Selon nos confrères de BFM Bourse, le groupe hôtelier Accor a été accusé par un vendeur à découvert, Grizzly Research, de manquements dans la lutte contre la traite des êtres humains. Cette accusation a entraîné une chute de 7% de l'action Accor à la Bourse de Paris ce jeudi 19 mars.

Le groupe Accor a démenti fermement ces allégations, assurant que « le groupe dément fermement toute implication dans l’exploitation systémique supposée liée à la traite d’êtres humains ou d’enfants ». Accor a également annoncé le lancement d'une enquête interne approfondie et la mise en place d'un cabinet externe pour vérifier les faits cités.

Ce qu'il faut retenir

  • Accor accusé de manquements dans la lutte contre la traite des êtres humains par Grizzly Research
  • Chute de 7% de l'action Accor à la Bourse de Paris
  • Accor dément les allégations et lance une enquête interne
  • Grizzly Research affirme avoir contacté des hôtels Accor pour réserver des chambres avec des mineurs
  • 80% des hôtels contactés auraient coopéré

Les faits

Grizzly Research a expliqué avoir contacté des hôtels opérant sous des marques du groupe en Russie, au Kazakhstan et en Ouzbékistan pour réserver des chambres avec des mineurs. Les 18 hôtels sous bannière Accor en Russie contactés par la société auraient accepté d'accueillir les orphelins, de même que trois hôtels au Kazakhstan et en Ouzbékistan.

Les établissements auraient assuré qu'ils tiendraient des informations sensibles à l'écart de l'ambassade d'Ukraine et du siège français d'Accor. Grizzly Research affirme également avoir contacté des hôtels opérant sous les marques de la société dans 25 pays pour réserver des chambres avec des jeunes filles mineures accompagnées d'hommes ne faisant pas partie de leurs familles.

Les conséquences

La publication du rapport de Grizzly Research a entraîné une chute de l'action Accor à la Bourse de Paris. L'action a perdu 10,3% au plus bas de la séance. La crainte d'une escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait également peser sur le titre.

Le propriétaire d'Ibis et Sofitel est le grand groupe hôtelier le plus exposé au Moyen-Orient, la région représentant environ 10% de ses revenus. Un intermédiaire financier a expliqué que « le marché intègre un risque réputationnel » pour la société et que donc le titre baisse.

Et maintenant ?

Accor devra démontrer que les allégations de Grizzly Research sont fausses ou non. Si les allégations sont confirmées, le groupe prendra des mesures appropriées et se réserve le droit d’engager des poursuites contre les parties impliquées. La société a également précisé que le PDG d'Accor, Sébastien Bazin, a rencontré Jeffrey Epstein une seule fois, il y a plus de vingt ans, dans un contexte professionnel.

Les prochaines étapes attendues incluent la publication des conclusions de l'enquête interne menée par Accor et les éventuelles mesures prises par le groupe pour répondre aux allégations de Grizzly Research. Il est également possible que des régulateurs ou des autorités judiciaires se saisissent de cette affaire pour mener leurs propres enquêtes.

En conclusion, l'affaire Accor soulève des questions importantes sur la responsabilité des entreprises dans la lutte contre la traite des êtres humains et les conséquences de leurs actions sur leur réputation et leur valeur boursière.