Trois mois après l’abattage de leurs 83 vaches infectées par une dermatose bovine, les éleveurs des Lhomme, à Pouilley-Français (Doubs), peinent toujours à tourner la page. « On ne digère pas, et on n’oublie pas », a confié l’un d’eux à Reporterre. Le 18 mars dernier, une vingtaine de génisses a été introduite dans l’exploitation, mettant fin à trois mois de silence dans des bâtiments vides.
Ce qu'il faut retenir
- 83 vaches abattues fin décembre 2025 dans la ferme des Lhomme à Pouilley-Français (Doubs) en raison d’une dermatose bovine
- Le 18 mars 2026, 20 génisses ont été introduites pour repeupler l’exploitation
- Les éleveurs évoquent un traumatisme persistant, trois mois après les faits
- La ferme, située à Pouilley-Français, reste un symbole des conséquences de cette crise sanitaire
Pendant plus de trois mois, le site a résonné par le silence. Les meuglements des 83 vaches abattues fin décembre 2025 avaient cessé, laissant place à une atmosphère de vide dans les bâtiments de la ferme des Lhomme. C’est le 18 mars 2026 qu’un camion a rompu ce calme apparent, en livrant une vingtaine de génisses destinées à relancer l’exploitation. Un retour à la normale, mais pas à l’oubli, pour cette famille d’éleveurs du Doubs.
« Ce n’est pas un simple épisode sanitaire, c’est une épreuve qui marque à vie », a souligné un membre de la famille Lhomme auprès de Reporterre. L’abattage des animaux, imposé par les autorités sanitaires, a laissé des traces bien au-delà des murs de la ferme. « On a tout perdu en quelques semaines : nos bêtes, notre travail, et une partie de notre confiance », a ajouté un autre éleveur, sous couvert d’anonymat. Les déclarations recueillies par le média environnemental mettent en lumière l’impact psychologique et économique de cette crise.
La dermatose bovine, maladie rare mais contagieuse, avait été détectée fin 2025 dans plusieurs exploitations du secteur. Les autorités vétérinaires avaient ordonné l’élimination des troupeaux contaminés pour éviter une propagation. À Pouilley-Français, la ferme des Lhomme figurait parmi les plus touchées. Aujourd’hui, malgré la réintroduction de nouveaux animaux, l’ombre de cette décision plane toujours. « On fait semblant d’avancer, mais on reste en état de choc », a précisé un proche de la famille.
Cette situation illustre les défis auxquels font face les éleveurs face aux crises sanitaires, qu’elles soient d’origine infectieuse ou environnementale. En France, les épisodes de fièvre catarrhale ovine ou de tuberculose bovine ont déjà montré à quel point ces événements pouvaient fragiliser des exploitations familiales. À Pouilley-Français, l’histoire de la ferme des Lhomme rappelle que la résilience des éleveurs passe aussi par un accompagnement adapté, au-delà des indemnisations immédiates.
Pour l’heure, les Lhomme attendent. Entre l’espoir d’un nouveau départ et la douleur de ce qui a été perdu, le temps semble suspendu. Comme l’a résumé un voisin : « Ils ont leurs bêtes, mais ils n’ont plus leur insouciance d’avant. »
La dermatose bovine est une maladie cutanée rare qui touche les bovins. Elle se caractérise par des lésions sur la peau et peut entraîner des complications graves si elle n’est pas maîtrisée. La transmission se fait principalement par contact direct entre animaux ou via des vecteurs mécaniques, comme des outils contaminés. En France, les cas sont exceptionnels mais font l’objet d’une gestion sanitaire stricte pour éviter les épidémies.
