Lundi 24 mars, le tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité a condamné le journaliste malien Youssouf Sissoko à deux ans de prison ferme pour avoir publié un article critiquant le chef de la junte au pouvoir au Niger, Abdourahamane Tiani.
Ce qu'il faut retenir
- Le journaliste Youssouf Sissoko a été condamné à deux ans de prison ferme pour un article critiquant le chef de la junte au Niger.
- L'article, publié dans le journal L'Alternance, accusait le chef de la junte de mensonge et de faire du Niger un « laboratoire pour une expérimentation politique toxique ».
- Le tribunal a également condamné le journaliste à payer un million de francs CFA (1 500 euros) de dommages et intérêts.
Le jugement a été prononcé dans un contexte de rétrécissement des libertés dans le pays dirigé d'une main de fer par des militaires. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui sont dirigés par des juntes issues de coups d'Etat commis entre 2020 et 2023, ont formé l'Alliance des Etats du Sahel (AES). Ancienne puissance coloniale, la France entretient des relations glaciales avec les régimes militaires de l'AES.
Un contexte historique complexe
La junte au pouvoir au Niger a pris le pouvoir en 2023 et s'est rapprochée de la Russie, ce qui a entraîné une réaction négative de la France et de ses alliés. Le chef de la junte, Abdourahamane Tiani, a accusé la France, la Côte d'Ivoire et le Bénin d'être impliqués dans une attaque contre l'aéroport de Niamey à la fin de janvier, revendiquée par le groupe Etat islamique.
Vousssouf Sissoko, chef de la publication du journal L'Alternance, a publié un article le 2 février reprochant au chef de la junte de mensonge et de faire du Niger un « laboratoire pour une expérimentation politique toxique ». M. Sissoko a été arrêté le 5 février et placé en détention pour « diffusion de fausses informations, atteinte à la réputation de l'Etat et insulte à l'égard d'un chef d'Etat étranger », a fait savoir l'Association de la presse privée.
Les réactions des acteurs
Le verdict a été condamné par l'Association des éditeurs de presse privée du Mali, qui a déclaré que « le verdict n'est pas du tout en faveur de l'apaisement ». L'association a indiqué que « nous allons faire appel ».
Le Mali occupe la 119e place sur 180 pays et territoires au classement 2025 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. Ce classement souligne la régression de la liberté de la presse dans le pays.
L'AES est une alliance entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui ont formé une alliance pour lutter contre les menaces terroristes et sécuritaires dans la région.
Le classement est un indicateur de la liberté de la presse dans les pays du monde. Il prend en compte la situation de la presse, les attaques contre les journalistes et les libertés fondamentales.
Le Monde avec AFP
