Alors que la France et l’Europe s’apprêtent à vivre les vacances de Pâques, un nouveau variant du Covid-19 suscite l’attention des autorités sanitaires outre-Atlantique. Selon Capital, le sous-type BA.3.2, surnommé «Cicada» en raison de sa progression discrète mais constante, circule désormais dans 23 pays. Identifié pour la première fois en Afrique du Sud en septembre 2025, ce variant se distingue par sa capacité à toucher principalement les enfants âgés de 3 à 15 ans, un profil inhabituel dans la pandémie récente.
Ce qu'il faut retenir
- Le variant BA.3.2 «Cicada» circule dans 23 pays, dont les États-Unis, où il progresse depuis septembre 2025.
- Ce sous-type infecte surtout les enfants de 3 à 15 ans, selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).
- Son évolution reste lente, et aucun cas n’a encore été détecté en France à ce jour.
- Les experts estiment que les vaccins actuels restent efficaces contre ce variant.
- En Allemagne, il a représenté 30 % des nouvelles infections entre novembre 2025 et janvier 2026, avant de décliner.
D’après les informations rapportées par CNN et relayées par Capital, ce variant ne présente pas de danger immédiat en termes de gravité. Cependant, sa spécificité – une transmission plus marquée chez les enfants – intrigue les virologues. Tulio de Oliveira, directeur du Centre de réponse et d’innovation aux épidémies, a expliqué à la chaîne américaine que « le variant BA.3.2 semble infecter les enfants », sans pour autant en connaître la raison précise. Certains spécialistes évoquent une immunité plus fragile chez les plus jeunes, tandis que d’autres soulignent leur exposition accrue aux virus en raison de leur environnement social.
Côté Europe, les données disponibles montrent que le «Cicada» a déjà marqué sa présence. En Allemagne, il a représenté environ 30 % des nouvelles infections entre novembre 2025 et janvier 2026, avant que sa progression ne ralentisse. Marc Johnson, professeur de microbiologie moléculaire et d’immunologie à l’Université du Missouri, estime que « BA.3.2 pourrait devenir la variante dominante », tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’un variant radicalement différent des précédents. Aux États-Unis, sa diffusion reste lente, et les hospitalisations comme les décès n’ont pas connu d’augmentation notable.
Un variant sous surveillance, mais sans alerte sanitaire
Les experts interrogés par Capital s’accordent sur un point : à ce stade, les vaccins disponibles conservent leur efficacité face au «Cicada». Tulio de Oliveira a confirmé à CNN qu’« aucun signe d’augmentation des hospitalisations et des décès » n’a été observé, grâce à l’immunité acquise par la vaccination et les infections précédentes. Pour autant, les virologues appellent à la prudence. « Il est important de garder un œil dessus », a souligné Marc Johnson, tout en rappelant que ce variant reste « inhabituel » par sa cible démographique.
Côté France, les autorités sanitaires n’ont signalé aucun cas détecté à ce jour. Interrogé sur le sujet, un porte-parole de Santé publique France a indiqué que « la surveillance des variants se poursuit en routine, mais aucun signal particulier n’a été remonté concernant BA.3.2 ». Une position rassurante, d’autant que les niveaux de circulation du Covid-19 restent bien inférieurs à ceux observés lors des vagues précédentes. Cependant, la situation pourrait évoluer, comme le rappelle Tulio de Oliveira : « Rien n’est figé avec ce virus. »
Des questions sans réponse, mais un scénario à suivre
L’une des énigmes soulevées par ce variant concerne sa capacité à cibler les enfants. Selon les explications fournies par le directeur du Centre de réponse et d’innovation aux épidémies, cette particularité pourrait s’expliquer par une immunité moins durable chez les plus jeunes. « Leur protection diminue plus rapidement que celle des adultes », a-t-il précisé. Une hypothèse qui rejoint les observations faites lors de précédentes épidémies virales, comme la grippe, où les enfants sont souvent plus exposés en raison de leur vie en collectivité.
Pour le chef du service de diagnostic des maladies infectieuses à l’université de Washington, cité par Capital, ce variant se comporte « comme n’importe quel autre virus respiratoire ». Rien ne permet donc d’affirmer qu’il représente une menace inédite. « Pour le moment, nous ne voyons aucun signe d’aggravation », a-t-il déclaré. Pourtant, la prudence reste de mise, d’autant que le «Cicada» a déjà franchi les frontières de plusieurs continents. Son évolution en Allemagne, où il a connu un pic puis un déclin, illustre la volatilité des variants du Covid-19.
En attendant, les recommandations restent inchangées : maintenir les gestes barrières en cas de symptômes, et se faire vacciner si nécessaire. Les campagnes de rappel, notamment pour les populations fragiles, se poursuivent en France. « La vigilance est de mise, mais il n’y a pas lieu de s’alarmer », a résumé un épidémiologiste contacté par Capital.
À ce jour, aucune explication scientifique définitive n’a été avancée. Les spécialistes évoquent une immunité moins durable chez les jeunes, ainsi qu’une exposition accrue aux virus en milieu collectif (écoles, activités extrascolaires). Tulio de Oliveira, directeur du Centre de réponse et d’innovation aux épidémies, a indiqué à CNN que cette particularité pourrait également s’inscrire dans un schéma similaire à celui d’autres virus respiratoires, comme la grippe.
