Selon RFI, le ministère sénégalais de l’Économie a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année 2026. Dans un document d’une quarantaine de pages intitulé « Développements économiques récents et perspectives », l’exécutif table désormais sur une progression du PIB de 2,5 %, un chiffre bien inférieur à la performance enregistrée en 2025, où le taux avait atteint 6,7 %.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministère de l’Économie du Sénégal anticipe une croissance de 2,5 % pour 2026, contre 6,7 % en 2025.
  • Ce rapport, intitulé « Développements économiques récents et perspectives », s’étend sur une quarantaine de pages.
  • Cette révision à la baisse intervient dans un contexte économique mondial marqué par des incertitudes persistantes.

Un retournement de conjoncture après une année 2025 exceptionnelle

Le bond de 6,7 % enregistré en 2025 avait été salué comme un record pour l’économie sénégalaise, reflétant notamment les retombées des grands projets d’infrastructures et une dynamique agricole favorable. Pourtant, dès le début de l’année 2026, les autorités ont pris acte d’un ralentissement marqué. Selon RFI, ce revirement s’explique par plusieurs facteurs, dont la dégradation des termes de l’échange, la baisse des prix des matières premières et un climat des affaires moins porteur qu’attendu. Autant dire que les perspectives optimistes d’hier laissent place à une prudence accrue pour les mois à venir.

Un rapport détaillé pour étayer les nouvelles projections

Le document produit par le ministère de l’Économie détaille les principaux leviers et freins à la croissance. Parmi les points saillants figurent la réduction des dépenses publiques, la volatilité des recettes fiscales et les tensions persistantes sur les finances de l’État. « Cette révision s’appuie sur une analyse approfondie des indicateurs macroéconomiques », a précisé un haut responsable du ministère, cité par RFI. Le rapport souligne également les risques liés à la hausse des taux d’intérêt internationaux et à l’inflation, qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages.

Les secteurs les plus exposés au ralentissement

Si le secteur tertiaire, notamment les services, avait été le principal moteur de la croissance en 2025, les prévisions pour 2026 indiquent un net affaiblissement de cette dynamique. Le bâtiment et les travaux publics, portés par les grands chantiers comme le TER ou les infrastructures portuaires, pourraient subir un coup d’arrêt en raison du ralentissement des investissements privés. À l’inverse, l’agriculture, malgré ses aléas climatiques, reste un secteur clé pour amortir le choc, grâce à une production céréalière en légère hausse cette année.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur réelle du ralentissement. Le gouvernement devrait dévoiler d’ici fin avril un plan de relance ciblé, incluant des mesures fiscales incitatives et un soutien aux filières industrielles exportatrices. Reste à voir si ces ajustements suffiront à inverser la tendance, alors que la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a déjà signalé son intention de maintenir une politique monétaire prudente en 2026.

Cette révision des perspectives économiques intervient dans un contexte régional marqué par des défis similaires. Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, comme la Côte d’Ivoire ou le Ghana, ont également revu leurs prévisions à la baisse, en raison notamment de la baisse des cours des matières premières et d’un endettement public en hausse. Autant dire que le Sénégal n’est pas isolé dans cette situation, mais la question reste entière : dans quelle mesure ce ralentissement sera-t-il temporaire ou structurel ?

D’après le rapport du ministère de l’Économie, la dégradation des termes de l’échange, la baisse des prix des matières premières, un climat des affaires moins porteur et la volatilité des recettes fiscales sont les principaux éléments ayant conduit à cette révision. La hausse des taux d’intérêt internationaux et l’inflation figurent également parmi les facteurs de risque identifiés.