Selon Ouest France, l’Association santé environnement France vient de publier un guide détaillé sur les polluants présents dans notre environnement quotidien. Intitulé « Guide des polluants cachés », il recense, pièce par pièce, type d’objet par type d’objet, les substances nocives auxquelles chacun est exposé. Composés organiques volatils, phtalates, PFAS ou encore métaux lourds : les risques sanitaires associés à ces substances sont désormais bien documentés, mais les solutions pour s’en prémunir restent méconnues du grand public.

Ce qu'il faut retenir

  • Le guide recense les polluants cachés présents dans les produits ménagers, cosmétiques et objets du quotidien
  • Parmi les substances pointées : composés organiques volatils, phtalates, PFAS et métaux lourds
  • L’Association santé environnement France, coordonnée par le cardiologue Pierre Souvet, propose des alternatives simples pour réduire l’exposition
  • Le vinaigre blanc, l’acide citrique et le bicarbonate sont recommandés pour le nettoyage domestique
  • Le médecin insiste sur l’importance de l’action individuelle pour limiter l’éco-anxiété

Des substances omniprésentes, mais souvent invisibles

Le document de l’Association santé environnement France détaille, de manière exhaustive, les sources d’exposition aux polluants dans les foyers. Meubles, produits d’entretien, cosmétiques, textiles ou même certains aliments : les substances toxiques se nichent dans des objets du quotidien, parfois même dans ceux que l’on considère comme inoffensifs. Les composés organiques volatils (COV), par exemple, s’évaporent à température ambiante et se répandent dans l’air intérieur. Les phtalates, utilisés comme plastifiants, sont fréquemment retrouvés dans les emballages alimentaires ou les revêtements de sol. Quant aux PFAS, ces « polluants éternels » résistants à la dégradation, ils contaminent aussi bien les ustensiles de cuisine que les textiles imperméables.

Les alternatives naturelles pour un intérieur plus sain

Face à cette omniprésence de polluants, l’Association santé environnement France propose des solutions concrètes. Pour le nettoyage, elle recommande de privilégier des produits simples et économiques : le vinaigre blanc, l’acide citrique et le bicarbonate de soude. Ces trois ingrédients, souvent déjà présents dans les placards, permettent de désinfecter, détartrer et désodoriser sans recourir à des formulations chimiques agressives. Le guide précise également comment choisir des cosmétiques exempts de perturbateurs endocriniens, en privilégiant les labels Cosmebio ou Ecocert.

L’éco-anxiété, un frein à l’action ? Le cardiologue Pierre Souvet répond

Alors que la prise de conscience des dangers environnementaux grandit, certains pourraient se sentir submergés par la quantité d’informations. C’est précisément ce que craint le cardiologue Pierre Souvet, coordinateur du guide. Pourtant, il rappelle que « nous donnons des conseils pour limiter les agressions environnementales du quotidien ». Selon lui, l’action, même minime, est la meilleure réponse à l’éco-anxiété. « La meilleure façon de combattre l’éco-anxiété est l’action », a-t-il affirmé. En agissant à son échelle, chacun peut ainsi contribuer à réduire son exposition tout en limitant l’impact sur sa santé.

« Nous donnons des conseils pour limiter les agressions environnementales du quotidien. Cela permet à chacun de commencer par des petites actions positives, pour sa santé et celle de son entourage. »
Pierre Souvet, cardiologue et coordinateur du guide de l’Association santé environnement France

Un guide pour passer à l’acte, sans culpabiliser

Le guide publié par l’Association santé environnement France ne se contente pas de dresser un constat alarmant. Il se veut avant tout pédagogique et accessible, afin d’inciter le public à adopter des gestes simples. Plutôt que de prôner un changement radical des habitudes, il mise sur des alternatives progressives. Par exemple, remplacer les sprays désodorisants par des huiles essentielles diluées, ou troquer les parfums d’ambiance industriels contre des plantes dépolluantes comme le lierre ou le chlorophytum. Ces ajustements, même modestes, permettent de réduire significativement l’exposition aux substances nocives.

Et maintenant ?

L’Association santé environnement France prévoit d’étendre son guide à d’autres domaines, comme l’alimentation ou les loisirs, d’ici la fin de l’année 2026. Une campagne de sensibilisation dans les pharmacies et les magasins bio est également envisagée pour toucher un public plus large. Par ailleurs, des députés ont déjà déposé une proposition de loi visant à renforcer l’étiquetage des produits contenant des substances classées comme cancérogènes ou perturbateurs endocriniens. Son examen en commission pourrait avoir lieu avant l’été.

Si les solutions existent, leur adoption dépendra en grande partie de la volonté des consommateurs et des industriels. Les fabricants de produits ménagers et cosmétiques, souvent pointés du doigt, commencent à réagir en proposant des gammes « vertes ». Reste à savoir si ces initiatives suffiront à inverser la tendance, alors que les polluants, une fois répandus, persistent dans l’environnement pendant des décennies.

Parmi les substances les plus préoccupantes figurent les composés organiques volatils (COV), présents dans les peintures, colles et produits d’entretien, les phtalates, souvent retrouvés dans les plastiques souples, et les PFAS, utilisés dans les revêtements antiadhésifs et imperméables. Les métaux lourds, comme le plomb ou le cadmium, peuvent également contaminer l’air ou l’eau en cas de vieilles canalisations ou de peintures dégradées.

Plusieurs labels permettent d’identifier les produits les moins nocifs : Écolabel EU, Nature & Progrès, Cosmebio ou Ecocert pour les cosmétiques. Par ailleurs, l’application QuelProduit, développée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), permet de scanner les codes-barres pour obtenir une évaluation des risques. Enfin, évitez les produits contenant des mentions comme « parfums » ou « conservateurs » non précisés, souvent synonymes de substances chimiques cachées.