Quelques jours avant le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, l’aéroport international de Los Angeles (LAX) s’apprête à accueillir des milliers de supporters. Pourtant, le principal aéroport californien reste réputé pour son organisation chaotique, ses embouteillages chroniques et ses navettes confuses, selon Le Figaro.
Ce qu’il faut retenir
- LAX voit circuler environ 95 000 véhicules par jour dans sa zone centrale, un trafic qui paralyse régulièrement l’accès aux terminaux.
- Le système de prise en charge des VTC et taxis, via la zone dédiée LAX-it, reste méconnu ou mal indiqué, malgré son rôle clé.
- Le train automatique SkyLink, promis depuis 2019, n’est toujours pas opérationnel en mai 2026 et circule à vide lors des tests.
- Un code couleur (vert, violet, rose, rouge) guide les voyageurs, mais sa lisibilité est souvent mise à mal par une signalétique complexe.
- Les autorités misent sur des navettes spéciales pour la Coupe du monde, mais leur efficacité dépendra des conditions de circulation.
Un aéroport taillé pour la voiture, mais étouffé par elles
Avec ses 95 000 véhicules qui transitent quotidiennement dans son secteur central, LAX incarne les contradictions d’une ville où la voiture reste le mode de transport roi, mais au prix d’un trafic infernal. Le célèbre « horseshoe », cette voie en forme de fer à cheval reliant les terminaux, se transforme en périphérique miniature aux heures de pointe. « On klaxonne, on cherche un panneau, on hésite devant des navettes qui se ressemblent toutes », témoigne TJ James, un voyageur australien arrivé avec sa famille, selon les propos rapportés par l’AFP.
Pourtant, l’aéroport californien n’est pas en reste en matière de modernisation. Depuis mars 2026, un grand centre de location de voitures regroupe désormais les principales enseignes, une amélioration saluée par les voyageurs souhaitant explorer la région. Mais ce progrès reste incomplet : il faut toujours emprunter les navettes violettes « Rental Car Shuttles » pour y accéder, faute de liaison directe.
LAX-it, ce système de prise en charge des VTC qui déroute les voyageurs
Pour éviter l’anarchie des arrivées de taxis et de VTC devant les terminaux, les autorités ont mis en place LAX-it, une zone dédiée située près du terminal 1. Les voyageurs doivent s’y rendre à pied ou via une navette gratuite repérable aux panneaux verts. « Il n’y a pas de panneaux expliquant clairement où je dois aller », se désole TJ James, qui, malgré ses multiples passages à LAX, peine encore à s’y retrouver. « J’ai fait mes recherches, et je galère quand même. »
Pour les Français, le piège est encore plus courant : commander un Uber trop tôt peut se retourner contre soi. La plateforme indique que les navettes LAX-it passent environ toutes les cinq minutes, pour un trajet d’une quinzaine de minutes. Mais ce temps théorique ne tient pas compte des files d’attente, des bagages ou du décalage horaire qui suit un long-courrier. Uber et les autres services de transport doivent désormais opérer depuis cette zone, mais la signalétique peine à suivre.
SkyLink, le train automatique qui n’est toujours pas là
Lancé en 2019 et initialement prévu pour 2023, puis janvier 2026, le train automatique SkyLink, censé relier les terminaux au métro, aux parkings et au centre de location de voitures, reste un mirage. Ses rames circulent à vide lors des tests, mais aucune date ferme d’ouverture au public n’a été communiquée. Pour Joshua Schank, expert des transports à l’université UCLA, cité par l’AFP, ce retard est d’autant plus regrettable que Los Angeles, avec plus de 10 millions d’habitants, a « plus de travail » que d’autres métropoles américaines pour améliorer ses transports collectifs.
Le métro existant, bien que fonctionnel, souffre d’un maillage insuffisant pour couvrir l’ensemble de l’agglomération. À Los Angeles, « on ne *prend* pas spontanément les transports en commun : on organise une expédition », résume l’expert. Pour l’instant, les voyageurs doivent se contenter de navettes, quand ils ne choisissent pas la voiture individuelle – une option de plus en plus risquée aux abords des stades.
