Une figure de la majorité de Valérie Pécresse à la région Île-de-France vient de franchir un pas décisif à droite. Selon Le Figaro, Murielle Martin-Cham, conseillère régionale engagée en Seine-Saint-Denis depuis 2021, a annoncé son départ des Républicains (LR) pour rejoindre l’Union des droites pour la République (UDR), parti présidé par Éric Ciotti, maire de Nice et président du Rassemblement national.
Ce qu'il faut retenir
- Murielle Martin-Cham quitte les Républicains après plusieurs années au sein de la majorité d’Île-de-France dirigée par Valérie Pécresse.
- Elle rejoint l’UDR, parti allié au Rassemblement national, dirigé par Éric Ciotti.
- Son départ est motivé par une critique de la dérive de LR vers le « bloc central », jugé trop proche de la macronie.
- Elle dénonce une perte des valeurs libérales et économiques de la droite au sein de son ancien parti.
- Cette transition s’inscrit dans un mouvement de recomposition à droite, selon les « ciottistes ».
Une « prise de guerre » pour l’UDR et le RN
L’arrivée de Murielle Martin-Cham au sein de l’UDR est présentée comme une « prise de guerre » par les partisans d’Éric Ciotti. D’après Le Figaro, cette défection illustre ce que certains observateurs qualifient de « tectonique des plaques à droite ». L’élue francilienne, jusqu’alors membre de la majorité régionale présidée par Valérie Pécresse, justifie son choix par un rejet de la ligne politique de LR.
Dans un entretien au Figaro, elle explique avoir été déçue par l’évolution de son ancien parti, qu’elle accuse de s’être « dissous dans le bloc central ». Pour elle, cette stratégie revient à abandonner les fondamentaux de la droite, notamment en matière d’économie libérale. « Comment voulez-vous que les idées de la droite, notamment en termes d’économie libérale, puissent être demain défendues par LR qui se rallie à la macronie où il y a aussi bien des gens de droite que de gauche ? », s’interroge-t-elle, avant d’ajouter : « Cela ne peut pas marcher : les idées ne sont… »
Critique du « en même temps » et du partage du pouvoir
Murielle Martin-Cham reproche aux Républicains d’avoir adopté une logique de « en même temps », selon ses termes, qui les a éloignés de leur ADN originel. Pour elle, le parti de Bruno Retailleau s’est transformé en un rassemblement de personnalités cherchant avant tout à conserver et partager le pouvoir, au détriment des convictions affichées. « Plus que jamais, j’entends être présent », a-t-elle déclaré, marquant ainsi sa volonté de s’engager dans un projet politique plus affirmé.
Son départ intervient dans un contexte de recomposition de la droite, marquée par les tensions entre les partisans d’une alliance avec le centre et ceux qui prônent un ancrage plus marqué à droite, voire à l’extrême droite. Éric Ciotti, dont l’UDR est officiellement alliée au Rassemblement national, mise sur ces transferts de personnalités pour élargir son influence.
Un contexte politique en pleine mutation
La démission de Murielle Martin-Cham s’ajoute à d’autres mouvements récents au sein de la droite française. Bruno Retailleau, président des Républicains, a récemment réaffirmé son indépendance vis-à-vis d’Édouard Philippe, tout en critiquant les rapprochements avec le centre. Ces repositionnements interviennent alors que la droite cherche à définir sa stratégie face à la montée en puissance du Rassemblement national, qui a réalisé des scores historiques lors des dernières élections.
Éric Ciotti, après sa victoire à la mairie de Nice en 2025, a clairement affiché son ambition nationale. Dans une interview au JDD, il a résumé sa doctrine économique en trois piliers : la liberté d’entreprendre, la souveraineté stratégique de la France et la défense du travail qui paie. Ces thèmes, portés par l’UDR, trouvent un écho croissant auprès d’électeurs déçus par les partis traditionnels.
Murielle Martin-Cham, dont le parcours illustre les fractures internes à LR, pourrait devenir une figure montante au sein de l’UDR. Son engagement en Seine-Saint-Denis, territoire traditionnellement ancré à gauche, pourrait aussi renforcer l’ancrage territorial de son nouveau parti.
Des réactions attendues dans les prochains jours
Selon Le Figaro, les Républicains n’ont pas encore réagi officiellement à cette défection. Bruno Retailleau, interrogé sur l’avenir de LR, a récemment évoqué un possible rapprochement avec d’autres forces de droite, sans pour autant préciser de calendrier. De son côté, Éric Ciotti a salué l’arrivée de Murielle Martin-Cham, y voyant une confirmation de la pertinence de sa stratégie d’alliance avec l’extrême droite.
Cette affaire rappelle les tensions persistantes au sein de la droite française, tiraillée entre modération et radicalisation. Alors que les prochaines élections approchent, les repositionnements politiques pourraient s’accélérer, redessinant une fois de plus la carte de l’opposition.
L’Union des droites pour la République (UDR) est un parti politique français fondé en 2022, allié au Rassemblement national. Il se présente comme une force de droite radicale, prônant une ligne économique libérale et une stricte souveraineté nationale. Son président est Éric Ciotti, maire de Nice et figure montante de l’extrême droite.
Murielle Martin-Cham justifie son départ par le rejet de la dérive de LR vers le « bloc central », jugé trop proche de la macronie. Elle critique également la perte des valeurs libérales et économiques de la droite au sein de son ancien parti, estimant que LR ne défend plus ses idées.