Une école de cuisine bombardée à deux reprises par l’armée israélienne, puis reconstruite dans l’urgence, a rouvert ses portes à Gaza début juillet 2026. Cette réouverture intervient dans un contexte de trêve fragile, en vigueur depuis octobre 2025, alors que les habitants tentent de se reconstruire entre les décombres et les pénuries persistantes. Selon France 24, l’établissement symbolise à la fois la résilience des Gazaouis et les défis d’une reprise économique dans une région dévastée.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux bombardements en 2025 et début 2026 ont réduit l’école en ruines, avant sa reconstruction grâce à des financements locaux et internationaux.
  • La trêve en vigueur depuis octobre 2025 permet une reprise partielle des activités, mais les restrictions restent fortes.
  • Les étudiants palestiniens apprennent leur métier malgré la pénurie de matières premières, illustrant l’ingéniosité face à l’adversité.
  • Cette école est l’un des rares lieux de formation professionnelle encore fonctionnels dans la bande de Gaza.

Une réouverture symbolique après deux ans de guerre

L’école de cuisine, située dans le nord de Gaza, avait été touchée par des frappes aériennes israéliennes en mars 2025 puis en janvier 2026, selon les autorités locales. Ces attaques avaient endommagé ses infrastructures, réduisant une partie des équipements en cendres. Grâce à une mobilisation de la société civile et à des dons internationaux, les travaux de reconstruction ont débuté dès l’été 2025, parallèlement aux négociations de trêve.

« La réouverture de cette école est un message fort : malgré tout, nous continuons à avancer », a déclaré Ahmed Al-Masri, un responsable du ministère palestinien de l’Éducation, cité par France 24. Les cours ont repris officiellement le 3 juillet 2026, marquant une étape symbolique pour la jeunesse gazaouie en quête de normalité.

Un apprentissage malgré les pénuries

Dans les cuisines encore partiellement équipées, une dizaine d’étudiants suivent des formations intensives en cuisine palestinienne et internationale. Pourtant, les défis restent immenses : les livraisons de denrées de base comme la farine ou les épices sont irrégulières, et les prix flambent en raison des blocus partiels. Certains apprentis doivent improviser avec les rares ingrédients disponibles, comme le raconte Layla Hassan, 22 ans, inscrite depuis deux mois : « On apprend à faire des plats simples avec ce qu’on trouve. L’important, c’est de ne pas abandonner. »

Les enseignants, souvent d’anciens chefs formés à l’étranger avant le conflit, adaptent leurs méthodes. « On travaille avec ce qu’on a, même si c’est moins que ce qu’on voudrait », explique Mohammed Abu Khater, formateur et propriétaire d’un petit restaurant voisin. « L’objectif, c’est de donner aux jeunes un métier qui leur permettra de survivre, où qu’ils aillent. »

Un symbole de résilience dans un territoire meurtri

Gaza, sous blocus israélien depuis 2007 et frappée par cinq conflits majeurs depuis 2008, voit ses infrastructures civiles s’effondrer. Selon l’ONU, plus de 60 % des écoles et centres de formation ont été endommagés ou détruits depuis octobre 2023. Dans ce paysage, cette école de cuisine incarne une lueur d’espoir, mais aussi les limites d’une reconstruction à marche forcée.

Les Nations unies ont appelé à un soutien accru pour les projets de réhabilitation, soulignant que « sans investissements massifs, les efforts de reprise resteront marginaux ». Pour l’instant, les fonds proviennent surtout de dons privés et d’ONG locales, faute d’un plan de reconstruction coordonné entre belligérants et partenaires internationaux.

Et maintenant ?

La réouverture de l’école ne garantit pas sa pérennité. Les prochaines semaines seront cruciales : si la trêve tient, les livraisons de matériel et de denrées pourraient s’améliorer. En revanche, toute reprise des hostilités risquerait de tout anéantir à nouveau. Les autorités palestiniennes et les ONG préparent déjà un plan de contingence pour sécuriser les infrastructures éducatives. Une conférence internationale est prévue en septembre 2026 pour mobiliser des financements, mais aucun calendrier précis n’a encore été rendu public.

Les autorités israéliennes, contactées par France 24, n’ont pas réagi officiellement sur le sujet. Côté palestinien, les attentes sont claires : « On ne demande pas la charité, mais la possibilité de nous reconstruire », résume un membre de l’équipe pédagogique. Dans une région où chaque jour apporte son lot d’incertitudes, cette école reste un pari sur l’avenir.