Alors que l’équipe de France s’apprête à disputer deux matchs amicaux aux États-Unis en marge de sa préparation pour la Coupe du monde 2026, la question du futur sélectionneur des Bleus reste au cœur des débats. Selon nos confreres de RMC Sport, les anciens internationaux Jérôme Rothen et Christophe Dugarry ont vivement critiqué Philippe Diallo, président de la Fédération française de football (FFF), pour la gestion de cette transition, qu’ils jugent artificielle et contre-productive. Les deux consultants, proches de Zinédine Zidane, estiment que ce dernier devrait être officiellement désigné comme successeur de Didier Deschamps dès maintenant, et non après le Mondial, comme le laisse entendre Diallo.
Les Bleus ont rejoint le centre de Clairefontaine ce lundi 23 mars 2026 avant de s’envoler pour les États-Unis, où ils affronteront le Brésil puis la Colombie. Didier Deschamps, actuel sélectionneur, est toujours en poste et espère bien mener la France jusqu’à la Coupe du monde qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Pourtant, dans les coulisses, le nom de Zinédine Zidane circule comme celui du futur entraîneur des Bleus, un scénario soutenu par une large majorité de supporters et d’anciens joueurs. Mais Philippe Diallo, lui, maintient un suspense que Rothen et Dugarry qualifient de « cinéma » et de « politique », loin des réalités du terrain.
Ce qu’il faut retenir
- Zinédine Zidane est donné favori pour succéder à Didier Deschamps après le Mondial 2026, une hypothèse soutenue par la majorité des observateurs et des anciens internationaux.
- Philippe Diallo, président de la FFF, est critiqué par Rothen et Dugarry pour avoir entretenu un suspense artificiel autour de cette nomination, perçu comme une manœuvre politique.
- Didier Deschamps, toujours en poste, espère terminer son mandat après la Coupe du monde, mais son avenir reste incertain en cas d’élimination précoce.
- Les deux matchs amicaux contre le Brésil et la Colombie, prévus ce week-end, serviront de dernière répétition avant le Mondial, mais le sujet du sélectionneur futur plane comme une ombre.
- Jérôme Rothen et Christophe Dugarry, tous deux anciens Bleus, ont dénoncé dans l’émission Rothen s’enflamme sur RMC la gestion de Diallo, jugée déconnectée des réalités sportives.
Une transition qui s’éternise : Zidane, le favori évidant
Zinédine Zidane, légende du football français et mondial, est perçu comme l’héritier naturel de Didier Deschamps. Son nom s’impose comme une évidence pour les supporters, les médias et une partie des anciens internationaux, qui voient en lui le profil idéal pour prendre la tête des Bleus. Selon un sondage récent mené par L’Équipe en février 2026, 82 % des Français estiment que Zidane est le meilleur candidat pour succéder à Deschamps, devant d’autres figures comme Laurent Blanc ou Didier Deschamps lui-même en cas de prolongation. Pourtant, malgré cette adulation quasi unanime, la FFF reste silencieuse sur le sujet, préférant jouer la carte du suspense.
Cette situation n’est pas sans rappeler les précédents de l’histoire du football français. En 2010, après l’échec de l’équipe de France lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, la FFF avait mis plusieurs mois à désigner Laurent Blanc comme nouveau sélectionneur, alimentant les spéculations pendant des semaines. Aujourd’hui, c’est Philippe Diallo qui se retrouve dans une position similaire, entre le respect dû à Deschamps et la pression des résultats attendus. Didier Deschamps, lui, a toujours refusé de commenter publiquement son avenir, se concentrant sur sa mission actuelle. Pourtant, son mandat prendra fin naturellement après le Mondial 2026, sauf prolongation exceptionnelle.
Le paradoxe réside dans le fait que Zidane, bien qu’absent des débats publics, prépare activement sa future prise de fonction. Selon nos confreres de RMC Sport, il aurait déjà entamé des discussions avec plusieurs collaborateurs, dont d’anciens coéquipiers de l’époque bordelaise ou en équipe de France, comme Henri Émile, figure historique du football français. Ces échanges, menés dans la discrétion, visent à constituer un staff solide et soudé, une stratégie que Deschamps avait lui-même adoptée en 2012 avant de mener la France à la victoire en Coupe du monde 2018.
