Une réforme très attendue, votée en 2024, va enfin entrer en vigueur au Japon à partir du mercredi 1er avril. Selon nos confrères de Courrier International, cette réforme permettra aux parents, lors d'un divorce, de choisir de manière concertée la garde partagée de leurs enfants, une décision pouvant également être imposée par les tribunaux des affaires familiales.
Ce qu'il faut retenir
- Avant la réforme, le Code civil japonais confiait la garde des enfants à un seul parent dans la grande majorité des cas, généralement la mère.
- La réforme vise à placer l'intérêt supérieur de l'enfant au cœur des modalités de garde après un divorce.
- La révision légale intervient suite à de nombreuses critiques et tensions, notamment de la part de couples binationaux et d'organismes de défense des droits des enfants.
Un changement crucial pour l'égalité parentale
Avant cette réforme, le Code civil japonais réservait l'exercice de l'autorité parentale à un seul des parents, généralement la mère, comme l'a souligné The Japan Times. En effet, en 2020, la garde des enfants a été confiée à la mère dans 85 % des cas, suscitant des critiques et des débats intenses sur l'équité et l'égalité parentale.
Cette réforme s'inscrit dans une volonté de placer l'intérêt supérieur de l'enfant au centre des décisions prises après un divorce, selon le ministère de la Justice japonais. Les partisans de cette évolution estiment qu'elle permettra aux deux parents de demeurer impliqués activement dans la vie de leurs enfants, favorisant ainsi un équilibre familial plus juste et épanouissant.
Des tensions et des critiques préalables
Le système antérieur de garde exclusive a suscité de vives critiques, aussi bien au Japon qu'à l'étranger. Les couples binationaux ont notamment exprimé leur désaccord face à cette pratique discriminatoire. En 2021, l'affaire très médiatisée du Français Vincent Fichot, ayant entamé une grève de la faim pour réclamer le droit de voir ses enfants, a mis en lumière les failles et les conséquences de ce système dépassé.
Les organismes de défense des droits des enfants ont également dénoncé cette pratique, soulignant l'importance de garantir une coparentalité équilibrée pour le bien-être des enfants après un divorce. La réforme actuelle vise donc à répondre à ces préoccupations et à moderniser les pratiques légales en vigueur.
Enjeux et perspectives
Cette réforme de la garde partagée au Japon soulève des enjeux cruciaux en termes d'égalité parentale et de protection des droits des enfants. Elle marque une avancée significative vers une société plus inclusive et respectueuse des besoins des familles, tout en encourageant une meilleure coopération entre les parents même en cas de séparation.
En conclusion, la réforme de la garde partagée au Japon représente une étape majeure vers une meilleure prise en compte des besoins des enfants et une plus grande équité entre les parents, malgré les divisions et les critiques qui ont entouré son adoption.
