En août 2019, Patrick Bruel, alors en tournée en Corse, fait l’objet d’une plainte pour des faits d’exhibition sexuelle et de tentative de viol, déposée par une masseuse du spa de l’hôtel Radisson Blu d’Ajaccio où il séjourne. Le Figaro, qui s’est procuré l’enquête judiciaire de l’époque, révèle les détails de cette procédure initiale qui a ensuite été classée sans suite avant d’être réexaminée.
Ce qu'il faut retenir
- Le 9 août 2019, Patrick Bruel demande une séance de massage dans sa loge à l’Aiò Festival, à Ajaccio, où il se produit ce soir-là.
- La masseuse, Lucie*, âgée de 26 ans, affirme que l’artiste s’est entièrement déshabillé et a refusé de porter le sous-vêtement jetable proposé.
- Elle déclare avoir été sollicitée pour des massages dans des zones intimes, notamment l’entre-fessier et le bas-ventre, qu’elle a refusés.
- La plainte est déposée le 13 août 2019, mais l’enquête initiale est classée sans suite en 2021, avant d’être rouverte en 2024.
- Les faits pourraient être prescrits, une question qui s’est invitée dans le débat public autour de cette affaire.
Une rencontre professionnelle qui tourne au conflit
Le 9 août 2019, Patrick Bruel se trouve en Corse pour un concert à l’Aiò Festival, une étape courante dans sa carrière. Ce jour-là, il réserve une séance de massage « tonique » dans sa loge, une pratique qu’il a l’habitude de solliciter avant ses représentations. La masseuse désignée, Lucie*, une jeune femme de 26 ans travaillant au spa de l’hôtel Radisson Blu d’Ajaccio, se présente donc dans sa loge en fin de journée, vers 19 heures, comme le rapporte Le Figaro.
Selon le récit de la praticienne, Patrick Bruel arrive nu et refuse catégoriquement de porter le sous-vêtement jetable proposé. « Ça, tu oublies », lance-t-il en repoussant la serviette censée couvrir ses parties intimes, invoquant la chaleur ambiante. Le massage débute, mais les demandes de l’artiste vont rapidement mettre la jeune femme mal à l’aise. « Il m’a demandé d’aller dans l’inter-fessier. Il m’a dit : « j’aime vraiment bien quand tu passes là ». Il bougeait sans cesse pour que ma main arrive sur ce point », témoigne-t-elle.
Des sollicitations jugées inappropriées par la victime présumée
Les sollicitations de Patrick Bruel ne s’arrêtent pas là. Toujours selon Lucie*, l’artiste aurait insisté pour obtenir un massage du bas-ventre, puis aurait demandé un massage « plus bas », une demande qu’elle a refusée catégoriquement. « Tant mieux car le sexe avant le concert, ce n’est pas préconisé, j’aurais mal chanté », aurait-il plaisanté, comme le rapporte la masseuse.
Ces propos, rapportés par la plaignante, illustrent une dynamique où l’artiste aurait tenté de normaliser des comportements que la jeune femme jugeait inappropriés, voire intrusifs. Le 13 août 2019, soit quatre jours après les faits, Lucie* se rend à la gendarmerie d’Ajaccio pour déposer plainte pour exhibition sexuelle et tentative de viol, selon les termes qu’elle utilise dans sa déclaration.
Une enquête initiale classée sans suite, puis rouverte
L’enquête judiciaire, ouverte après le dépôt de plainte, est confiée à la gendarmerie d’Ajaccio. Les enquêteurs recueillent le témoignage de Lucie*, qui décrit des faits précis et des dialogues tenus avec Patrick Bruel. Cependant, malgré ces éléments, l’affaire est classée sans suite en 2021, sans que les motivations exactes de cette décision ne soient rendues publiques. Ce n’est qu’en 2024, sous la pression médiatique et après la multiplication des signalements pour agressions sexuelles, que le parquet de Paris décide de rouvrir le dossier.
Cette réouverture s’inscrit dans un contexte plus large où plusieurs personnalités du monde du spectacle sont visées par des accusations de violences sexuelles, relançant le débat sur la prescription et la crédibilité des victimes. Patrick Bruel, qui a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, se retrouve ainsi au cœur d’une procédure judiciaire dont l’issue reste incertaine, autant dire que la question de la prescription plane comme une épée de Damoclès sur cette affaire.
Les enjeux juridiques autour de la prescription
L’un des principaux points de tension dans cette affaire concerne la prescription des faits. En France, les crimes et délits sexuels sont soumis à des délais de prescription variables, souvent étendus pour les affaires impliquant des mineurs. Cependant, pour les faits présumés de 2019, les délais pourraient être proches de leur terme, voire déjà expirés. Selon les éléments rapportés par Le Figaro, les avocats de Patrick Bruel devraient se saisir de cet argument pour demander un non-lieu, tandis que les associations de défense des victimes pourraient plaider pour une extension des délais.
Cette question dépasse largement le cadre de l’affaire Bruel. Elle renvoie à un débat de société plus large sur la nécessité de prolonger les délais de prescription pour les crimes sexuels, afin de permettre aux victimes de porter plainte dans un délai raisonnable après les faits, notamment lorsqu’elles peuvent mettre des années à surmonter leur traumatisme. Bref, le cas Patrick Bruel illustre les limites du système judiciaire face à des affaires où le temps joue contre la victime présumée.
Le cas de Patrick Bruel s’inscrit dans une série de révélations qui ont ébranlé le monde du spectacle ces dernières années. Comme souvent dans ce type d’affaires, la procédure judiciaire s’étire sur plusieurs années, entre classements sans suite, réouvertures et débats publics. Pour Lucie*, comme pour toutes les victimes présumées, l’enjeu n’est pas seulement judiciaire, mais aussi symbolique : obtenir que sa parole soit entendue et que les faits, s’ils sont avérés, ne restent pas impunis.
Selon les éléments rapportés par Le Figaro, Patrick Bruel a été visé par une plainte pour exhibition sexuelle et tentative de viol, déposée par une masseuse en août 2019. Ces faits ont été qualifiés de cette manière par la plaignante, bien que la procédure ait été initialement classée sans suite avant d’être rouverte en 2024.
Les motivations exactes du classement sans suite en 2021 n’ont pas été rendues publiques. Cependant, ce type de décision intervient généralement lorsque les éléments recueillis ne permettent pas d’établir une infraction pénale ou lorsque les preuves sont jugées insuffisantes. La réouverture du dossier en 2024 suggère que de nouveaux éléments ont pu être pris en compte.