La justice a tranché en faveur d’Andra dans l’affaire opposant l’établissement public au collectif de la gare de Luméville-en-Ornois (Meuse). Lundi 23 mars 2026, la juge d’expropriation a en effet autorisé l’expulsion « sans délai » de ce site emblématique de la contestation contre le projet Cigéo, dédié à l’enfouissement des déchets radioactifs en Meuse/Haute-Marne. Selon Reporterre, cette décision intervient après l’audience du 11 février 2026, consacrée à cette expulsion forcée. Un huissier doit désormais procéder dans les prochains jours à la notification officielle de l’ordonnance, tandis que le recours à la force publique est d’ores et déjà envisagé pour faire appliquer la mesure.
Ce qu'il faut retenir
- Expulsion immédiate autorisée par la justice pour la gare de Luméville-en-Ornois, lieu historique de la mobilisation contre Cigéo.
- Décision rendue le 23 mars 2026, suite à l’audience du 11 février 2026.
- Notification de l’ordonnance prévue « dans les prochains jours » par huissier.
- Recours à la force publique évoqué pour appliquer l’expulsion.
Un symbole de la lutte anti-Cigéo sacrifié sur l’autel du projet
La gare de Luméville-en-Ornois n’est pas un simple bâtiment. Ce site, situé en plein cœur de la Meuse, est devenu depuis des années le cœur battant de la résistance contre le projet Cigéo. Reporterre rappelle que ce lieu a accueilli des années de mobilisations, de blocages et de médiatisation contre l’enfouissement des déchets radioactifs dans le sous-sol de la région. Son expulsion marque donc un tournant symbolique, alors que le projet, porté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), avance malgré une opposition toujours vive.
Pour les opposants, cette décision judiciaire est perçue comme une nouvelle étape dans la militarisation du dossier. Depuis plusieurs mois, les procédures d’expropriation se multiplient pour libérer les terrains nécessaires à la construction des infrastructures de Cigéo. La gare de Luméville, souvent citée comme un bastion de la contestation, était l’un des derniers lieux encore en partie épargnés par ces mesures coercitives.
Une procédure accélérée, une opposition maintenue
L’autorisation d’expulsion « sans délai » signifie que les recours juridiques des opposants n’ont pas été jugés recevables ou suffisamment urgents pour suspendre la mesure. Reporterre souligne que cette rapidité dans l’exécution contraste avec les délais habituels des procédures administratives, souvent critiqués pour leur lenteur. Pourtant, les défenseurs du site ont déjà annoncé leur intention de continuer le combat, y compris par des moyens juridiques ou militants, malgré cette décision.
Côté Andra, cette expulsion s’inscrit dans une stratégie globale de sécurisation des terrains nécessaires au projet. Le centre de stockage géologique profond, dont la construction est prévue à Bure, nécessite en effet la libération de plusieurs hectares de surface pour les installations de surface et les accès souterrains. Les opposants, eux, dénoncent une logique de « tout-nucléaire » qui sacrifie les territoires et leurs habitants au nom d’un « progrès » contestable.
La prochaine échéance judiciaire ou administrative pourrait intervenir d’ici quelques semaines, avec la possible publication d’un décret ou d’une décision préfectorale concernant les prochaines phases du projet. En attendant, le camp des opposants a d’ores et déjà appelé à se mobiliser pour « protéger ce qui peut encore l’être ».
La gare de Luméville-en-Ornois est devenue, au fil des années, un lieu emblématique des mobilisations contre le projet Cigéo. Elle a accueilli des manifestations, des blocages et des actions de sensibilisation, notamment grâce à sa localisation stratégique en plein cœur de la zone concernée par le projet d’enfouissement des déchets radioactifs. Son expulsion symbolise donc la volonté des autorités de « nettoyer » le terrain pour permettre la réalisation du projet, malgré l’opposition locale et nationale.
