Le studio danois IO Interactive, connu pour sa licence Hitman, signe le retour de James Bond en jeu vidéo avec 007 First Light, un titre attendu comme l'un des grands événements de l'année 2026, selon Numerama. Alors que les écrans de cinéma restent orphelins du célèbre agent depuis cinq ans, après le départ de Daniel Craig, ce jeu vient combler un vide pour les joueurs en attendant le prochain film. Mais cette adaptation parviendra-t-elle à incarner l'héritage d'une saga aussi prestigieuse ?

Ce qu'il faut retenir

  • Premier Bond en jeu vidéo depuis 2012 avec 007 Legends, considéré comme un échec, ce titre marque un retour en force du personnage sur consoles et PC.
  • Un mélange de gameplay inspiré de Uncharted (action-aventure spectaculaire) et de Hitman (infiltration), avec une histoire 100 % originale écrite pour le jeu.
  • Le studio mise sur une mise en scène spectaculaire, des environnements variés et une narration riche, mais accuse des lacunes techniques (IA médiocre, bugs, absence de doublage français).
  • Le jeu dure une vingtaine d'heures et propose un système de gadgets à choisir avant chaque mission, bien que la discrétion ne soit pas toujours récompensée.
  • Malgré des défauts de réalisation, 007 First Light séduit par son ambition et son immersion, s'affichant comme un hommage à l'univers cinématographique de Bond.

Un Bond revisité par un studio inattendu

Alors que le cinéma tarde à dévoiler le visage du successeur de Daniel Craig dans le rôle de l'agent 007, IO Interactive — créateur de la série Hitman — prend les devants avec 007 First Light. Le studio, basé au Danemark, a hérité de la lourde tâche de relancer une licence absente des écrans de jeu depuis 14 ans, après l'échec critique et commercial de 007 Legends en 2012. Pourtant, l'univers de Bond n'avait brillé qu'une seule fois sur consoles, en 1997, avec Goldeneye 007 sur Nintendo 64, considéré comme un pionnier du FPS sur console.

Selon Numerama, cette absence prolongée contrastait avec le succès des adaptations d'autres franchises cinématographiques en jeu vidéo, comme Spider-Man, Star Wars ou Indiana Jones. D'où la pression sur IO Interactive pour proposer une expérience à la hauteur. Dès 2020, le projet était évoqué, mais il a fallu attendre mai 2025 pour une annonce officielle, confirmant que le jeu s'inspirerait davantage de Uncharted — référence du jeu d'action-aventure spectaculaire — que de la franchise signature du studio.

Une aventure qui mêle action, infiltration et spectacle

L'histoire de 007 First Light se déroule bien avant l'entrée de James Bond dans les services secrets britanniques. Le joueur incarne un jeune agent de la Navy, survivant d'un crash d'hélicoptère en Islande, qui doit déjouer les plans d'une organisation secrète pour sauver des agents du MI6 capturés. Dès l'introduction, le jeu mise sur une mise en scène cinématographique, avec des séquences d'action scriptées, des environnements variés et une direction artistique soignée, portée par le moteur physique Glacier du studio.

Cependant, la réalisation peine à atteindre le niveau des productions next-gen actuelles. Si les paysages et les effets visuels captivent régulièrement, l'animation des personnages et les mouvements de l'agent 007 — interprété par l'acteur irlandais Patrick Gibson — peuvent paraître datés. Les phases de jeu linéaires, les séquences d'escalade ou de conduite, ainsi que des temps de chargement anormalement longs sur PS5 Pro, rappellent que le budget a dû être optimisé, notamment avec des placements de produits parfois mal intégrés à l'univers (comme des distributeurs de Coca-Cola, contrairement à Aston Martin, justifié par le lore de la saga).

Un scénario ambitieux et un humour typique de Bond

L'histoire de 007 First Light est une création originale, totalement déconnectée des films ou des romans de Ian Fleming. Elle exploite pourtant tous les codes de la franchise : rebondissements imprévisibles, trahisons, drames, et un humour sarcastique typique de l'agent secret. Les scénaristes n'hésitent pas à se moquer des géants de la tech et de l'IA générative en créant un antagoniste inspiré d'Elon Musk. Le ton est donné dès les premières répliques, avec des punchlines aussi décalées que machistes, portées par des personnages secondaires hauts en couleur, dont certains sont interprétés par des célébrités comme Lenny Kravitz.

