Le patron d’OpenAI, Sam Altman, voit son image de figure visionnaire de l’intelligence artificielle fortement entachée par une enquête publiée le 6 avril 2026 par le New Yorker. Selon ce média américain, plusieurs anciens collaborateurs et cadres remettent en cause sa crédibilité technique et son éthique professionnelle, tandis qu’une plainte pour agressions sexuelles déposée par sa sœur vient alourdir le dossier.
Ce qu'il faut retenir
- Une enquête critique du New Yorker, publiée le 6 avril 2026, dresse un portrait sévère de Sam Altman, fondateur et PDG d’OpenAI, remettant en cause sa maîtrise technique et son leadership.
- Des accusations de manipulation émanant de cadres et d’ingénieurs d’OpenAI, qui décrivent un dirigeant plus habile à la rhétorique qu’aux compétences techniques.
- Une plainte pour agressions sexuelles déposée par sa sœur le 1er avril 2026, que Sam Altman, sa mère et ses frères démentent catégoriquement.
- Des témoignages accablants de membres de Microsoft et du conseil d’administration d’OpenAI, évoquant un profil proche de celui d’un « sociopathe » ou d’un escroc comme Bernard Madoff.
- Des alertes anciennes, remontant à 2005 et à la promotion d’Altman à Y Combinator, où des personnalités comme Aaron Swartz avaient déjà exprimé des réserves sur sa fiabilité.
Un dirigeant accusé de rhétorique trompeuse et de manque de fond technique
Selon le New Yorker, plusieurs ingénieurs et anciens cadres d’OpenAI dépeignent Sam Altman comme un orateur talentueux, capable de séduire son auditoire par des promesses floues et des discours rassurants sur la sûreté de l’IA. Pourtant, ces mêmes témoins estiment que ses connaissances techniques en matière d’intelligence artificielle seraient limitées, au point de confondre des concepts de base. « Il parle exactement la langue de chacun, défend exactement les priorités de son interlocuteur, comme s’il avait un don pour la manipulation mentale à la Jedi », déclare un cadre de la tech cité par le magazine. Certains vont jusqu’à comparer son attitude à celle d’un « sociopathe », selon un membre du conseil d’administration d’OpenAI.
Ces critiques ne sont pas nouvelles. Dès 2005, lors de leur passage à l’incubateur Y Combinator en Silicon Valley, Sam Altman et Aaron Swartz, informaticien et cyberactiviste, étaient déjà en désaccord sur la vision de l’intelligence artificielle. Swartz, décédé en 2013, avait alerté sur les dérives potentielles liées à la figure de l’IA, bien avant que le débat ne devienne central. Le New Yorker souligne que ces avertissements précoces ont été ignorés pendant des années.
Des promesses éthiques mises en doute par son propre camp
Le portrait dressé par le New Yorker révèle une contradiction frappante : Sam Altman, présenté comme un ardent défenseur de la sûreté de l’IA, serait en réalité prêt à écarter ses grands principes lorsqu’ils entravent sa stratégie. Un cadre de Microsoft interrogé par le magazine compare même son profil à celui d’escrocs emblématiques comme Bernard Madoff ou Sam Bankman-Fried, connus pour leurs mensonges et leurs manipulations financières.
Le New Yorker s’appuie sur des mémos internes inédits et plus de 200 pages de documents confidentiels pour étayer ses révélations. Parmi eux, des échanges privés au sein d’OpenAI et des témoignages de collaborateurs passés ou actuels, qui décrivent un environnement de travail marqué par des tensions et des doutes persistants sur la fiabilité de leur dirigeant. Certains ingénieurs, issus de Stanford, soulignent qu’Altman a abandonné ses études en informatique après seulement deux ans, sans jamais obtenir son diplôme. Son parcours serait davantage celui d’un businessman que d’un expert technique, bien qu’il ait su se forger une réputation de visionnaire.
Une plainte familiale pour agressions sexuelles dans l’enfance
Le 1er avril 2026, la sœur de Sam Altman a déposé une plainte modifiée l’accusant d’agressions sexuelles répétées durant leur enfance. Dans un communiqué, sa mère et ses frères ont catégoriquement nié ces allégations, qualifiant ces accusations de « totalement infondées ». Malgré ce démenti, cette affaire judiciaire ajoute une dimension personnelle et sensible à la polémique qui entoure déjà le patron d’OpenAI. Les faits reprochés, s’ils étaient avérés, pourraient avoir un impact significatif sur son image publique et sa crédibilité.
À ce stade, aucune information supplémentaire n’a été rendue publique concernant cette plainte. Les avocats des parties concernées n’ont pas communiqué de détails sur les éléments de preuve ou les témoins éventuels. OpenAI, de son côté, n’a pas réagi officiellement à ces accusations, se concentrant sur les répercussions de l’enquête du New Yorker.
Un héritage contesté, entre innovation et controverses
Sam Altman reste l’une des figures les plus visibles de la révolution de l’intelligence artificielle, notamment grâce à son rôle clé dans le développement de modèles comme ChatGPT. Pourtant, cette enquête révèle une facette moins reluisante de son parcours. Les critiques ne se limitent pas à ses compétences ou à son éthique : elles interrogent également la gouvernance d’OpenAI, une organisation à but non lucratif devenue un acteur incontournable du secteur. « On a l’impression d’avoir affaire à un homme qui joue un rôle, plus qu’à un vrai leader technique », confie un ancien ingénieur d’OpenAI sous couvert d’anonymat.
Le New Yorker rappelle que ces révélations surviennent à un moment charnière pour l’IA, où les enjeux éthiques et sécuritaires deviennent prioritaires pour les régulateurs et le grand public. La crédibilité des dirigeants du secteur est plus que jamais scrutée, et les dérives potentielles, comme celles évoquées dans cette enquête, pourraient avoir des conséquences bien au-delà des murs d’OpenAI.
Pour l’heure, OpenAI n’a pas commenté publiquement les accusations portées dans l’enquête du New Yorker. La société, basée à San Francisco, continue de promouvoir ses avancées en matière d’intelligence artificielle, tout en faisant face à des interrogations croissantes sur la fiabilité de sa direction.
La plainte déposée par la sœur de Sam Altman le 1er avril 2026 doit suivre la procédure judiciaire classique. Aucune date précise n’a encore été communiquée pour une audience ou une décision. Les avocats des parties devraient prochainement échanger des éléments de preuve, et un éventuel classement sans suite ou une enquête approfondie pourrait intervenir d’ici quelques mois.
