Selon Le Figaro, la France se distingue parmi les pays de l’OCDE par des inégalités primaires particulièrement marquées, compensées par une redistribution massive de l’État. Pourtant, près de dix ans après l’élection d’Emmanuel Macron, cette stratégie ne parvient pas à réduire les disparités sociales, comme le soulignent les dernières données de l’Insee.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2017, Emmanuel Macron avait fait de la lutte contre « l’assignation à résidence » l’un de ses combats phares, promettant de corriger les inégalités structurelles du pays.
  • La France reste le pays de l’OCDE où les inégalités primaires (avant redistribution) sont les plus élevées, selon les standards internationaux.
  • Malgré une redistribution parmi les plus importantes des pays développés, la pauvreté reste inférieure à la moyenne européenne, mais un nombre croissant de ménages dépendent des aides publiques pour subsister.
  • Entre 2017 et 2026, les inégalités primaires ont continué de s’accentuer, entraînant une augmentation mécanique des flux de redistribution.
  • Ce paradoxe alimente un mécontentement persistant envers le gouvernement, alors que le deuxième mandat du président touche à sa fin.

Une promesse électorale mise à mal par les chiffres

En 2017, Emmanuel Macron avait présenté la réduction des inégalités comme une priorité absolue. « L’assignation à résidence », cette expression choc qu’il employait pour décrire les blocages sociaux, devait symboliser l’urgence d’agir. Pourtant, aucune amélioration significative n’a été observée depuis. Comme le rapporte Le Figaro, les dernières analyses de l’Insee confirment que les inégalités primaires ont continué de progresser, forçant l’État à injecter toujours plus de fonds publics pour atténuer les effets de ces disparités.

Le constat est sans appel : la redistribution française, bien que massive, ne parvient pas à inverser la tendance. Résultat, si le taux de pauvreté reste inférieur à la moyenne européenne, une part croissante de la population dépend des aides sociales pour boucler ses fins de mois. Un cercle vicieux que les gouvernements successifs peinent à briser.

Une redistribution massive, mais inefficace ?

La France consacre une part importante de son budget à la redistribution, avec des dépenses sociales représentant près de 30 % du PIB. Pourtant, comme le souligne Le Figaro, ce système, bien que généreux, ne parvient pas à réduire les écarts de revenus avant impôts. Les inégalités primaires – celles qui existent avant toute intervention de l’État – restent les plus élevées de l’OCDE, devançant même des pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni.

Le paradoxe français tient à ce que les plus modestes bénéficient de transferts sociaux importants, mais que ces aides ne suffisent pas à combler le fossé creusé par un marché du travail de plus en plus segmenté. Les emplois précaires, les temps partiels subis et la stagnation des salaires des classes populaires contribuent à maintenir – voire à accentuer – les disparités initiales. Autant dire que la machine à redistribuer tourne à plein régime, sans pour autant résoudre le problème de fond.

Un mécontentement qui s’installe dans la durée

Ce système, à la fois coûteux et peu efficace, alimente un sentiment de frustration parmi les Français. Comme le relève Le Figaro, le vif mécontentement qui entoure la fin du deuxième mandat d’Emmanuel Macron s’explique en partie par cette impuissance apparente à réduire les inégalités. Les classes moyennes et populaires, qui paient une part importante de leurs revenus en impôts et cotisations, peinent à voir les bénéfices concrets de cette redistribution.

Le problème n’est pas seulement économique : il est aussi politique. La promesse d’Emmanuel Macron de « libérer les énergies » en réduisant les freins à l’ascension sociale semble s’être heurtée à une réalité bien plus complexe. Les réformes successives – qu’il s’agisse du marché du travail, de la fiscalité ou des retraites – n’ont pas réussi à inverser la tendance. Résultat, le débat sur l’efficacité de la redistribution à la française s’invite désormais au cœur de la campagne pour les prochaines élections.

Et maintenant ?

Avec la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron et l’approche d’échéances électorales majeures, la question de la redistribution pourrait devenir un sujet central du débat politique. Les prochains mois devraient voir s’affronter des propositions divergentes : certains plaideront pour une refonte du système, tandis que d’autres mettront en avant la nécessité de maintenir – voire d’augmenter – les dépenses sociales. Une chose est sûre : la France devra trancher, entre le maintien d’un modèle généreux mais coûteux, et la recherche de solutions plus ciblées pour réduire les inégalités à la source.

Quelles pistes pour l’avenir ?

Plusieurs pistes sont régulièrement évoquées pour améliorer l’efficacité de la redistribution. La première consisterait à agir sur les inégalités primaires, en réformant le marché du travail pour réduire la précarité et augmenter les salaires des plus modestes. Une autre approche serait de réformer le système fiscal, en ciblant davantage les aides et en simplifiant les dispositifs pour éviter les effets de seuil. Enfin, certains économistes prônent une réflexion sur la croissance et la productivité, afin de réduire la dépendance aux transferts sociaux.

Quelle que soit la solution retenue, une certitude s’impose : le statu quo n’est plus une option. Avec une dette publique dépassant les 110 % du PIB et une pression fiscale parmi les plus élevées au monde, la France devra trouver un équilibre entre équité sociale et soutenabilité économique. Le prochain gouvernement héritera d’un dossier brûlant – et d’un défi de taille.

La redistribution française, bien que généreuse, ne cible pas suffisamment les inégalités primaires, c’est-à-dire celles qui existent avant toute intervention de l’État. Les réformes successives n’ont pas réussi à corriger les déséquilibres structurels du marché du travail ou du système fiscal, ce qui maintient – voire accentue – les écarts de revenus.