Selon BFM Bourse, Airbus aurait livré environ 90 avions au mois de juin 2026, un chiffre qui marque une nette accélération par rapport aux mois précédents. Cette performance, rapportée par Bloomberg jeudi 3 juillet, s’inscrit dans une dynamique de rattrapage après un premier trimestre en demi-teinte. Avec cet objectif, le groupe se rapproche de son objectif annuel de 870 appareils livrés, soit une hausse de 10 % par rapport aux 793 unités expédiées en 2025.
Ces livraisons, suivies de près par les analystes et les investisseurs, sont cruciales pour le groupe. En effet, le paiement des avions est généralement effectué au moment de leur réception par les compagnies aériennes ou les loueurs. Une accélération des livraisons permettrait ainsi à Airbus de générer davantage de trésorerie, essentielle pour financer ses investissements ou redistribuer des liquidités à ses actionnaires sous forme de dividendes ou de rachats d’actions.
Ce qu'il faut retenir
- 90 avions livrés en juin, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg.
- Objectif annuel de 870 avions en 2026, en progression de 10 % par rapport à 2025 (793 unités).
- Premier trimestre 2026 en baisse : 114 avions livrés, soit une chute de 16 % sur un an.
- Problèmes d’approvisionnement chez Pratt&Whitney (RTX) sur les panneaux de fuselage, limités au premier semestre selon Guillaume Faury.
- Retards administratifs sur 20 avions destinés à des clients chinois, désormais résolus.
- 81 avions en mai, après 67 en avril et 60 en mars, confirmant une accélération progressive.
- Publication des chiffres officiels de juin « dans les prochains jours » avant les résultats semestriels du 29 juillet.
- « Business update » prévu le 21 juillet lors du salon de Farnborough, susceptible de clarifier les perspectives financières à moyen terme.
Un premier semestre contrasté, mais une tendance à la reprise
Airbus a connu un début d’année difficile, avec seulement 114 avions livrés au premier trimestre, soit une baisse de 16 % par rapport à la même période en 2025. Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance. D’abord, des difficultés d’approvisionnement chez Pratt&Whitney, filiale de RTX, concernant des panneaux de fuselage. Ces soucis de qualité, apparus en 2025, ont perturbé la production au premier semestre 2026, bien que le groupe ait minimisé leur impact, le qualifiant de « limité » et temporaire.
Par ailleurs, Airbus a rencontré des problèmes administratifs pour livrer près de 20 avions à des clients chinois. Ces appareils, déjà produits, n’ont pu être expédiés au premier trimestre en raison de contraintes réglementaires. Le groupe a depuis résolu ces blocages, ce qui devrait permettre de libérer des liquidités et d’honorer les commandes en attente.
Une accélération progressive depuis mars
Après un mois de mars marqué par 60 livraisons, Airbus a progressé à 67 en avril, puis 81 en mai. Selon Bloomberg, le groupe aurait franchi un nouveau palier en juin avec environ 90 avions livrés. Ce rythme, bien supérieur aux attentes des analystes, pourrait confirmer une inflexion durable de la production.
« Cela confirmerait l’inflexion que l’on avait vue le mois précédent. L’accélération se poursuit et permet de compenser le démarrage faible du premier trimestre », a déclaré Yan Derocles, analyste chez Oddo BHF. Les experts de Jefferies soulignent pour leur part qu’un tel niveau de livraisons « dépasserait nettement » leurs prévisions, initialement fixées à 78 unités pour juin.
Un objectif 2026 désormais plus accessible
La contribution du premier semestre à l’objectif annuel est traditionnellement significative. Sur les sept dernières années, elle représente en moyenne 42 % des livraisons totales. Avec environ 90 livraisons en juin, la part du premier semestre atteindrait environ 40 % de l’objectif de 870 appareils pour 2026. « La cible de 2026 se retrouve donc un peu plus accessible », analyse Yan Derocles. Une performance qui rassure sur la capacité du groupe à tenir ses engagements.
« Nous calculons que la contribution du premier semestre à l’objectif annuel de livraisons d’Airbus revient à ses niveaux historiques », précise-t-il. Cette reprise s’inscrit dans un contexte où Airbus doit impérativement rassurer le marché sur sa capacité à générer des flux de trésorerie positifs, après des années marquées par des retards et des surcoûts.
Un « business update » stratégique attendu le 21 juillet
Airbus tiendra un « business update » le 21 juillet, en marge du salon aéronautique de Farnborough. Cet événement, considéré comme un catalyseur potentiel pour l’action, permettra au groupe de faire un point détaillé sur ses perspectives. Bank of America a d’ailleurs classé Airbus parmi ses « meilleures idées du troisième trimestre », estimant que cette annonce pourrait redéfinir les attentes des investisseurs.
L’établissement table sur un objectif de 10 milliards d’euros de résultat opérationnel dans sa division aéronautique civile, contre 4,6 milliards en 2025. Même si certains investisseurs pourraient juger ce chiffre modeste au regard des projections à plus long terme (plus de 10 milliards d’ici 2029 et 11 milliards d’ici 2030), Bank of America y voit avant tout une opportunité de clarifier la stratégie financière du groupe. « Cela permettrait de recentrer le débat sur une perspective à moyen terme plus saine », souligne la banque.
La capacité du groupe à maintenir cette cadence de production jusqu’à la fin de l’année sera cruciale. Les défis restent nombreux, entre gestion des approvisionnements, résolution des retards administratifs et maintien de la qualité. Reste à savoir si cette accélération est durable ou si elle s’inscrit dans une logique de rattrapage temporaire.
Les livraisons d’avions sont un indicateur clé de la santé financière d’Airbus, car elles déclenchent le versement des paiements par les compagnies aériennes ou les loueurs. Ces recettes permettent à l’entreprise de financer ses investissements, ses dividendes ou ses rachats d’actions. Une accélération des livraisons améliore donc la trésorerie et la confiance des investisseurs.
Airbus a été confronté à deux défis majeurs en 2026 : des problèmes d’approvisionnement chez Pratt&Whitney pour les panneaux de fuselage, et des retards administratifs sur des livraisons à destination de clients chinois. Ces obstacles ont pesé sur les livraisons du premier trimestre, mais le groupe affirme qu’ils sont désormais maîtrisés.