Cuba traverse actuellement une crise sanitaire sans précédent, en grande partie imputable à une pénurie de carburant qui perturbe le fonctionnement des hôpitaux et entrave la collecte des déchets. Le blocus pétrolier imposé par les États-Unis aggrave cette situation, rendant l’accès aux soins et aux traitements encore plus difficile pour la population, notamment pour les personnes souffrant de maladies chroniques.

Ce qu’il faut retenir

  • Pénurie de carburant due au blocus américain, perturbant les hôpitaux et la collecte des ordures
  • Propagation d’épidémies favorisée par l’accumulation de déchets et l’arrêt des services de santé
  • Difficultés accrues pour les patients chroniques à suivre leurs traitements médicaux
  • Crise sanitaire inédite à Cuba, selon les observateurs internationaux

Un blocus pétrolier qui paralyse les infrastructures

Le carburant manque cruellement à Cuba, où les importations en provenance des États-Unis ont été drastiquement réduites en raison des sanctions économiques en vigueur. Selon Le Monde, cette pénurie perturbe non seulement le transport des patients et du personnel soignant, mais aussi l’alimentation des générateurs électriques dans les hôpitaux. Sans carburant, les blocs opératoires peinent à fonctionner normalement, et les services d’urgence sont régulièrement interrompus.

Autre conséquence directe de cette crise énergétique : le ramassage des ordures ménagères est perturbé dans plusieurs villes du pays. Les déchets s’accumulent, créant un environnement propice à la prolifération de maladies infectieuses. À La Havane, par exemple, les habitants dénoncent une augmentation des nuisibles et des risques sanitaires liés à cette situation.

Des épidémies en hausse et des traitements interrompus

La propagation d’épidémies à Cuba s’accélère en raison de cette crise structurelle. Les autorités sanitaires locales signalent une recrudescence de maladies telles que la dengue, le Zika ou encore la gastro-entérite. Les hôpitaux, déjà sous tension, peinent à absorber l’afflux de patients, d’autant que certains centres de soins ont dû réduire leurs activités faute de ressources.

Pour les personnes souffrant de pathologies chroniques — comme le diabète, l’hypertension ou l’asthme — la situation est particulièrement critique. «

On manque de médicaments, on manque de tout. Comment suivre un traitement quand les pharmacies n’ont plus rien à vendre ?
» a déclaré un médecin de l’hôpital Calixto García, à La Havane. Les stocks de médicaments essentiels, souvent importés, se raréfient, forçant certains patients à se tourner vers des alternatives non contrôlées.

Un contexte économique déjà fragile

Cette crise sanitaire survient dans un contexte économique déjà très tendu pour Cuba. Depuis plusieurs années, l’île subit les conséquences de l’embargo américain, qui limite ses échanges commerciaux et freine son développement. Le tourisme, secteur clé de l’économie cubaine, a également été fortement impacté par la pandémie de Covid-19, aggravant les difficultés financières de l’État.

Face à cette situation, le gouvernement cubain a multiplié les appels à la levée des sanctions américaines, sans succès pour l’instant. Les autorités locales tentent de réorganiser les services publics pour limiter l’impact de la pénurie, mais les moyens manquent. Les hôpitaux continuent de fonctionner grâce à des stocks de carburant et de médicaments de plus en plus maigres.

Et maintenant ?

La situation pourrait encore se dégrader dans les prochains mois si les sanctions américaines ne sont pas assouplies. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’ampleur des épidémies et la capacité des autorités à maintenir un minimum de services de santé. Une aide humanitaire internationale pourrait-elle être envisagée ? Rien n’est moins sûr, dans un contexte géopolitique toujours aussi tendu.

Pour l’instant, les Cubains doivent composer avec une crise sanitaire qui s’ajoute à une crise économique et sociale déjà profonde. La question reste entière : jusqu’où le système de santé cubain, autrefois considéré comme un modèle en Amérique latine, pourra-t-il résister à ces pressions cumulées ?

Selon Le Monde, les épidémies de dengue, de Zika et de gastro-entérite sont particulièrement en hausse. L’accumulation des déchets et les perturbations dans les hôpitaux favorisent la propagation de ces maladies.

Non, la crise est multifactorielle. Le blocus américain aggrave une situation déjà difficile, marquée par des décennies d’embargo et les conséquences de la pandémie de Covid-19, qui a lourdement impacté l’économie cubaine.