Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a réaffirmé ce jeudi son souhait de relancer le dialogue avec le Paris Saint-Germain (PSG) concernant l’avenir du Parc des Princes, un dossier sensible qui oppose depuis des mois la municipalité à la direction du club. Selon Le Figaro, l’élu socialiste, favorable à une vente encadrée du stade, présentera dès mardi prochain au Conseil de Paris un vœu visant à obtenir un mandat de négociations. Une démarche qui intervient après des mois de tensions entre la précédente équipe municipale, dirigée par Anne Hidalgo, et le président du club, Nasser Al-Khelaïfi.
Ce qu'il faut retenir
- Emmanuel Grégoire souhaite obtenir un mandat clair pour négocier avec le PSG d’ici mardi 15 avril, lors d’un Conseil de Paris exceptionnel.
- Il défend une vente encadrée du Parc des Princes, tout en proposant deux options : un bail de longue durée ou une vente sous conditions strictes.
- Le maire évoque un délai possible pour aboutir à un accord « à l’automne », après une décision reportée à plus tard que l’été, comme il l’avait initialement envisagé pendant sa campagne.
- Les oppositions au Conseil de Paris exigent un cadre juridique clair avant d’autoriser les discussions, tandis que les écologistes réclament une votation citoyenne.
Un mandat de négociations pour débloquer le dossier
Emmanuel Grégoire, qui a assisté vendredi dernier au match de Ligue 1 opposant le PSG à Toulouse, puis au choc en Ligue des champions contre Liverpool mercredi, a confirmé sa volonté de renouer le dialogue avec le club. Selon lui, « c’est un processus long, sur le plan financier et urbain, donc pour pouvoir travailler, il me faudra un mandat clair ». Il a précisé que ce mandat serait soumis au vote des élus parisiens lors d’un Conseil extraordinaire prévu mardi prochain.
« Nous allons demander un mandat de discussions sur la base de prescriptions transparentes et validées », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. L’objectif est de permettre à la ville de Paris de négocier avec le PSG dans un cadre juridique et financier défini, évitant ainsi les blocages observés sous le mandat d’Anne Hidalgo, farouchement opposée à toute cession du stade.
Une vente encadrée ou un bail long terme : les options envisagées
Emmanuel Grégoire, tout en insistant sur le fait que la décision finale reviendra au Conseil de Paris, a évoqué deux pistes pour l’avenir du Parc des Princes. La première consisterait en un bail de longue durée, une solution que la direction du PSG a d’ores et déjà rejetée. La seconde, plus probable, serait une vente encadrée, assortie de conditions strictes pour préserver l’intérêt public.
Par ailleurs, le maire a rappelé son projet d’aménagement de la zone autour du stade, avec la création d’une « porte des Princes » entre la porte de Saint-Cloud et la porte d’Auteuil (XVIe arrondissement). Ce projet urbain s’inscrirait dans une logique de valorisation du quartier, tout en maintenant le PSG au Parc des Princes. « Je ne vois pas où est l’urgence », a réagi Grégory Canal, co-président du groupe d’opposition LR-UDI, estimant que les alternatives proposées par le club (Massy ou Poissy) restent floues.
Les oppositions réclament des garanties avant d’entamer les discussions
Les groupes d’opposition au Conseil de Paris ont d’ores et déjà fait part de leurs réticences. Grégory Canal, co-président du premier groupe d’opposition avec Rachida Dati, a mis en garde : « Nous n’avons pas connaissance des propositions alternatives de Poissy et Massy, ni l’évaluation domaniale… Qu’est-ce qu’il va négocier exactement ? Il doit nous donner toutes ces indications et nous nous exprimerons sur cette base-là. »
De son côté, Antoine Lesieur, coprésident du groupe d’élus de l’ex-liste de Pierre-Yves Bournazel, a souligné : « Nous donnerons un mandat pour entamer les discussions à condition d’avoir un cadre juridique clair permettant d’anticiper les conséquences sur le quartier. » Les écologistes, enfin, poussent pour une votation citoyenne, une option que le maire a écartée, estimant que le dossier nécessite une expertise technique préalable.
« Il y a des discussions assez avancées sur des alternatives à Poissy et Massy, donc il est important que nous raccrochions le wagon. »
— Emmanuel Grégoire, maire de Paris
Un calendrier repoussé, mais une issue espérée avant la fin de l’année
Lors de sa campagne, Emmanuel Grégoire avait promis une décision sur l’avenir du Parc des Princes avant la fin de l’été. Pourtant, il a indiqué que le PSG souhaitait respecter le calendrier d’instruction d’autres dossiers, repoussant ainsi la finalisation des négociations à l’automne. « Le PSG souhaitant qu’on respecte le calendrier de l’instruction d’autres dossiers, ce sera plutôt à l’automne », a-t-il précisé.
Malgré ce report, le maire reste optimiste quant à la possibilité de trouver un accord d’ici la fin de l’année. « J’espère m’entendre avec le PSG au plus tard à la fin de l’été », avait-il déclaré précédemment, tout en reconnaissant que les contraintes administratives et juridiques pourraient allonger le processus. Ce changement de calendrier illustre la complexité d’un dossier où se mêlent enjeux financiers, urbains et symboliques.
En attendant, les regards se tournent vers Nasser Al-Khelaïfi et les dirigeants du PSG, dont les positions sur une éventuelle vente du stade ou un bail long terme resteront cruciales pour l’issue de ces négociations. Le maire de Paris, de son côté, mise sur la transparence et la concertation pour éviter de nouvelles tensions et trouver une solution pérenne pour l’un des stades les plus rentables d’Europe.
Emmanuel Grégoire défend une vente encadrée du stade pour deux raisons principales : d’une part, il estime que le PSG, en tant que locataire, a peu d’incitations à investir dans des infrastructures vieillissantes sans garantie de pérennité. D’autre part, une vente permettrait à la ville de Paris de dégager des recettes financières tout en conservant un contrôle sur l’aménagement urbain autour du stade, notamment via des prescriptions strictes dans le cadre d’un éventuel projet immobilier ou sportif.
Selon Emmanuel Grégoire, le PSG a évoqué des discussions avancées concernant des alternatives à Poissy (Yvelines) ou Massy (Essonne), deux communes situées en petite couronne parisienne. Ces pistes, bien que non confirmées officiellement par le club, reflètent la volonté du PSG de trouver une solution viable si la ville de Paris refuse de vendre le Parc des Princes, comme l’a fait Anne Hidalgo par le passé.
