Selon nos confrères de Capital, depuis le 1er mars, une réforme impacte le versement des allocations familiales, avec un décalage de l'âge ouvrant droit à la majoration. Auparavant versée dès les 14 ans de l'enfant, cette majoration est désormais octroyée à partir de ses 18 ans, provoquant des pertes financières conséquentes pour certaines familles. Les montants mensuels, pouvant aller jusqu'à 75,53 euros par enfant en fonction des ressources, sont ainsi affectés, avec une perte potentielle dépassant les 3 635 euros sur quatre ans dans certains cas.
Ce qu'il faut retenir
- Réforme des allocations familiales avec décalage de l'âge ouvrant droit à la majoration
- Pertes financières potentielles importantes pour certaines familles
- L'Unaf saisit le Conseil d'État pour contester la réforme
Contexte de la réforme et réactions
Cette modification des règles a suscité une vive réaction de l'Union nationale des associations familiales (Unaf), qui a engagé un recours en annulation devant le Conseil d'État le 24 mars. L'Unaf dénonce une quasi suppression de la majoration et des pertes significatives pour les familles, qualifiant le décret de "disproportionné" et "injuste". Selon l'institution, le décret ne prend pas en compte les coûts supplémentaires liés à l'adolescence, tels que les frais de scolarité ou d'habillement.
En illustrant ses arguments, l'Unaf a pris l'exemple d'une famille fictive modeste avec quatre enfants. Les deux aînés restent éligibles à la majoration, tandis que les deux plus jeunes ne bénéficieraient plus de cette aide, engendrant une perte estimée à 10 800 euros. L'Unaf demande donc au Conseil d'État d'annuler ce décret jugé préjudiciable pour de nombreuses familles.
Positions des acteurs et objectifs gouvernementaux
Du côté du gouvernement, cette réforme est justifiée par un recentrage visant à économiser plusieurs millions d'euros pour financer le nouveau congé de naissance. Les autorités estiment que ce décalage dans l'âge de la majoration permettra de réaliser 210 millions d'euros d'économies dès 2026, et jusqu'à 1,2 milliard d'euros par an dans les prochaines années.
