Alors que Roland-Garros 2026 approche à grands pas, les meilleurs joueurs de tennis mondiaux, parmi lesquels figurent les numéros un mondiaux Jannik Sinner et Aryna Sabalenka, ont réitéré leur mécontentement concernant la répartition des revenus générés par les tournois du Grand Chelem. Selon Le Figaro, un collectif de joueurs a publié une lettre publique lundi pour exprimer sa « profonde déception » face à l’augmentation insuffisante de la dotation financière pour l’édition 2026, qui s’élèvera à 61,7 millions d’euros, soit une hausse de 9,5 % par rapport à 2025.
Ce qu'il faut retenir
- La dotation globale de Roland-Garros 2026 atteint 61,7 millions d’euros, en hausse de 9,5 % par rapport à 2025, selon Le Figaro.
- Un collectif de joueurs, incluant Jannik Sinner, Aryna Sabalenka et Carlos Alcaraz, réclame une part de 22 % des revenus, contre environ 15 % actuellement.
- En 2025, Roland-Garros a généré 395 millions d’euros de revenus, avec une hausse de la dotation limitée à 5,4 %.
- Les joueurs demandent aussi la création d’un fonds de prévoyance pour les retraites, les soins de santé et les congés maternité, ainsi qu’une meilleure implication dans les décisions.
- La lettre des joueurs souligne l’absence de progrès concrets depuis le début de leur mouvement en avril 2025.
Ce bras de fer, qui oppose désormais les joueurs aux organisateurs des quatre tournois majeurs — Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open — dure depuis plus d’un an. Dès avril 2025, la majorité des têtes d’affiche des circuits ATP et WTA avaient cosigné une première lettre adressée aux organisateurs. Ils y exigeaient une répartition plus équitable des revenus, fixant un seuil minimal de 22 % pour les joueurs, un niveau aligné sur celui des tournois combinés ATP et WTA 1000, comme celui de Rome qui se déroule actuellement.
Après cette première salve, Roland-Garros avait consenti à une augmentation de la dotation de 5,4 % pour 2025, portant celle-ci à 56,4 millions d’euros. Pourtant, cette mesure n’a pas suffi à calmer les revendications des joueurs, qui rappellent que les recettes du tournoi parisien ont progressé de 14 % en 2025. Résultat, la part des gains versés aux athlètes est restée inférieure à 15 %, loin des 22 % réclamés.
Dans leur dernière missive, les signataires — parmi lesquels on compte également Carlos Alcaraz, Alexander Zverev, Coco Gauff et Iga Świątek — dénoncent une « annonce » qui « ne fait rien pour résoudre les problèmes structurels ». Ils rappellent que les revenus de Roland-Garros 2026 devraient dépasser 400 millions d’euros, tout en insistant sur l’absence de dialogue concret : « Il n’y a eu aucun échange concernant le bien-être des joueurs et aucun progrès vers la mise en place d’un mécanisme formel de consultation des joueurs dans la prise de décision des Grands Chelems. »
« Cette annonce ne fait rien pour résoudre les problèmes structurels que les joueurs soulèvent de manière constante et raisonnable depuis un an. Il n’y a eu aucun échange concernant le bien-être des joueurs et aucun progrès vers la mise en place d’un mécanisme formel de consultation des joueurs dans la prise de décision des Grands Chelems. »
— Extrait de la lettre des joueurs, publiée lundi et consultée par l’AFP
Les joueurs ne se contentent pas de critiquer la répartition actuelle. Ils réclament aussi la création d’un fonds de prévoyance dédié au financement des retraites, des soins de santé et des congés maternité. Autant dire que leur combat dépasse le simple cadre financier pour s’étendre à la gouvernance même du tennis professionnel. « Les signataires affirment rester unis dans leur volonté de voir des avancées concrètes, tant sur une répartition équitable des revenus que sur la manière dont ce sport est gouverné », précise Le Figaro.
Pourtant, les organisateurs des Grand Chelems n’ont pas tardé à réagir à la première salve des joueurs. Dès 2025, Roland-Garros avait augmenté sa dotation, mais dans des proportions jugées insuffisantes par les athlètes. La situation rappelle celle d’autres sports, où les fédérations et organisateurs de grands événements peinent à concilier rentabilité et équité envers les compétiteurs. À titre de comparaison, le tournoi de Rome, qui se déroule actuellement, applique une répartition des revenus plus favorable aux joueurs, selon les revendications du collectif.
Les enjeux sont doubles : d’une part, garantir une rémunération décente aux athlètes, dont les carrières sont souvent brèves et soumises à des risques physiques constants ; d’autre part, assurer une gouvernance transparente et participative, où les principaux intéressés — les joueurs — aient voix au chapitre. « Bref, pour les signataires, le statu quo n’est plus tenable », résume un observateur du milieu tennistique.
Dans ce contexte, la question de la durabilité du modèle économique des Grand Chelems reste entière. Si les revenus continuent de croître, la répartition des bénéfices devra nécessairement évoluer pour éviter une crise durable entre organisateurs et joueurs. « Les joueurs ne lâcheront pas, tant que leurs revendications ne seront pas prises au sérieux », estime un analyste du tennis professionnel.
Pour l’heure, les organisateurs n’ont pas commenté publiquement les dernières déclarations des joueurs. Reste à savoir si les annonces de Roland-Garros pour 2026 marqueront un tournant ou si elles ne feront que nourrir davantage le conflit. Une chose est sûre : le débat sur la gouvernance et l’équité dans le tennis professionnel est loin d’être clos.
Les joueurs demandent une part de 22 % des revenus pour s’aligner sur la répartition appliquée lors des tournois combinés ATP et WTA 1000, comme celui de Rome. Ils estiment que cette proportion reflète mieux leur contribution à la génération de revenus et leur permet de couvrir les risques liés à leur carrière, notamment en matière de santé et de retraite.