Les chiffres sont tombés, et ils ne sont pas glorieux. En 2025, les trains de la SNCF ont accumulé les retards. Mais est-ce vraiment de sa faute ? Pas si simple.
On pourrait croire que la SNCF est le seul bouc émissaire de la situation. Pourtant, les retards ne sont pas toujours de son ressort. Explications.
Des retards en hausse, mais des nuances
Premier constat : les retards ont augmenté en 2025. Les TGV Inoui et Ouigo affichent une régularité de 78,6%, contre 79,7% en 2024. Les Intercités, eux, sont à 74,4%, contre 75,6% l'année précédente. Les TER ne sont pas épargnés, avec une régularité de 90,6%, contre 91,1% en 2024. (Autant dire que ça commence à faire beaucoup.)
Le truc, c'est que ces chiffres cachent des réalités différentes. Par exemple, les Intercités ont atteint leur objectif de 73,7%, malgré une baisse de régularité. Résultat des courses : on ne peut pas tout mettre sur le dos de la SNCF.
Côté Transiliens, c'est presque l'inverse. La régularité est de 94%, contre 94,3% en 2024. Là, c'est même au-dessus de l'objectif fixé à 92,2%. Bref, il y a du bon et du moins bon.
Les causes des retards : un jeu de responsabilités
Alors, qui est responsable de ces retards ? La SNCF, bien sûr, mais pas seulement. Selon les chiffres internes, 29% des irrégularités des TGV sont dues à l'exploitant. Mais 26% sont causées par des incidents réseau, et 26% par des éléments extérieurs.
Pour les Intercités, c'est encore plus clair. 35% des retards viennent des incidents réseau. Les voies sont souvent anciennes, et ça se ressent. Les causes externes (météo, malveillance) représentent 26% des retards, et les pannes de train 22%.
Autre chose : les retards ne sont pas toujours de la faute de la SNCF. Les incidents réseau, gérés par SNCF Réseau, jouent un rôle majeur. Et puis, il y a les événements météorologiques, les actes de malveillance, et même les autres opérateurs concurrents.
La régularité, une arme politique
La régularité des trains est aussi un enjeu politique. Prenez Renaud Muselier, le président de la région PACA. Il n'hésite pas à utiliser les mauvaises performances de la SNCF pour justifier le choix d'un nouvel opérateur, Transdev. Problème : les chiffres ne sont pas toujours comparables.
Muselier avance un chiffre de 98% de régularité pour Transdev. Sauf que ce chiffre ne prend en compte que la régularité
