Un incident aérien survenu en 2021 en Corée du Sud, impliquant deux chasseurs F-15K, a été attribué à une séance de prises de vue en vol. Selon Capital, l’accident, qui avait causé des dégâts estimés à plus de 500 000 euros, trouve désormais son explication dans l’initiative d’un pilote souhaitant immortaliser son dernier vol avec son unité.
Ce qu'il faut retenir
- Deux F-15K sud-coréens sont entrés en collision en 2021 près de Daegu.
- Les dégâts matériels s’élevaient à 600 000 dollars, soit environ 500 000 euros.
- L’accident a été causé par la prise de photos en vol avec un téléphone portable.
- Le pilote responsable a écopé d’une amende de 50 000 euros, soit dix fois moins que la somme initialement réclamée.
- L’armée sud-coréenne a pointé un manque de réglementation sur l’usage des téléphones en vol.
Un vol en mission transformé en séance photo
Le 22 novembre 2021, deux chasseurs F-15K de l’armée de l’air sud-coréenne opéraient une mission au-dessus de la ville de Daegu, dans le sud-est du pays. Alors que les deux appareils revenaient vers leur base, l’un des pilotes a décidé de prendre des photos avec son téléphone portable, une pratique qu’il avait annoncée avant le décollage. Selon le conseil d’audit sud-coréen, cette habitude était partagée par plusieurs membres de l’unité.
En voyant son collègue photographier l’événement, le pilote de l’avion en tête a demandé à un autre membre de l’équipage de filmer la scène. Pour faciliter la prise de vue, le deuxième chasseur a augmenté son altitude et s’est rapproché dangereusement du premier appareil. La manœuvre a conduit à une collision entre les deux avions, endommageant l’aile gauche du premier et le stabilisateur arrière du second. L’incident aurait pu dégénérer en catastrophe si les pilotes n’avaient pas réussi à ramener leurs appareils à la base.
Une amende réduite pour des circonstances atténuantes
L’armée sud-coréenne avait initialement réclamé au pilote responsable une indemnisation de 880 millions de wons, soit environ 500 000 euros, pour couvrir les réparations des deux appareils. Cependant, l’autorité administrative a finalement infligé une amende de 50 000 euros seulement, soit un dixième de la somme initiale. Cette décision s’explique par plusieurs facteurs, notamment le bon dossier du pilote au sein de l’institution et son sang-froid pour éviter des dommages supplémentaires.
Dans son rapport, l’armée a également pointé du doigt l’absence de règles claires concernant l’usage des téléphones portables en vol. Selon Capital, cette pratique, bien que répandue, n’était encadrée par aucune directive spécifique au moment des faits. Aucune information n’a été rendue publique concernant d’éventuelles sanctions contre les autres membres impliqués dans cette prise de vue improvisée.
Un incident médiatisé en 2021, des leçons à tirer
L’accident de 2021 avait marqué les esprits en Corée du Sud, non seulement en raison de son caractère évitable, mais aussi parce qu’il avait soulevé des questions sur la discipline et les procédures au sein de l’armée de l’air. La BBC, qui avait couvert l’événement à l’époque, avait souligné l’absence d’explication claire sur les causes de la collision jusqu’à aujourd’hui. La révélation de la véritable origine de l’incident apporte désormais un éclairage nouveau sur les dysfonctionnements opérationnels.
Ce cas illustre les risques liés à l’utilisation non régulée des appareils électroniques en milieu aérien militaire. Les téléphones portables, bien que pratiques pour la communication et la documentation, peuvent devenir une source de distraction ou de perturbation, surtout lorsqu’ils sont utilisés en vol. L’incident de Daegu rappelle l’importance de former les pilotes aux bonnes pratiques et de renforcer les protocoles de sécurité.
Reste à savoir si d’autres membres de l’unité impliquée dans l’incident de 2021 feront l’objet de mesures disciplinaires. Pour l’heure, les autorités n’ont pas communiqué sur ce point, laissant planer un certain flou sur l’étendue des responsabilités dans cette affaire.
La sanction retenue contre le pilote – une amende de 50 000 euros – s’explique par son bon dossier antérieur et son comportement après l’incident. L’armée a salué son sang-froid pour ramener les appareils sans aggravation des dommages, ce qui a joué en sa faveur lors de l’évaluation de la peine.