Une équipe dirigée par le physicien suédois Anders Nilsson a récemment publié dans Science une étude révélant une découverte révolutionnaire sur l'eau à basse température, comme le rapporte Le Monde. Selon cette recherche, l'eau présenterait un deuxième point critique à basse température, similaire à celui observé à haute température. Ce point critique marquerait un comportement de l'eau liquide et de la vapeur comme un superfluide à partir de 374 °C.

Ce qu'il faut retenir

  • Deuxième point critique de l'eau à basse température identifié
  • Comportement similaire au superfluide observé à haute température
  • Découverte publiée dans Science par une équipe dirigée par Anders Nilsson

Changement de phases à très basse température

À des températures très basses et sous haute pression, les chercheurs ont observé un changement brusque entre deux états de l'eau : une phase de basse densité avec des molécules éloignées et une phase de haute densité avec un empilement compact. Cependant, au-dessus de -63 °C et de 1 000 atmosphères, ils ont constaté que les deux états ne pouvaient plus être distingués, laissant place uniquement à des variations locales de structure.

Une avancée majeure dans la recherche

Cette découverte, longtemps attendue par la communauté scientifique, met fin à des décennies de débats. Jean-Marc Zanotti, directeur de recherche au laboratoire Léon-Brillouin du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, souligne que l'existence d'un point critique de l'eau à basse température a été un sujet de controverse depuis les années 1980. Toutes les expériences antérieures avaient échoué à prouver son existence, les échantillons se transformant en glace cristalline à proximité de la température critique.

La prouesse technique de ces expériences réside dans l'utilisation des lasers à rayons X à très haute fréquence, souligne Frédéric Caupin, professeur de physique à l'université Claude-Bernard Lyon-I. Grâce à eux, on peut faire un cliché instantané de la matière.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront probablement en une validation et une confirmation supplémentaires de cette découverte révolutionnaire, ouvrant de nouvelles perspectives dans la compréhension du comportement de l'eau à très basse température.