Comme le rapporte Le Monde, quinze femmes dénonciatrices des violences sexuelles dans le milieu du mannequinat ont demandé jeudi 19 mars à la justice française d’enquêter sur Gérald Marie, ex-dirigeant d’une prestigieuse agence de mannequins, affirmant avoir des preuves de ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.

Ce qu'il faut retenir

  • Quinze femmes demandent une enquête sur Gérald Marie, ex-dirigeant d'Elite Model.
  • Les femmes affirment avoir des preuves de liens entre Gérald Marie et Jeffrey Epstein.
  • La procureure de Paris a ouvert deux enquêtes-cadres, l’une pour infraction de traite des êtres humains, et l’autre pour infractions financières.

D’après Le Monde, Ebba P. Karlsson, Suédoise de 56 ans résidant aux Etats-Unis, et Lisa Brinkworth, Britannique de 58 ans vivant à Londres, se sont retrouvées dans la capitale française jeudi pour porter une lettre à l’attention de la procureure Laure Beccuau.

« Ce que nous voulons que les enquêteurs déterminent, c’est la nature du lien entre Epstein et Gérald Marie, et s’il a été impliqué dans des actes répréhensibles avec Epstein », a déclaré à l’AFP Lisa Brinkworth, qui représente le collectif Victorious Angels We Rise.

Les faits

La Britannique était journaliste pour la BBC et enquêtait sous couverture sur les agents de mannequins quand le Français Gérald Marie, ancien directeur Europe d’Elite Model Management, l’a agressée sexuellement en public à Milan en 1998, selon ses dires. Lisa Brinkworth avait porté plainte pour agression sexuelle en 2020.

Trois anciennes mannequins, dont Ebba P. Karlsson, avaient accompagné sa plainte de signalements pour dénoncer des viols ou des agressions sexuelles, mais l’enquête avait été classée pour prescription en février 2023. Un pourvoi a été formé par Mme Brinkworth.

Les preuves

Les quinze signataires, de nationalités britannique, néerlandaise, américaine et suédoise, estiment que la situation a évolué depuis le classement : la procureure de Paris a ouvert deux enquêtes-cadres, l’une pour infraction de traite des êtres humains, et l’autre pour infractions financières, visant à analyser les dénonciations en lien avec Jeffrey Epstein.

Dans leur lettre dont l’AFP a eu connaissance, les quinze femmes affirment pouvoir aider l’enquête en fournissant « des documents judiciaires et des courriels » montrant une collaboration « entre Gérald Marie, Brunel et Epstein », et les « reliant » aux « agences MC2 et E Model Management™ ».

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de l’enquête restent à déterminer, mais les quinze femmes espèrent que leurs preuves contribueront à éclaircir les liens entre Gérald Marie et Jeffrey Epstein.

Les enjeux de cette affaire sont importants, car ils soulèvent des questions sur la protection des victimes de violences sexuelles dans le milieu du mannequinat et sur la nécessité d’une enquête approfondie pour déterminer les responsabilités.