Le groupe automobile Stellantis a connu un léger redressement boursier ce jeudi 26 février, après que la direction ait fourni des réponses rassurantes aux analystes lors d'une conférence téléphonique, selon nos confrères de BFM Bourse. L'action du constructeur automobile s'est ainsi réveillée, gagnant 4,9% en fin de séance.
Stellantis évolue désormais dans les limbes boursiers, avec une action qui a plongé de 26,7% depuis le début de l'année et de 60,7% sur trois ans. Sa capitalisation boursière a été divisée par plus de quatre par rapport à ses sommets atteints en mars 2024. Le groupe a été plombé par d'importants stocks aux États-Unis qu'il n'a résorbés que trop tardivement, voyant ses parts de marché chuter jusqu'à l'année dernière.
Ce qu'il faut retenir
- Stellantis a dévoilé l'intégralité de ses comptes pour 2025, qui n'ont réservé aucune surprise et confirmé ses perspectives (ternes) pour 2026.
- L'Amérique du Nord est attendue dans le vert au niveau du résultat opérationnel courant cette année, selon le directeur général Antonio Filosa.
- Le groupe s'adapte à un manque d'appétit des consommateurs américains pour les véhicules à batteries et à la fin des incitations fiscales aux États-Unis sur ce type de motorisation.
Le contexte
Le groupe a passé ses comptes à la paille de fer, en décidant d'abaisser ses ambitions dans l'électrique au profit des automobiles thermiques. Cette remise à plat stratégique s'est traduite par des charges exceptionnelles de plus de 22 milliards d'euros qui ont conduit la société à accuser une perte nette de 22,3 milliards d'euros au titre de 2025.
Vivendi est le seul groupe coté français à avoir fait "pire" sur le papier, en accusant une perte de 23,3 milliards d'euros, qui s'expliquait là encore par de lourdes dépréciations d'actifs. Reste que Stellantis évolue sur une valorisation à la casse, et qu'il suffit de pas de grand-chose pour déclencher une étincelle en Bourse.
Les perspectives
Le directeur général de la société, Antonio Filosa, a effectivement déclaré que l'Amérique du Nord était attendue dans le vert au niveau du résultat opérationnel courant cette année et "sera le plus important contributeur de croissance profitable au niveau mondial, cette année". L'an passé, cette zone a accusé une perte opérationnelle courante de 1,9 milliard d'euros représentant 3,1% du chiffre d'affaires.
En Europe, région également en perte, ce taux s'est inscrit à 1,1%. "Alors que les précédents 'calls' étaient assez désastreux, celui-ci a été plutôt positif sans éléments négatifs additionnels. Ils ont répondu aux questions et ont expliqué qu'ils attendaient une hausse des volumes et un 'mix' positif et que leurs problèmes de production étaient résolus", élabore un autre intermédiaire financier.
En conclusion, le redressement de Stellantis reste fragile et incertain, mais les annonces encourageantes de la direction ont permis un léger rebond boursier. Il reste à voir si ce mouvement peut se confirmer dans les prochaines semaines.