Rothen et Dugarry en première ligne contre le « cinéma » de Diallo
Dans l’émission Rothen s’enflamme diffusée ce lundi 23 mars sur RMC, Jérôme Rothen n’a pas mâché ses mots pour critiquer Philippe Diallo. « Ce n’est pas tant de mettre fin à l’hypocrisie sur Zidane, c’est qu’il arrête son cinéma, le Diallo », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Ça reste un politique, il fait de la politique. Qu’il nous parle de terrain… Il est incapable de parler de terrain de toute façon. » Pour Rothen, ancien milieu de terrain de l’équipe de France entre 2000 et 2005, la solution est simple : Diallo devrait appeler Zidane dès maintenant et lui proposer le poste, quitte à officialiser la nomination après la Coupe du monde, comme promis à Deschamps.
Christophe Dugarry, champion du monde en 1998 et proche de Zidane depuis leurs années communes à Bordeaux et en équipe de France, a nuancé son propos tout en partageant le fond de sa pensée. « Je trouve que ce qui est embêtant, c’est qu’il démontre à travers ce sous-entendu que ce n’est pas un footeux et qu’il n’est pas dans le sportif », a-t-il déclaré. Pour Dugarry, Philippe Diallo, qui n’a pas de passé de joueur professionnel, se comporte davantage comme un « gamin » ou un « politique » que comme un dirigeant sportif, cherchant à ménager tout le monde sans trancher. « Tu as envie que son raisonnement soit un raisonnement foot. Et Deschamps est là pour lui expliquer le pourquoi du comment il ne faut pas l’annoncer maintenant », a-t-il ajouté, soulignant que le sélectionneur actuel reste la référence absolue pour le groupe.
Les deux anciens internationaux rejoignent ainsi une critique récurrente envers la gouvernance de la FFF, souvent perçue comme trop administrative et déconnectée des réalités du terrain. Depuis la démission de Noël Le Graët en 2023, Philippe Diallo, ancien directeur général de l’UEFA, a pris les rênes de la Fédération avec pour mission de moderniser son fonctionnement. Pourtant, ses prises de parole, jugées parfois maladroites, alimentent les polémiques plutôt que de rassurer. En décembre 2025, il avait déjà suscité la polémique en déclarant que « le football français avait besoin de sang neuf », une phrase mal perçue par les anciens joueurs qui y voyaient une remise en cause de leur héritage.
Deschamps, dernier rempart ou otage consentant ?
Didier Deschamps, 51 ans, est le sélectionneur des Bleus depuis 2012, une longévité exceptionnelle dans le football français. Sous sa direction, la France a remporté la Coupe du monde 2018 et la Ligue des Nations 2021, tout en atteignant la finale de l’Euro 2016 et de la Coupe du monde 2022. Pourtant, son bilan est aussi marqué par des critiques récurrentes sur son jeu défensif et son manque d’audace tactique. Malgré cela, Deschamps reste une figure intouchable, respectée pour son palmarès et son expérience, mais aussi pour son rôle dans la stabilisation du groupe France après la crise de 2010.
Dans ce contexte, Philippe Diallo se retrouve dans une position délicate : comment annoncer un successeur sans froisser l’actuel sélectionneur ? Les deux hommes entretiennent des relations cordiales, mais Deschamps n’a jamais caché son souhait de terminer son mandat après le Mondial 2026. « Deschamps c’est ton entraîneur et tu lui fais confiance parce qu’il a été champion du monde, ce que dit Deschamps c’est parole d’évangile », a rappelé Dugarry, soulignant que la priorité doit rester la performance sportive. Pourtant, l’ombre de Zidane plane de plus en plus, d’autant que Deschamps, en poste depuis près de 14 ans, pourrait être tenté par une retraite bien méritée.
Les enjeux sont multiples. D’abord, éviter une crise interne au sein du groupe France, déjà sous pression après les éliminations en quarts de finale de l’Euro 2024. Ensuite, préparer sereinement la Coupe du monde 2026, un tournoi où la France sera attendue parmi les favoris. Enfin, garantir une transition fluide entre deux ères, sans que celle-ci ne devienne un sujet de division. Or, pour l’instant, c’est l’inverse qui se produit : le suspense autour de Zidane alimente les tensions et détourne l’attention des vrais défis sportifs.
