Face à la menace récurrente des incendies estivaux qui ravagent régulièrement les massifs forestiers algériens, les autorités ont adopté une mesure radicale. Un décret interdit désormais l’accès aux zones boisées du pays jusqu’au 31 octobre 2026, comme le rapporte RFI. Cette décision, entrée en vigueur immédiatement, vise à réduire drastiquement les départs de feu, souvent provoqués par des activités humaines.

L’Algérie, comme d’autres pays méditerranéens, subit chaque année des incendies d’une ampleur variable, parfois dévastateurs. Selon les données officielles, la saison estivale 2025 avait enregistré plus de 1 200 feux à travers le territoire, entraînant la destruction de plusieurs dizaines de milliers d’hectares de forêts et de maquis. Avec cette interdiction, les autorités entendent anticiper les risques et éviter une répétition de ces bilans catastrophiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Un décret interdit l’accès aux forêts algériennes jusqu’au 31 octobre 2026, dans le but de prévenir les départs de feu.
  • En 2025, plus de 1 200 incendies avaient été recensés, causant d’importants dégâts écologiques et matériels.
  • Les sanctions en cas de non-respect de cette mesure pourraient être lourdes, bien que leur nature exacte n’ait pas encore été précisée officiellement.
  • Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de protection des écosystèmes forestiers, déjà fragilisés par les changements climatiques.

Un dispositif exceptionnel pour une menace récurrente

L’interdiction totale de présence humaine dans les massifs forestiers n’est pas une première en Algérie. Déjà en 2020, une mesure similaire avait été mise en place dans plusieurs wilayas (départements) du pays, après une saison estivale marquée par des feux d’une ampleur exceptionnelle. Cette fois, le gouvernement semble décidé à généraliser l’approche, sans distinction géographique. Les régions les plus touchées par les incendies, comme la Kabylie ou les Aurès, seront particulièrement concernées, mais l’interdiction s’appliquera à l’ensemble du territoire national.

Les autorités justifient cette décision par la nécessité de « réduire au maximum les risques de départs de feu ». Chaque année, les causes des incendies sont multiples : imprudences (barbecues, mégots), actes de malveillance, mais aussi conditions météorologiques extrêmes, avec des températures dépassant régulièrement les 40°C en été. En 2025, près de 70 % des feux étaient d’origine humaine, selon les chiffres communiqués par la Protection civile algérienne. Un constat qui a poussé le gouvernement à agir en amont.

Des sanctions encore floues, mais une volonté ferme des autorités

Si le décret est clair sur l’interdiction, les modalités de son application et les sanctions encourues restent à préciser. D’après les informations disponibles, les contrevenants s’exposeraient à des amendes pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers de dinars algériens (soit l’équivalent de plusieurs centaines d’euros), voire à des peines de prison en cas de récidive ou de mise en danger délibérée. Les forces de l’ordre et les services de la Protection civile seront chargés de veiller au respect de cette mesure.

Interrogé par RFI, un responsable du ministère de l’Intérieur a déclaré : «

Cette décision n’est pas prise à la légère. Nous savons que certaines activités, comme la cueillette des plantes aromatiques ou le pâturage, sont essentielles pour les populations locales. Mais la survie de nos forêts est une priorité absolue. Nous travaillons à des solutions alternatives pour limiter l’impact sur les habitants.
» Il a également souligné que des patrouilles supplémentaires seraient déployées dans les zones à risque pour dissuader toute tentative d’intrusion.

Et maintenant ?

Cette interdiction devrait rester en vigueur jusqu’à la fin du mois d’octobre, une période traditionnellement marquée par une baisse des températures et des risques d’incendie. Les autorités devraient évaluer son efficacité en temps réel et ajuster les mesures si nécessaire. Une campagne de sensibilisation est également prévue pour informer la population des dangers liés aux feux de forêt et des alternatives disponibles pour les activités habituellement pratiquées en forêt.

Reste à savoir si cette mesure suffira à endiguer la menace des incendies en Algérie. Le pays pourrait également renforcer ses moyens de lutte, avec l’acquisition de nouveaux équipements de détection et de lutte aérienne. Une chose est sûre : la saison estivale 2026 s’annonce sous haute tension pour les autorités comme pour les citoyens.