Alors que la France étouffe sous une vague de chaleur précoce et que la guerre au Moyen-Orient s’intensifie, TotalEnergies a tenu son assemblée générale annuelle vendredi 29 mai 2026 à Courbevoie. Dans un contexte où le groupe enregistre des superprofits liés à la hausse des prix de l’énergie, Reporterre a pu échanger avec certains de ses actionnaires, dont l’indifférence face aux critiques soulève des questions.

Ce qu'il faut retenir

  • TotalEnergies a organisé son assemblée générale le 29 mai 2026 à Courbevoie (Hauts-de-Seine), dans un contexte caniculaire.
  • Le groupe profite de la hausse des prix de l’énergie, liée notamment à la guerre au Moyen-Orient, pour dégager des superprofits.
  • Les critiques sur l’impact climatique et social de ses activités n’ont pas suscité de réaction majeure parmi les actionnaires présents.
  • Des mesures de sécurité et de confort, comme la distribution d’eau, ont été mises en place en raison des fortes chaleurs.

Une assemblée générale sous haute chaleur

C’est sous un soleil écrasant que se tient l’assemblée générale de TotalEnergies à Courbevoie. Vendredi 29 mai 2026, la canicule s’installe sur la région parisienne, poussant les organisateurs à déployer des mesures de précaution. Des agents de sécurité arrivent ainsi avec des packs d’eau, distribués aux participants. La tour TotalEnergies, symbole du groupe dans le quartier de la Défense, accueille l’événement dans un environnement marqué par une tension climatique et géopolitique.

Les actionnaires, peu nombreux à réagir publiquement aux critiques, semblent prioriser les résultats financiers plutôt que les enjeux éthiques ou environnementaux. Pourtant, le contexte est explosif : la guerre au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix de l’énergie, bénéficiant directement aux géants pétroliers comme TotalEnergies.

Des profits record au cœur des débats

Selon Reporterre, qui a pu interroger certains actionnaires, ces derniers minimisent les reproches adressés au groupe. « Le malheur des uns fait le bonheur des pétroliers, c’est comme ça », aurait déclaré un investisseur sous couvert d’anonymat. Cette phrase résume l’état d’esprit dominant parmi les présents : la performance boursière prime sur toute autre considération.

Les chiffres, eux, parlent d’eux-mêmes. TotalEnergies a vu ses bénéfices exploser en 2025 et 2026, portés par la volatilité des marchés énergétiques. Le groupe, qui mise toujours sur les énergies fossiles malgré ses engagements climatiques, engrange des marges record. Pourtant, les questions sur la soutenabilité de ce modèle, face à l’urgence climatique, restent en suspens.

Une indifférence générale face aux enjeux climatiques

Sur place, les rares échanges entre actionnaires et journalistes se concentrent sur les dividendes et les perspectives de croissance. Les déclarations mettant en lumière l’impact environnemental des activités de TotalEnergies — comme l’expansion des projets gaziers ou pétroliers — ne suscitent aucune réaction notable. Les défenseurs de l’environnement, eux, dénoncent une stratégie de greenwashing et une opacité persistante sur les financements des énergies fossiles.

Un représentant d’une ONG climatique, présent en tant qu’observateur, a souligné l’absence de débat contradictoire lors de l’assemblée. « On a l’impression d’assister à une mascarade où les actionnaires valident des décisions sans même les discuter », a-t-il commenté. Le groupe, de son côté, réaffirme son engagement en faveur de la transition énergétique, sans pour autant renoncer à ses investissements dans les hydrocarbures.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour TotalEnergies pourrait être la publication de son rapport RSE 2026, attendu pour l’automne. Ce document devra détailler les progrès — ou l’absence de progrès — réalisés en matière de réduction des émissions et de diversification énergétique. Parallèlement, des associations et collectifs citoyens annoncent déjà des actions en justice pour contester les financements du groupe dans les énergies fossiles. La pression sur TotalEnergies ne devrait pas faiblir, surtout si les profits continuent de s’envoler.

Pour rappel, TotalEnergies reste l’un des principaux acteurs européens du secteur, avec une influence majeure sur les politiques énergétiques françaises et internationales. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le groupe ajustera sa stratégie face aux critiques croissantes.

TotalEnergies poursuit plusieurs projets majeurs, notamment l’expansion de ses activités gazières en Afrique et au Moyen-Orient, ainsi que le développement de nouveaux gisements pétroliers en Guyane française. Le groupe maintient également ses investissements dans les sables bitumineux canadiens, malgré les controverses environnementales.

Les actionnaires détiennent un pouvoir décisionnel lors des assemblées générales, où ils votent sur des résolutions stratégiques, financières ou environnementales. En 2026, des résolutions symboliques pourraient être proposées pour exiger plus de transparence sur les financements climatiques, mais leur adoption reste incertaine sans une mobilisation massive.