Un drame qui ne passe pas

Onze ans. C'est l'âge qu'avait Evaëlle quand elle a mis fin à ses jours en 2019. Un chiffre qui glace le sang. Aujourd'hui, Pascale B., sa professeure de français à la retraite, comparaît devant la cour d'appel de Versailles. L'accusation ? Avoir contribué, selon l'avocat de la famille, à un harcèlement qui a mené la collégienne au suicide.

Relaxée en première instance l'an dernier, la professeure se retrouve aujourd'hui dans le box des accusés. Le procès, qui s'ouvre ce matin, promet d'être lourd. Très lourd.

Des mots qui pèsent lourd

Pascale B. a commencé son témoignage par une phrase qui résonne comme un aveu : "Mon intention était de trouver des moyens de l'aider." Autant dire que la défense va s'appuyer sur cette bonne intention. Mais est-ce suffisant ?

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les mots ont un poids particulier dans cette affaire. Des mots qui blessent, qui tuent. (On pense à cette étude de 2022 qui montrait que 12% des suicides chez les adolescents étaient liés à du harcèlement scolaire.)

Alors, comment une professeure, censée protéger, a-t-elle pu contribuer à ce drame ? C'est toute la question.

Un procès qui fait débat

Côté avocats, les arguments s'affûtent. La défense va sans doute insister sur le contexte, le manque de preuves directes. L'accusation, elle, va tenter de démontrer la responsabilité morale, voire juridique, de Pascale B.

Et puis, il y a l'opinion publique. Le procès relance inévitablement le débat sur le harcèlement scolaire. Un fléau qui touche, selon l'UNICEF, près d'un élève sur deux dans le monde. En France, les chiffres sont tout aussi alarmants.

Bref, au-delà de ce procès, c'est toute la question de la responsabilité des adultes dans l'école qui est posée. Et ça, c'est une autre paire de manches.

Et maintenant ?

Difficile de dire avec certitude comment ce procès va se terminer. Une chose est sûre : il laissera des traces. Pour la famille d'Evaëlle, pour Pascale B., pour tous ceux qui ont vécu ce drame de près ou de loin.

Alors, que retenir de cette affaire ? Peut-être que les mots, comme les actes, ont des conséquences. Et que, dans une école, chacun a sa part de responsabilité.

Le verdict est attendu pour le mois prochain. Affaire à suivre.

Pascale B. encourt jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende pour harcèlement moral ayant conduit au suicide d'Evaëlle. La cour d'appel pourrait confirmer la relaxe ou alourdir la peine.

Depuis le drame, plusieurs mesures ont été mises en place, comme le numéro 3020 pour signaler le harcèlement, des programmes de sensibilisation dans les écoles, et des formations obligatoires pour les enseignants.