À Nice, la ville reste épargnée par la crise immobilière qui frappe d’autres régions françaises. Pourtant, le marché locatif montre des signes d’essoufflement, faute de biens disponibles à la location. Selon Le Monde, la demande soutenue d’acheteurs étrangers maintient les prix de l’immobilier à un niveau élevé, voire en hausse.
Ce qu'il faut retenir
- Le marché locatif niçois est « quasiment à l’arrêt » en raison d’un manque criant de biens disponibles, selon Le Monde.
- Les prix de l’immobilier restent soutenus par une demande étrangère forte, notamment en provenance d’Europe du Nord et d’Amérique du Nord.
- La cité balnéaire échappe ainsi à la tendance baissière observée dans certaines grandes métropoles françaises.
Un marché locatif paralysé par le manque d’offres
À Nice, la location est devenue un exercice difficile pour de nombreux ménages. Les propriétaires boudent le marché locatif, préférant souvent vendre leurs biens, ce qui réduit encore davantage l’offre disponible. « Les loyers sont élevés, et les biens se font rares », explique un agent immobilier local cité par Le Monde. Les délais pour trouver un logement se prolongent, et certains candidats doivent se tourner vers des solutions temporaires, comme les résidences étudiantes ou les locations touristiques transformées en locations classiques.
Cette situation s’explique en partie par l’attractivité persistante de la ville, qui attire chaque année des milliers de nouveaux résidents, nationaux et internationaux. Pourtant, cette dynamique ne se traduit pas par une offre locative plus abondante. « On observe une pénurie de biens à louer, alors que la demande ne faiblit pas », souligne un responsable de la FNAIM des Alpes-Maritimes.
Les étrangers, principaux moteurs du marché immobilier niçois
Si le marché locatif est en difficulté, le secteur de la vente, lui, reste dynamique. Les acheteurs étrangers, notamment britanniques, suisses, belges et américains, représentent une part significative des transactions immobilières à Nice. Selon les données du notariat niçois, près de 30 % des ventes en 2025 impliquaient des ressortissants étrangers, un chiffre qui pourrait encore augmenter en 2026.
« Ces acquéreurs sont souvent à la recherche de résidences secondaires ou de placements immobiliers », explique une analyste du marché immobilier. « Nice, avec son climat, sa qualité de vie et son statut de ville européenne prisée, reste une destination de choix. » Les prix au mètre carré dans le centre-ville ou sur la Promenade des Anglais dépassent désormais les 8 000 euros, un niveau comparable à celui des grandes capitales européennes. Les quartiers résidentiels comme Cimiez ou Fabron voient également leurs prix s’envoler, tirés par cette demande étrangère.
Un contraste saisissant entre vente et location
Cette divergence entre marché locatif et marché de la vente reflète une tendance plus large en France, où les prix de l’immobilier restent élevés dans les zones touristiques et les grandes villes. À Nice, le phénomène est accentué par la spéculation immobilière et la transformation progressive de logements locatifs en résidences secondaires ou en investissements locatifs saisonniers. « Le marché locatif traditionnel est en train de disparaître », constate un économiste spécialisé dans l’immobilier.
Les pouvoirs publics locaux tentent de réagir, mais les solutions peinent à se concrétiser. La mairie a récemment lancé un appel à projets pour encourager la construction de logements intermédiaires, mais les délais administratifs et les coûts de construction freinent les ambitions. « On manque cruellement de logements abordables, et la situation pourrait s’aggraver si rien n’est fait », avertit un élu municipal sous couvert d’anonymat.
En attendant, les Niçois et les nouveaux arrivants devront composer avec un marché de plus en plus tendu. La question de l’équilibre entre attractivité touristique et accès au logement pour les résidents permanents reste entière — et les arbitrages politiques s’annoncent complexes.
La tension sur le marché locatif niçois s’explique par un manque criant de biens disponibles, combiné à une demande forte, notamment de la part de travailleurs saisonniers et de nouveaux résidents. Les propriétaires préfèrent souvent vendre plutôt que louer, ce qui réduit encore l’offre. Selon Le Monde, cette situation crée une pénurie qui fait mécaniquement monter les loyers et allonge les délais d’attente pour les locataires.
