La Haute Cour de la province du Cap-Nord, en Afrique du Sud, a donné son feu vert à un propriétaire de parc privé pour exporter des cornes de rhinocéros, selon RFI. Cette décision, rendue publique ce 7 juillet 2026, intervient malgré les tentatives du gouvernement sud-africain pour faire annuler cette autorisation. La justice a en effet débouté la requête de l’État en appel, confirmant ainsi la légalité de l’opération.
Ce qu'il faut retenir
- La Haute Cour du Cap-Nord autorise l'exportation de cornes de rhinocéros pour un propriétaire de parc privé en Afrique du Sud.
- Le gouvernement sud-africain a tenté de bloquer cette autorisation, mais a été débouté en appel.
- L'Afrique du Sud abrite la majorité des derniers rhinocéros de la planète, estimés à environ 20 000 individus en 2025.
- Le braconnage en Afrique du Sud est en partie alimenté par la demande asiatique, où les cornes sont prisée pour leurs supposées vertus thérapeutiques.
Cette décision judiciaire s’inscrit dans un contexte tendu pour la conservation des rhinocéros en Afrique du Sud. Le pays, qui abrite environ 80 % de la population mondiale de rhinocéros blancs et noirs, reste un foyer majeur de braconnage. En 2025, plus de 400 animaux ont été victimes de braconnage, selon les dernières estimations officielles. La corne de rhinocéros, vendue à prix d’or sur le marché noir asiatique, peut atteindre jusqu’à 60 000 dollars le kilo, ce qui en fait l’un des produits illégaux les plus lucratifs au monde.
Les autorités sud-africaines justifiaient leur opposition à l’exportation par la volonté de limiter le trafic illégal et de protéger les espèces menacées. « Nous estimons que cette autorisation risque d’alimenter la demande et donc le braconnage », a déclaré un porte-parole du ministère de l’Environnement, sous couvert d’anonymat. Pourtant, la justice a considéré que les arguments du gouvernement n’étaient pas suffisants pour justifier une interdiction administrative. « Le droit à l’exportation est encadré par la loi, et tant que les procédures sont respectées, il n’y a pas de motif légal pour l’interdire », a expliqué un juge de la Haute Cour du Cap-Nord.
Cette affaire soulève des questions sur l’efficacité des mesures de protection mises en place par le gouvernement sud-africain. Malgré l’instauration de quotas d’exportation et le renforcement des patrouilles anti-braconnage, le nombre d’animaux tués chaque année reste préoccupant. Les associations de défense de l’environnement, comme WWF Afrique du Sud, dénoncent un manque de cohérence dans la politique gouvernementale. « On autorise l’exportation légale tout en prétendant lutter contre le braconnage ? C’est une contradiction flagrante », a réagi une représentante de l’organisation.
Reste à voir si cette décision aura un impact sur les populations de rhinocéros en Afrique du Sud. Pour l’heure, les défenseurs de l’environnement appellent à une réflexion globale sur la régulation du commerce des cornes, entre lutte contre le trafic illégal et gestion des stocks existants. Une chose est certaine : le sort des rhinocéros, symbole de la biodiversité africaine, dépendra en grande partie des choix qui seront faits dans les mois à venir.
En Chine et au Vietnam, la corne de rhinocéros est traditionnellement utilisée dans la médecine alternative, considérée comme un remède contre le cancer, la fièvre ou encore les maux de tête. Aucune étude scientifique ne valide ces allégations, mais la demande persiste, alimentant un marché noir très lucratif.