Le gouvernement a annoncé vendredi 10 avril 2026 le lancement d’une troisième édition du leasing social pour véhicules électriques, avec un objectif de 50 000 nouvelles locations à partir de juin 2026. Selon BFM Business, cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un plan global d’électrification du parc automobile français, alors que Stellantis et Renault, qui représentaient à eux deux les trois quarts des ventes de ce dispositif en 2025, se sont dits satisfaits de cette initiative.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement va financer 50 000 véhicules électriques en leasing social dès juin 2026, comme en 2024 et 2025.
  • Stellantis et Renault ont réalisé ensemble les trois quarts des ventes de leasing social en 2025 (23 400 véhicules pour Stellantis et 15 000 pour Renault).
  • Ce dispositif a contribué à une forte progression des ventes de voitures électriques en France, avec 112 000 unités écoulées au premier trimestre 2026.
  • Le financement repose en partie sur les Certificats d’économie d’énergie, allégeant la charge pour le budget de l’État.
  • Le Premier ministre a fixé un objectif de 400 000 ventes annuelles de véhicules électriques en 2027 et d’un million en 2030.

Cette annonce intervient alors que le marché automobile français affiche une accélération marquée de l’électrification. Depuis 2024, le dispositif de leasing social, combiné aux bonus écologiques, a permis de rendre les véhicules électriques plus accessibles, notamment pour les ménages les plus modestes. En 2025, les ventes de voitures électriques ont atteint 327 000 unités, représentant 28 % du marché total. Au premier trimestre 2026, cette proportion a encore progressé, avec 112 000 véhicules vendus, soit 28 % des immatriculations. À titre de comparaison, la moyenne européenne s’établissait à environ 19 % sur les deux premiers mois de l’année.

Le financement de cette troisième édition du leasing social repose en partie sur les Certificats d’économie d’énergie (CEE), un mécanisme qui oblige les fournisseurs d’énergie à investir dans des actions d’efficacité énergétique. Selon BFM Business, cette solution permet de réduire la pression sur les finances publiques, le budget total alloué à ce dispositif ayant été ramené à 369 millions d’euros en 2025. Une partie de cette enveloppe est désormais mutualisée avec les acteurs du secteur énergétique, ce qui limite l’impact direct sur les deniers de l’État.

Les constructeurs automobiles pleinement engagés

Stellantis, groupe franco-italo-américain regroupant les marques Peugeot, Citroën, Fiat ou encore Opel, a salué l’annonce gouvernementale. « Nous saluons les mesures visant à accélérer l’électrification du parc automobile », a déclaré le groupe à l’AFP, soulignant son « plein engagement dans la transformation de son offre ». Stellantis a rappelé ses investissements continus dans ses sites français, ainsi que sa volonté de proposer une large gamme de véhicules électriques accessibles, fabriqués en Europe et en France. En 2025, le groupe avait écoulé 23 400 véhicules dans le cadre du leasing social, principalement sous les marques Peugeot, Citroën et Fiat.

L’entreprise a également mis en avant l’importance des aides à l’achat pour les petites voitures électriques, destinées aux catégories socio-professionnelles les plus modestes. « Ces dispositifs sont essentiels pour concilier succès de la transition et soutien à l’industrie », a-t-elle ajouté, tout en se félicitant de l’annonce d’un renforcement des aides pour les véhicules utilitaires électriques.

De son côté, Renault a exprimé une satisfaction similaire. Le constructeur français, qui avait fourni 15 000 véhicules dans le cadre du leasing social en 2025, a indiqué que « les mesures annoncées soutiendront la demande ». « Nous avons beaucoup investi pour la production de nos véhicules électriques et comptons poursuivre nos efforts en France », a précisé le groupe à l’AFP. Renault a également souligné la nécessité de « conditions favorables », notamment « l’adaptation des aides à l’achat pour tous les ménages, le renforcement de l’électrification des véhicules utilitaires, le soutien à nos investissements industriels et la maîtrise des coûts de l’électricité » pour garantir la compétitivité du secteur.

Un objectif ambitieux : 400 000 véhicules électriques en 2027

Le Premier ministre a fixé des objectifs ambitieux pour les prochaines années. D’ici 2027, il souhaite voir 400 000 voitures électriques vendues chaque année en France, avant d’atteindre le cap du million en 2030. Ces chiffres s’inscrivent dans la stratégie nationale de décarbonation du parc automobile, alors que le pays mise sur une combinaison de leasing social, bonus écologiques et infrastructures de recharge pour atteindre ses cibles climatiques.

Le leasing social, dispositif phare de cette politique, cible en priorité les « gros rouleurs » affectés par la hausse des prix des carburants. En 2025, ce mécanisme avait permis à des milliers de ménages d’accéder à des véhicules électriques à moindre coût. Son extension en 2026 et 2027 devrait donc poursuivre sur cette lancée, tout en élargissant l’offre disponible.

Un financement mixte pour allier efficacité et équité

Le recours aux Certificats d’économie d’énergie (CEE) pour financer une partie du dispositif marque un tournant dans la stratégie gouvernementale. Traditionnellement, ces certificats étaient utilisés pour des travaux de rénovation énergétique, mais leur extension au secteur automobile permet de diversifier les sources de financement. Selon BFM Business, cette approche a permis de réduire la pression sur le budget de l’État, tout en mobilisant les acteurs du secteur énergétique dans la transition écologique.

Cependant, certains observateurs pointent déjà les limites potentielles de ce modèle. Si les CEE offrent une solution pragmatique à court terme, leur efficacité dépendra de la capacité des fournisseurs d’énergie à mobiliser des fonds suffisants. Par ailleurs, la réussite du leasing social repose aussi sur la disponibilité des véhicules, un enjeu de taille pour les constructeurs alors que les chaînes d’approvisionnement restent sous tension dans certains segments.

Et maintenant ?

La mise en œuvre de cette troisième édition du leasing social, prévue pour juin 2026, devrait être suivie de près par les constructeurs et les pouvoirs publics. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de cette mesure sur les ventes de véhicules électriques, ainsi que sur l’équilibre financier du dispositif. Reste à voir si les objectifs de 400 000 ventes annuelles en 2027 et d’un million en 2030 pourront être atteints, dans un contexte où la demande dépendra aussi de l’évolution des prix de l’électricité et des carburants.

Le succès de cette politique dépendra également de la capacité des constructeurs à maintenir une offre compétitive et diversifiée, tout en garantissant l’accès aux véhicules pour les ménages les plus modestes. Pour les deux groupes, Stellantis et Renault, l’enjeu sera de concilier investissements industriels, innovation et rentabilité, dans un marché en pleine mutation.

Le leasing social permet aux ménages éligibles de louer un véhicule électrique à un tarif réduit, avec un loyer mensuel plafonné. Le financement est en partie pris en charge par l’État et les Certificats d’économie d’énergie, ce qui réduit le coût pour l’utilisateur. En 2025, 50 000 véhicules ont été proposés dans ce cadre.

Les critères d’éligibilité incluent généralement des plafonds de revenus, la détention d’un véhicule thermique ancien à mettre à la casse, et une utilisation intensive du véhicule (gros rouleurs). Les détails exacts sont fixés par les pouvoirs publics et peuvent évoluer chaque année.