Un accord fragile sous le regard des drones

Imaginez la scène : une colline stratégique, un vent qui siffle, et soudain, le bourdonnement caractéristique d'un drone qui perce le silence. C'était jeudi dernier, sur le Tell Kawkab, à 526 mètres d'altitude, dominant la ville de Hassaké. « C'est l'un des nôtres », lance une combattante des YPJ. (Les YPJ, c'est la brigade féminine des forces kurdes du Rojava, pour les intimes.) Quelques minutes plus tard, elle n'en est plus si sûre. Autant dire que la méfiance règne.

Depuis cette position clé, reprise par les FDS (les Forces démocratiques syriennes) après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, les Kurdes surveillent les mouvements de la nouvelle armée syrienne. La veille, une tentative d'infiltration de soldats de Damas a été stoppée à quelques mètres seulement. Un échange de tirs à l'arme légère, rien de plus. Mais le message est clair : la tension est palpable.

Un cessez-le-feu sur le papier, mais...

Huit jours après la signature de l'accord de cessez-le-feu, le 30 janvier dernier, les combats ont cessé, mais l'état d'alerte, lui, persiste. Les premières mesures de désescalade ? Elles peinent à se concrétiser. L'armée syrienne et les FDS devaient se retirer des positions face à face. Résultat des courses ? Rien de tout ça. On pourrait se demander si cet accord n'est pas qu'un leurre.

Les combats ont duré trois semaines, laissant des traces indélébiles. L'armée gouvernementale s'est approchée du cœur des territoires kurdes de la Djézireh, dans le nord-est de la Syrie. Les Kurdes, eux, tiennent bon. Mais pour combien de temps ? Difficile de dire avec certitude. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la situation reste extrêmement fragile.

La méfiance règne, malgré l'accord

Alors, où en est-on vraiment ? Les forces kurdes dominent les positions de la nouvelle armée syrienne. Mais la ligne de front qui enserre Hassaké est un véritable casse-tête. De cette colline, la seule de la région, aucun mouvement n'échappe aux combattants. Ils surveillent la plaine en contrebas, prêts à réagir au moindre signe suspect.

Et puis, il y a cette question qui taraude : cet accord va-t-il tenir ? Les premières mesures de désescalade n'ont pas été appliquées. Les deux camps restent en état d'alerte. On pourrait se demander si cet accord n'est pas qu'un leurre, une pause avant la prochaine escalade. Le temps nous le dira.

Perspectives d'avenir : un cessez-le-feu durable ?

Alors, que peut-on espérer pour les jours à venir ? La situation reste tendue, mais pas désespérée. Les deux parties ont montré qu'elles étaient capables de négocier. Reste à savoir si elles sont prêtes à respecter leurs engagements. Pour l'instant, la méfiance l'emporte. Mais l'histoire nous a appris une chose : rien n'est jamais joué d'avance.

En attendant, les combattants kurdes et syriens restent sur leurs gardes. Le moindre mouvement peut déclencher une nouvelle vague de violence. Et puis, il y a cette question qui reste en suspens : cet accord est-il la fin des combats ou simplement une trêve avant la prochaine tempête ?

L'accord de cessez-le-feu est fragile car les deux parties ne se font pas confiance. Les mesures de désescalade prévues n'ont pas été appliquées, et les combats ont laissé des traces profondes. La méfiance règne, et le moindre incident peut tout faire basculer.

Pour une paix durable, il faudrait que les deux parties respectent leurs engagements et appliquent les mesures de désescalade. Il faudrait aussi que la communauté internationale joue un rôle plus actif dans la médiation. Mais pour l'instant, rien n'est gagné.