Un code couleur pour tenter de clarifier l’arrivée
Pour tenter de fluidifier les déplacements, LAX a instauré un code couleur : le vert pour LAX-it (taxis et VTC), le violet pour les navettes de location de voitures, le rose pour les transferts entre terminaux et transports publics, et le rouge pour les navettes hôtelières. Pourtant, ce système, censé simplifier la vie des passagers, ajoute souvent à la confusion. « Les bus ont souvent la même allure, et les arrêts se succèdent sur le trottoir des arrivées », observe un voyageur, illustrant les limites d’une signalétique qui doit être lue sous pression.
Les autorités rappellent que ce code est détaillé sur le site de l’aéroport et sur les applications mobiles. Mais pour ceux qui atterrissent pour la première fois, la pression du décalage horaire, des bagages et de l’urgence de rejoindre leur hôtel ou leur lieu de rendez-vous rend cette information difficile à assimiler en temps réel.
La Coupe du monde 2026, un test pour les transports de Los Angeles
Los Angeles accueillera huit matchs de la Coupe du monde 2026 au SoFi Stadium d’Inglewood, à quelques kilomètres de LAX. La ville mise sur des navettes spéciales et des lignes de métro renforcées pour éviter que chaque trajet ne se transforme en embouteillage. Metro Los Angeles annonce des services directs depuis plusieurs points de la région, avec un ticket maintenu à 1,75 dollar. Un tarif attractif, mais qui ne garantit pas un accès direct au stade : certains bus déposeront les supporters à 15 ou 20 minutes de marche de l’enceinte.
Pour les voyageurs, l’enjeu sera de choisir la bonne option. Louer une voiture offre une liberté appréciable pour explorer la Californie, mais devient un cauchemar les jours de match. Commander un VTC depuis LAX-it évite les files d’attente devant les terminaux, mais nécessite une bonne préparation. Utiliser le métro et les navettes est économique, mais demande une organisation rigoureuse. « Dans tous les cas, l’improvisation reste le plus mauvais compagnon de voyage », résume un habitué de LAX.
Les conseils pour atterrir à LAX sans perdre son calme
Pour éviter les pièges de LAX, les autorités et les voyageurs expérimentés recommandent une préparation minutieuse. « Préparez-vous », conseille Henrietta Henry, une Nigériane qui fréquente régulièrement l’aéroport. Pour elle, la première fois était « vraiment l’enfer ». Depuis, l’aéroport a évolué, mais LAX conserve cette réputation tenace : l’enfer n’est jamais bien loin du terminal.
Les experts insistent sur quatre points clés : ne pas prévoir de rendez-vous serré à la sortie de l’avion, connaître à l’avance son moyen de transport pour quitter l’aéroport (suivre les panneaux verts pour LAX-it, violets pour les locations de voitures), éviter de compter sur la marche à pied avec des bagages, et privilégier les navettes spéciales ou les transports publics les jours de match pour rejoindre le SoFi Stadium.
Alors que Los Angeles se prépare à accueillir le monde pour la Coupe du monde 2026, puis les Jeux olympiques en 2028, l’aéroport de LAX reste un symbole des défis logistiques d’une mégalopole où la voiture domine encore. Les améliorations récentes, comme le centre de location de voitures ou le code couleur, sont des pas dans la bonne direction. Mais pour que LAX cesse d’être une épreuve, il faudra attendre l’arrivée du train SkyLink – et peut-être une refonte plus globale de son organisation.
LAX souffre d’une saturation chronique due à son trafic automobile (95 000 véhicules par jour dans sa zone centrale) et à une signalétique complexe. Le « horseshoe », cette voie en fer à cheval reliant les terminaux, devient un périphérique miniature aux heures de pointe. De plus, les systèmes de prise en charge des VTC et taxis, comme LAX-it, restent méconnus ou mal indiqués, ajoutant à la confusion.
Le train SkyLink, initialement prévu pour 2023 puis janvier 2026, n’est toujours pas ouvert au public en mai 2026. Ses rames circulent à vide lors des tests, mais aucune date ferme d’ouverture n’a été communiquée par les autorités. Son lancement pourrait être accéléré en vue des Jeux olympiques de 2028.