L’ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, longtemps figure de proue de la social-démocratie ibérique, se retrouve au centre d’une enquête pour trafic d’influence présumé. Selon Courrier International, qui cite le quotidien barcelonais La Vanguardia, le magistrat José Luis Calama, de l’Audience nationale espagnole, suspecte Zapatero d’avoir dirigé un réseau de corruption dans le cadre du sauvetage controversé de la compagnie aérienne Plus Ultra Líneas Aéreas.
Ce qu'il faut retenir
- Le juge José Luis Calama suspecte Zapatero d’avoir orchestré un trafic d’influence lié au sauvetage de Plus Ultra Líneas Aéreas, une compagnie renflouée à hauteur de 53 millions d’euros grâce à un prêt public en mars 2021.
- Une perquisition dans le bureau de Zapatero a permis de découvrir des bijoux d’une valeur estimée à 1,3 million d’euros, officiellement offerts par l’ex-roi saoudien Abdallah ben Abdulaziz Al Saoud (décédé en 2015).
- L’ancien chef du gouvernement clame son innocence, mais n’a pas encore apporté d’explication claire sur l’origine des bijoux, malgré une promesse de s’expliquer « dans les prochains jours ».
- L’affaire ébranle aussi l’actuel gouvernement socialiste de Pedro Sánchez, dont Zapatero est proche politiquement.
Une enquête judiciaire en cours
José Luis Rodríguez Zapatero a été entendu le 17 juin 2026 par le juge José Luis Calama, de l’Audience nationale, une haute juridiction pénale espagnole spécialisée dans la lutte contre la corruption. Le magistrat enquête sur un éventuel trafic d’influence organisé autour du sauvetage de la compagnie Plus Ultra Líneas Aéreas, basée à Madrid. Cette microcompagnie aérienne avait bénéficié d’un prêt public de 53 millions d’euros en mars 2021, une décision qui a depuis fait l’objet de vives critiques.
Alors que Zapatero nie avoir perçu des rémunérations en lien avec cette opération, le quotidien La Vanguardia souligne qu’il « ne convainc pas » le juge. Pourtant, aucune mesure préventive — comme un placement en détention ou une interdiction de quitter le territoire — n’a été ordonnée à son encontre, contrairement à ce que réclamait le parquet anticorruption espagnol.
Les bijoux saoudiens, un mystère persistant
Parmi les éléments les plus intrigants de cette affaire figure la découverte de bijoux d’une valeur de 1,3 million d’euros lors d’une perquisition dans le bureau de Zapatero. Selon La Vanguardia, ces pièces auraient été offertes en 2007 par l’ex-roi saoudien Abdallah ben Abdulaziz Al Saoud à l’épouse de l’ancien Premier ministre, Sonsoles Espinosa — décédée en 2022. « Le couple ignorait la valeur réelle de ces bijoux », précise le quotidien, citant des sources proches de Zapatero.
Cette révélation soulève une nouvelle fois la question des conflits d’intérêts et des cadeaux diplomatiques. Zapatero, reçu par le roi Abdallah en 2007 en compagnie de l’ex-monarque espagnol Juan Carlos, a promis de fournir « une explication claire quant à l’origine de ces bijoux dans les prochains jours ». Une déclaration attendue avec attention, alors que l’opinion publique espagnole reste sceptique.
Un ancien « référent » de la social-démocratie sous le feu des projecteurs
Jusqu’à présent, Zapatero incarnait l’une des figures les plus respectées du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Premier ministre de 2004 à 2011, il avait marqué son mandat par des réformes sociales ambitieuses et une diplomatie active. Pourtant, ses démêlés judiciaires actuels risquent de ternir durablement son héritage politique.
L’affaire prend une dimension supplémentaire avec son lien personnel avec l’actuel chef du gouvernement, Pedro Sánchez, également socialiste. Zapatero, souvent présenté comme un mentor de Sánchez, est aujourd’hui perçu comme une « idole déchue » par une partie de l’opinion. Cette proximité politique ajoute une dimension sensible à l’enquête, alors que le PSOE tente de préserver son image face aux accusations de corruption.
La Vanguardia, un média historique au cœur de l’actualité
Le quotidien La Vanguardia, fondé en 1881 à Barcelone par la famille Godó, joue un rôle central dans le traitement de cette affaire. Deuxième journal le plus diffusé d’Espagne et premier en Catalogne, il aborde l’enquête dans son édition du 18 juin 2026 sous le titre : « Zapatero nie avoir reçu des rémunérations en lien avec le sauvetage de Plus Ultra, mais ne convainc pas le juge ».
Ce titre reflète l’ambivalence de la situation : si Zapatero affirme ne rien avoir à se reprocher, les éléments recueillis par la justice laissent planer des doutes. Le journal rappelle également que Zapatero s’est engagé à clarifier l’origine des bijoux saoudiens, une promesse qui pourrait déterminer la suite de l’enquête.
Une question reste en suspens : dans quelle mesure ces révélations pourraient-elles influencer les prochaines élections en Espagne, prévues pour 2027 ?
Le magistrat enquête sur un éventuel réseau de corruption autour du sauvetage de Plus Ultra Líneas Aéreas, une compagnie aérienne renflouée à hauteur de 53 millions d’euros par un prêt public en mars 2021. Zapatero, alors Premier ministre, est soupçonné d’avoir utilisé son influence politique pour faciliter cette opération en échange de contreparties, bien qu’aucune preuve directe de corruption n’ait encore été rendue publique.
Les bijoux, estimés à 1,3 million d’euros, auraient été offerts en 2007 par l’ex-roi saoudien Abdallah ben Abdulaziz Al Saoud à l’épouse de Zapatero, Sonsoles Espinosa. Selon La Vanguardia, le couple ignorait leur valeur réelle. Zapatero a promis de fournir une explication claire sur leur provenance « dans les prochains jours ».