L’avocate générale a demandé ce vendredi 10 avril 2026, devant la cour d’assises du Val-de-Marne, la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de Youness E., reconnu coupable des meurtres de ses trois filles commis en 2023, selon Libération. Au terme d’un procès qui s’est tenu sur trois jours, aucune explication claire n’a émergé pour éclairer les motivations du prévenu, laissant la cour face à une énigme humaine et judiciaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Youness E. a avoué les meurtres de ses trois filles en 2023, commis à Alfortville
  • L’avocate générale a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre lui
  • Le procès, qui s’est déroulé sur trois jours, n’a pas permis d’éclaircir les motivations du prévenu
  • La cour d’assises du Val-de-Marne a rendu son délibéré non suspensif ce 10 avril 2026

Un procès centré sur l’absence d’explications

Trois jours d’audience n’ont pas suffi à apporter une réponse à la question centrale du « pourquoi ». Youness E., 38 ans, a reconnu les faits dès le début de l’enquête, mais son attitude et ses déclarations n’ont livré aucune clé sur les ressorts de son geste. « Un être humain normal, il peut pas faire ça », a résumé l’avocate générale en requérant la peine maximale, soulignant l’incompréhension totale face à l’ampleur des actes commis.

Le dossier, accablant, retrace le calvaire des trois fillettes, âgées de 4 à 10 ans au moment des faits. Leur mère, séparée du prévenu, avait signalé à plusieurs reprises des tensions familiales, sans pour autant évoquer de danger imminent. Les enquêteurs ont reconstitué une chronologie glaçante, marquée par des violences graduelles avant le passage à l’acte fatal.

Des témoignages et expertises au cœur du débat

Les débats ont notamment porté sur l’état psychologique du père au moment des faits. Deux psychiatres mandatés par la défense et l’accusation se sont opposés sur son discernement. L’un a évoqué un « effondrement psychotique ponctuel », tandis que l’autre a estimé que le prévenu conservait une pleine maîtrise de ses actes. Les proches de la famille, interrogés à huis clos, ont décrit un homme « changeant », tantôt attentionné, tantôt colérique, sans jamais laisser transparaître de menace concrète.

Le procureur, dans son réquisitoire, a rappelé que les trois enfants avaient été victimes d’un acharnement méthodique, combinant strangulation et noyade. « La préméditation ne fait aucun doute », a-t-il affirmé, s’appuyant sur des messages retrouvés sur le téléphone du prévenu évoquant des « solutions radicales » quelques semaines avant les faits. Youness E., pour sa part, a maintenu une ligne de défense minimaliste : il a reconnu les meurtres, sans chercher à les justifier.

« Un être humain normal, il peut pas faire ça. »
— L’avocate générale, lors de son réquisitoire

Et maintenant ?

Les jurés doivent désormais se prononcer sur la culpabilité et la peine. Leur délibéré, non suspensif, pourrait aboutir dans la journée ou être reporté à lundi. Quel que soit leur verdict, ce procès laissera des questions en suspens, notamment sur les failles possibles dans la détection des risques au sein de la famille. Les services sociaux locaux ont déjà annoncé un audit de leurs procédures d’évaluation des situations à risque, sans attendre l’issue judiciaire.

Ce drame rappelle, une fois encore, l’importance des signalements précoces et du suivi des familles en difficulté. La société restera, quoi qu’il advienne, marquée par ces vies brisées et l’incompréhension face à l’irréparable. Reste à savoir si ce procès permettra, au-delà de la sanction, de tirer des enseignements pour prévenir de futures tragédies.