveau normal. Le détroit d’Ormuz, artère stratégique pour le transport du brut, est actuellement bloqué, ce qui limite drastiquement les exportations de l’Arabie saoudite, de l’Irak, du Koweït et des Émirats arabes unis, tous membres de l’Opep+.
La décision prise ce dimanche 3 mai 2026 par les sept membres de l’alliance montre une volonté de stabilité, malgré l’absence des Émirats dans les discussions. Leur départ, survenu cette semaine, a été qualifié d’« événement majeur » par Amena Bakr, analyste chez Kpler, lors d’une visioconférence. Non seulement Abou Dhabi était le quatrième producteur de l’Opep+, mais il disposait également de capacités de production inexploitées, un atout clé pour réguler le marché en cas de besoin.
« En s’en tenant à la même trajectoire de production — simplement sans les Émirats arabes unis — elle fait comme si de rien n’était, minimisant volontairement les fractures internes et affichant une image de stabilité. »
Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy
Le retrait des Émirats arabes unis réduit l’Opep+ à 21 membres, dont l’Iran. Depuis plusieurs années, seuls ces sept pays — auxquels s’ajoutaient les Émirats — participaient activement aux décisions mensuelles de production. Avant le conflit, ces États étaient les seuls capables d’ajuster rapidement leur offre en cas de besoin. Aujourd’hui, leur capacité à influencer le marché est affaiblie par les tensions actuelles et la fermeture du détroit d’Ormuz.
D’après les dernières données publiées par l’Opep, la production moyenne de brut des membres de l’alliance s’élevait à 35,06 millions de barils par jour en mars 2026, soit une chute de 7,70 millions de barils par jour par rapport à février. Cette baisse reflète l’impact direct du conflit et des restrictions logistiques sur l’approvisionnement mondial.
Côté prix, la situation reste tendue : le baril a franchi la barre des 125 dollars cette semaine, un niveau inédit depuis quatre ans. Les analystes anticipent désormais une pénurie généralisée de kérosène d’ici un à deux mois, ainsi qu’une flambée de l’inflation à l’échelle mondiale. Le blocage du détroit d’Ormuz, qui concentre près de 20 % du trafic pétrolier mondial, aggrave cette crise et limite les marges de manœuvre de l’Opep+.
Quant aux Émirats arabes unis, leur départ ouvre une période d’incertitude quant à leur rôle futur sur le marché pétrolier. Leur retour dans l’alliance n’est pas exclu, mais dépendra des conditions géopolitiques et économiques à venir. En attendant, le marché reste sous tension, avec un risque accru de volatilité des prix dans les mois à venir.
Les prochaines semaines seront donc décisives pour évaluer l’impact réel de cette crise sur l’équilibre offre-demande, alors que l’inflation et les tensions géopolitiques continuent de peser sur les perspectives économiques mondiales.
Les raisons exactes du retrait des Émirats ne sont pas officiellement détaillées par l’alliance. Cependant, plusieurs analystes évoquent des divergences stratégiques, notamment sur les quotas de production et la gestion des capacités inutilisées. Le départ intervient dans un contexte de tensions accrues entre les membres de l’Opep+ et reflète une volonté d’Abou Dhabi de redéfinir sa politique énergétique indépendante, selon Jorge Leon de Rystad Energy.