Alors que son mandat à la tête de l’Agence française de développement (AFD) s’achève, Rémy Rioux, son directeur général sortant, a accordé un entretien au Monde pour évoquer les réalisations, les transformations et les ambitions de cette institution, qui a injecté 130 milliards d’euros dans des projets à travers le monde au cours de la dernière décennie. D’après Le Monde, cet engagement financier massif s’inscrit dans une refonte profonde de la coopération entre la France et l’Afrique, continent au cœur de ses priorités.

Ce qu'il faut retenir

  • L’AFD a investi 130 milliards d’euros dans des projets internationaux sur la période 2016-2026
  • Rémy Rioux quitte ses fonctions après avoir dirigé l’agence pendant une décennie
  • L’institution réoriente sa stratégie vers une relation partenariale avec l’Afrique
  • Les investissements couvrent des secteurs variés : climat, éducation, santé et infrastructures
  • L’AFD mise sur une approche « gagnant-gagnant » avec les pays partenaires

Une décennie d’investissements massifs et ciblés

Depuis 2016, l’Agence française de développement a mobilisé des ressources considérables pour soutenir des projets dans plus de 150 pays. Selon les chiffres communiqués par Rémy Rioux au Monde, ces dix années ont permis de financer des initiatives allant de la lutte contre le changement climatique à l’amélioration de l’accès à l’éducation en Afrique subsaharienne. « Ces investissements reflètent une volonté de transformer durablement les économies locales tout en renforçant les liens avec la France », a-t-il souligné.

L’Afrique, un continent au cœur de la stratégie de l’AFD

Bref, l’Afrique a occupé une place centrale dans la feuille de route de l’AFD. Rémy Rioux a rappelé que le continent a bénéficié de près de 40 % des financements de l’agence sur la période. Les priorités ont porté sur l’électrification rurale, la santé publique et l’adaptation aux effets du réchauffement climatique. « Notre objectif n’est pas seulement de financer des projets, mais de construire des partenariats durables », a-t-il indiqué. L’agence a également accompagné des réformes structurelles dans plusieurs États africains, en collaboration avec les gouvernements locaux et les institutions internationales.

Une approche repensée de la coopération internationale

L’une des évolutions majeures de ces dix années concerne la manière dont l’AFD conçoit sa mission. Rémy Rioux a expliqué que l’agence a progressivement abandonné une logique de « donneur-récipiendaire » au profit d’une relation plus équilibrée. « Nous ne sommes plus dans une logique d’assistance, mais dans une dynamique de co-construction », a-t-il affirmé. Cette transformation s’est traduite par une augmentation des cofinancements et une implication accrue des acteurs locaux dans la conception des projets. D’après Le Monde, cette approche a permis d’accroître l’impact des interventions tout en renforçant l’autonomie des pays partenaires.

« L’AFD contribue à redéfinir la relation entre la France et le continent africain en plaçant l’Afrique comme un acteur clé de notre stratégie internationale. Nous ne sommes plus dans une logique de domination, mais de collaboration mutuellement bénéfique. »
— Rémy Rioux, directeur général sortant de l’AFD

Et maintenant ?

Le départ de Rémy Rioux laisse place à une nouvelle direction pour l’AFD, dont les orientations stratégiques devraient être précisées d’ici la fin de l’année 2026. Plusieurs sources au sein de l’institution évoquent déjà une poursuite de la priorité africaine, mais avec une accentuation sur les secteurs de l’innovation et de la transition numérique. Les prochains mois devraient également voir l’AFD finaliser des partenariats avec de nouveaux États, notamment en Asie du Sud-Est, pour diversifier son portefeuille d’interventions.

Avec un héritage de 130 milliards d’euros investis et une refonte des méthodes de coopération, l’AFD entre dans une nouvelle ère. Reste à voir comment la France, en pleine réflexion sur son rôle sur la scène internationale, saura pérenniser cette dynamique tout en s’adaptant aux défis géopolitiques émergents.

Selon ses déclarations au Monde, Rémy Rioux souligne que son mandat a permis de redéfinir la coopération française, notamment en Afrique, en passant d’une logique d’assistance à une relation partenariale. Il met en avant l’investissement de 130 milliards d’euros et une transformation des méthodes de travail de l’agence.

D’après les orientations évoquées par Rémy Rioux, les priorités continueront de porter sur l’électrification rurale, la santé publique, l’adaptation climatique et l’innovation, avec une attention particulière pour la transition numérique.