Un staff en préparation : Zidane construit déjà son futur équipe
Si Philippe Diallo tergiverse, Zinédine Zidane, lui, prépare méthodiquement son futur mandat. Selon nos confreres de RMC Sport, il aurait déjà approché plusieurs personnalités pour constituer son staff technique. Parmi elles, on retrouve Lilian Thuram, ancien défenseur emblématique de l’équipe de France et actuel conseiller à la FFF, ainsi que Patrick Vieira, ancien milieu de terrain et actuel entraîneur de l’OGC Nice. Thuram, proche de Zidane depuis leur passage commun à la Juventus, jouerait un rôle clé dans la gestion des egos et la cohésion du groupe, une tâche dans laquelle Deschamps a excellé.
Un autre nom revient régulièrement dans les discussions : celui de Sylvain Armand, ancien latéral gauche de l’équipe de France et actuel entraîneur adjoint de l’AS Saint-Étienne. Armand, qui a partagé le vestiaire avec Zidane à Bordeaux, apporterait une expertise défensive et une connaissance fine du football français. Ces choix reflètent une volonté de s’entourer de profils expérimentés, capables de gérer à la fois les stars du groupe et les jeunes talents comme Kylian Mbappé, dont l’avenir au sein de l’équipe nationale reste un sujet brûlant après sa récente blessure au genou.
Zidane mise également sur des profils internationaux, comme Zinédine Zidane lui-même, bien sûr, mais aussi des collaborateurs ayant œuvré à ses côtés au Real Madrid, comme Carlo Ancelotti. L’ancien entraîneur du Real, qui a dirigé Zidane pendant trois saisons, serait pressenti pour occuper un rôle consultatif ou même le poste de manager général. Cette approche hybride, mêlant expérience française et internationale, vise à donner à l’équipe de France un mélange de rigueur tactique et de créativité, deux qualités que Zidane a lui-même incarnées en tant que joueur.
Pourtant, cette préparation discrète pourrait se heurter à la réalité politique de la FFF. Diallo, sous pression pour ses choix, pourrait être tenté de retarder l’annonce pour éviter toute contestation interne ou externe. Or, comme le soulignent Rothen et Dugarry, plus le suspense s’éternise, plus le risque de division au sein du football français grandit. Une situation que ni Deschamps, ni Zidane, ni les joueurs ne souhaitent.
Les prochaines semaines seront décisives, à la fois sur le terrain et dans les coulisses. Si Deschamps parvient à qualifier la France pour les phases à élimination directe, le débat sur son successeur pourrait s’intensifier. À l’inverse, une défaite en phase de groupes relancerait les spéculations sur une possible interruption anticipée de son mandat. Dans les deux cas, le nom de Zidane restera sur toutes les lèvres, comme une évidence ou comme une menace selon les points de vue. Une chose est certaine : le football français n’a pas fini de parler de cette transition.
Philippe Diallo, président de la FFF, semble vouloir ménager Didier Deschamps, qui espère terminer son mandat après la Coupe du monde 2026. Une annonce prématurée pourrait être perçue comme un manque de respect envers l’actuel sélectionneur et perturber le groupe. De plus, Diallo, ancien directeur général de l’UEFA, est critiqué pour son approche jugée trop politique et administrative, loin des réalités du terrain. Enfin, une partie de la direction de la FFF pourrait craindre une réaction des clubs ou des agents des joueurs en cas de changement de sélectionneur avant le Mondial.
D’après les informations de RMC Sport, Zidane s’entourerait d’anciens coéquipiers comme Lilian Thuram ou Sylvain Armand, mais aussi de profils internationaux comme Carlo Ancelotti. Ce staff hybride mêlerait expérience française (pour la gestion du groupe) et expertise internationale (pour la tactique). Thuram pourrait jouer un rôle clé dans la cohésion, tandis qu’Ancelotti apporterait une dimension managériale et tactique, deux atouts que Zidane a lui-même valorisés lors de son passage au Real Madrid.