Le jeu met en scène des figures emblématiques de l'univers de Bond, comme M, Moneypenny et Q, joués par des acteurs reconnus. Leur interprétation, ainsi que celle de Patrick Gibson dans le rôle-titre, sauve la mise face à une réalisation parfois inégale. L'écriture du scénario, saluée par la critique, compense largement les lacunes techniques, offrant une aventure riche en émotions et en surprises.

Un gameplay qui oscille entre réussite et frustration

Sur le papier, 007 First Light propose un mélange audacieux : infiltrations discrètes, combats au corps à corps, séquences de tir et phases d'action spectaculaires. Le système de gadgets, à choisir avant chaque mission, ajoute une dimension stratégique. Pourtant, l'expérience est souvent gâchée par une intelligence artificielle ennemie défaillante, des combats peu précis, et une infiltration qui frise parfois la frustration. Le jeu pousse en effet le joueur à éviter les confrontations directes, mais la meilleure stratégie reste souvent de déclencher une baston générale, tant les ennemis sont peu réactifs.

Les combats au corps à corps, les gunfights et les séquences de conduite manquent de punch et de réalisme. Les environnements, bien que magnifiquement conçus, souffrent de bugs d'affichage et d'artefacts grossiers. Pourtant, ces défauts s'estompent au fil des chapitres, à mesure que le joueur s'immerge dans l'histoire. Le jeu, qui dure une vingtaine d'heures, voit sa qualité s'améliorer progressivement, jusqu'à offrir des scènes de mise en scène spectaculaire et des moments marquants.

Une immersion qui compense les faiblesses techniques

Malgré ses lacunes, 007 First Light parvient à créer une immersion rare dans un jeu d'action-aventure. Le joueur est constamment tenu en haleine par un rythme bien dosé, des panoramas grandioses et des rebondissements constants. Le titre s'inspire clairement de Uncharted, avec des séquences d'action spectaculaires et une narration haletante. Le studio danois évite l'écueil d'un jeu trop linéaire, en proposant des micro-défis pour les joueurs souhaitant privilégier la discrétion.

Selon Numerama, c'est cette capacité à mêler spectacle, émotion et variété qui sauve 007 First Light. Même si le réalisme et la crédibilité sont parfois mis à mal, le jeu réussit son pari : immerger le joueur dans une aventure dignes de l'univers de Bond. Le level design et la direction artistique sont salués, même si le manque de budget se fait sentir face à des productions exclusives PlayStation plus abouties.

Et maintenant ?

La sortie de 007 First Light ouvre la voie à une possible série de jeux vidéo centrés sur l'agent 007, à condition que le titre rencontre un succès commercial suffisant. Le studio IO Interactive a d'ores et déjà posé les bases d'une suite, tant l'accueil critique et public semble positif malgré les défauts de réalisation. La franchise cinématographique, elle, devrait connaître un nouveau départ avec l'annonce prochaine de l'acteur qui incarnera James Bond après Daniel Craig — une décision qui pourrait relancer l'intérêt pour l'univers dans son ensemble.

Avec ce titre, IO Interactive prouve qu'elle peut s'affranchir de sa licence phare pour s'attaquer à une franchise aussi exigeante que James Bond. Malgré des défauts évidents, 007 First Light offre une expérience divertissante, immersive et fidèle à l'esprit de la saga. Pour les joueurs, c'est une excellente façon de patienter en attendant le retour du célèbre espion sur grand écran.

Patrick Gibson, acteur irlandais, incarne le jeune James Bond dans 007 First Light. Son interprétation est saluée par la critique pour son charisme et sa capacité à porter le personnage, malgré un jeu parfois critiqué pour ses animations datées.

Non, le jeu n'est disponible qu'en anglais. Selon Numerama, le manque de budget, lié à des contraintes financières chez Amazon MGM Studios, explique l'absence de version française. Seuls les sous-titres sont proposés.