Le 21 février 2026, la cour d’assises de Seine-et-Marne a rendu son verdict dans l’affaire Ousmane Diallo, un Sénégalais de 67 ans accusé du meurtre de Théo Muxagata, un jeune vendeur de 18 ans. Le contexte de cet événement dramatique remonte au 10 juillet 2021, lorsque Théo Muxagata a été poignardé à mort dans une boutique Bouygues située dans le centre commercial de Claye-Souilly, en Seine-et-Marne.
La motivation de ce crime était un litige commercial d’un montant de 93,62 euros, lié à des appels surfacturés vers le Sénégal. Ousmane Diallo se plaignait d’avoir été « volé » par l’opérateur télécom et avait entamé une série d’échanges infructueux avec Bouygues Telecom les 14 juin, 6 juillet et 9 juillet 2021, veille du crime.
Le procès et la décision de la cour
La cour d’assises de Seine-et-Marne, composée de trois magistrats professionnels et de six citoyens tirés au sort, a déclaré Ousmane Diallo pénalement irresponsable. Cette décision a été motivée par l’abolition de son discernement lors du passage à l’acte, retenue par la cour. L’homme fait désormais l’objet d’une mesure d’hospitalisation contrainte en unité pour malades difficiles (UMD) dans un service psychiatrique.
La santé mentale de l’accusé posait question depuis le début de l’enquête. Ousmane Diallo a été expertisé par trois collèges d’experts psychiatres au cours de l’instruction, qui ont diagnostiqué notamment une psychose délirante de type paranoïaque. Cette décision conduit à une hospitalisation en psychiatrie, sans passer par la case prison.
Les réactions de la famille de Théo Muxagata
La décision de la cour d’assises laisse la famille de Théo Muxagata dans l’incompréhension. « Le message est difficile et compliqué à entendre pour les parties civiles. Ils ont la crainte de le voir ressortir un jour », explique Me Matthieu Hénon, l’avocat du père de Théo. Les parties civiles considèrent que l’altération du discernement doit être retenue, comme l’a rappelé Me Catherine Mabille, l’avocate de la mère de Théo, au cours de sa plaidoirie.
Les déclarations de plusieurs policiers confrontés à Ousmane Diallo juste après le crime ont également été rappelées. « J’ai vu dans ses yeux qu’il était déterminé. Ce n’était pas quelqu’un d’aliéné ou qui était ailleurs », avait expliqué un policier en civil de la BRI ayant maîtrisé le meurtrier dans la galerie commerciale de Claye-Souilly.
Les conséquences de la décision
Les patients les plus dangereux, comme c’est le cas d’Ousmane Diallo, sont admis en unités pour malades difficiles (UMD) dans les hôpitaux psychiatriques. Les patients peuvent en théorie sortir à n’importe quel moment, mais les durées d’hospitalisation sont généralement très longues quand il s’agit de crimes graves. Certains peuvent être hospitalisés pendant plusieurs années, parfois 10 ou 20 ans, voire toute leur vie.
La sortie de l’hôpital psychiatrique résulte en théorie d’un processus encadré. Lorsque le psychiatre traitant pense que le patient est suffisamment « stabilisé », il réunit un collège de soignants qui se prononce sur l’opportunité de mettre fin à l’hospitalisation. La décision est ensuite transmise à l’agence régionale de santé (ARS), qui désigne deux experts chargés d’évaluer le patient de manière distincte.
Les prochaines étapes
La décision de la cour d’assises laisse maintenant place aux prochaines étapes dans cette affaire. La famille de Théo Muxagata et les parties civiles attendent avec anxiété les développements futurs, notamment en ce qui concerne la possibilité de voir Ousmane Diallo ressortir un jour de l’hôpital psychiatrique.
Les questions sur la sécurité et la prévention de tels crimes restent également en suspens. Comment expliquer à mes enfants que le meurtrier n’ira pas en prison ? Comment prévenir de tels actes de violence ? Ces questions restent sans réponses pour le moment, mais elles seront certainement au cœur des débats et des discussions à venir.
En conclusion, l’affaire Ousmane Diallo et le meurtre de Théo Muxagata ont mis en lumière les complexités de la justice et les défis de la prise en charge des personnes atteintes de troubles mentaux. Les réactions et les prises de position qui restent attendues seront cruciales pour comprendre les implications de cette décision et pour trouver des solutions pour prévenir de tels drames à l’avenir.
