Entre rebondissements géopolitiques et enjeux économiques, la Syrie et l'Arabie Saoudite viennent de franchir une nouvelle étape dans leurs relations. Samedi dernier, les deux pays ont révélé des accords d'investissement se chiffrant en milliards de dollars, avec des impacts potentiels énormes sur l'avenir syrien.
Des projets qui prennent leur envol
On n'y aurait peut-être pas cru il y a quelques années, mais Damas et Riyad s'associent pour lancer une nouvelle compagnie aérienne low-cost. Baptisée "Nas Syria", cette flotte verra le jour avec une douzaine d'appareils. Ce projet, fruit d'une alliance entre Flynas et l'Autorité syrienne de l'aviation civile, marque un tournant stratégique. Flynas détiendra 49% de cette nouvelle entité, le reste étant aux mains de la Syrie. Et si tout va bien, les premiers avions devraient décoller d'ici fin 2026.
Le numérique et les télécoms dans le viseur
Autre secteur, autre chantier : les télécommunications. Le projet SilkLink, visant à moderniser le réseau syrien, bénéficie d'un investissement d'environ 1 milliard de dollars. Le ministre syrien des Télécommunications, Abdulsalam Haykal, a partagé ces détails lors de la signature de l'accord. Une telle initiative pourrait bien transformer la connectivité en Syrie, un pays qui en a cruellement besoin.
Aéroports : modernisation et nouveauté
L'aéroport d'Alep ne sera pas en reste. Modernisation de l'existant et construction d'un nouvel aéroport sont à l'ordre du jour. Selon un ministre saoudien, 7,5 milliards de riyals saoudiens, soit environ 2 milliards de dollars, seront injectés dans ces projets. On pourrait dire que c'est un sacré pari sur l'avenir d'Alep.
Reconstruction et enjeux politiques
Depuis la chute de Bachar al-Assad, la Syrie est en quête de partenaires pour reconstruire son économie. Riyad, devenu un allié de choix du nouveau président syrien Ahmed el-Chareh, semble vouloir profiter de ce contexte pour renforcer ses liens avec un pays autrefois dans l'orbite de l'Iran et de la Russie. Cela étant dit, les promesses de développement faites par le gouvernement intérimaire syrien ont parfois été critiquées pour leur manque de concrétisation. Espérons que cette fois-ci, les engagements se traduiront par des actions tangibles.
L'Arabie Saoudite voit en ces investissements une opportunité de s'éloigner de la dépendance au pétrole et de se rapprocher stratégiquement d'un nouveau partenaire au Moyen-Orient.
Les accords se concentrent sur l'aviation, les télécommunications, les infrastructures aéroportuaires, ainsi que le dessalement de l'eau.
La compagnie aérienne Nas Syria devrait commencer ses opérations d'ici le quatrième trimestre 2026, tandis que les autres projets n'ont pas encore de dates précises.