Une étude récente révèle que les enfants de centenaires adoptent une alimentation globalement plus saine que la moyenne des personnes âgées, sans pour autant respecter pleinement les recommandations nutritionnelles. Selon Euronews FR, des chercheurs de l’université de Boston ont analysé les habitudes alimentaires de 457 participants issus de la New England Centenarian Study, l’une des plus grandes études mondiales sur les familles longévives. Leurs conclusions, publiées en 2005 mais toujours pertinentes, montrent une qualité alimentaire modérée, avec des apports insuffisants sur plusieurs groupes d’aliments clés.

Ce qu'il faut retenir

  • Les enfants de centenaires consomment davantage de fruits, légumes, légumineuses et produits de la mer que la moyenne des seniors américains.
  • Leur alimentation se distingue par une faible teneur en sodium, sucre ajouté et céréales raffinées, mais manque de céréales complètes, légumineuses, soja et fruits à coque.
  • Cette étude observationnelle ne prouve pas que l’alimentation est la cause directe de la longévité de ces familles, mais souligne des pistes à explorer.
  • Les chercheurs recommandent d’améliorer l’éducation nutritionnelle des seniors et de rendre certains aliments plus accessibles.
  • En Europe, l’espérance de vie moyenne atteint 81,7 ans, avec des écarts marqués entre pays : 84,1 ans en Italie et Suède, contre 75,9 ans en Bulgarie.

Une alimentation globalement saine, mais des lacunes persistantes

Les chercheurs de l’université de Boston ont étudié les réponses de 457 participants, tous enfants de centenaires, dont l’âge moyen était d’environ 75 ans en 2005. Leurs habitudes alimentaires ont été évaluées à l’aide de quatre indices reconnus, liés à la santé générale, à la prévention des maladies chroniques, à la santé du cerveau et à la durabilité environnementale. Résultat : leur score global était légèrement supérieur à celui de groupes comparables de seniors américains. « Leur alimentation n’était pas parfaite, mais elle présentait des points forts indéniables », a expliqué un chercheur de l’équipe.

Parmi les points forts identifiés, on note une consommation élevée de fruits, légumes – notamment verts –, légumineuses, produits de la mer et protéines de qualité (fruits de mer, viandes peu transformées). Les participants limitaient également leur apport en sodium, en sucre ajouté et en céréales raffinées. Autant dire que leur régime alimentaire se rapprochait des recommandations des autorités sanitaires, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Des apports insuffisants en céréales complètes et légumineuses

Malgré ces atouts, l’étude révèle des carences majeures. Les enfants de centenaires ne respectent pas les apports recommandés pour plusieurs groupes d’aliments essentiels : céréales complètes, légumineuses, aliments à base de soja et fruits à coque. Pourtant, ces aliments sont vivement encouragés par les experts en nutrition pour leur rôle dans la réduction des risques de maladies chroniques. « Une alimentation riche en ces produits est associée à une meilleure santé cardiovasculaire et à une longévité accrue », a rappelé l’un des auteurs de l’étude.

Les chercheurs rappellent que cette étude, bien que rigoureuse, ne permet pas d’établir un lien de causalité entre ces habitudes alimentaires et la longévité exceptionnelle des familles étudiées. Elle est en effet basée sur des questionnaires remplis à un seul moment, en 2005, et porte sur un échantillon très diplômé et majoritairement blanc. « Cela limite la portée de nos conclusions », a concédé un membre de l’équipe. Par ailleurs, le niveau d’études semble jouer un rôle clé : les participants les plus diplômés affichaient systématiquement de meilleurs scores alimentaires.

Des pistes pour améliorer l’alimentation des seniors

Face à ces résultats, les chercheurs appellent à des mesures concrètes pour améliorer l’alimentation des personnes âgées. Ils recommandent notamment d’intégrer des compétences pratiques dans les programmes d’éducation nutritionnelle, comme la lecture des étiquettes alimentaires ou les techniques culinaires. « Cuisiner soi-même et comprendre ce que l’on mange sont des leviers essentiels pour adopter une alimentation saine », a souligné un expert.

Les auteurs de l’étude invitent également les pouvoirs publics à rendre certains aliments plus accessibles financièrement, en ciblant particulièrement les céréales complètes et les légumineuses. « Leur coût reste un frein pour de nombreux ménages, alors qu’ils devraient figurer en bonne place dans l’alimentation quotidienne », a indiqué un chercheur. Ces propositions s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la prévention des maladies liées à l’âge et la promotion d’un vieillissement en bonne santé.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient inclure des recherches complémentaires pour affiner ces observations, notamment en élargissant l’échantillon à des populations plus diversifiées. Les pouvoirs publics, de leur côté, pourraient intégrer ces recommandations dans leurs politiques de santé publique d’ici 2027, en fonction des résultats d’autres études en cours. Reste à voir si ces mesures suffiront à combler les écarts nutritionnels identifiés.

L’Europe, championne de la longévité, mais avec des disparités marquées

Cette étude intervient alors que l’Europe affiche une espérance de vie parmi les plus élevées au monde. Selon des données publiées en 2024, elle atteint en moyenne 81,7 ans, un chiffre supérieur à la moyenne mondiale. Les pays du sud et du nord du continent se distinguent particulièrement : l’Italie et la Suède enregistrent une espérance de vie de 84,1 ans, suivies de près par l’Espagne (84,0 ans).

En revanche, les disparités restent fortes entre les États membres. La Bulgarie (75,9 ans), la Roumanie (76,6 ans) et la Lettonie (76,7 ans) affichent les espérances de vie les plus basses du continent. Ces écarts s’expliquent en partie par des différences socio-économiques, des systèmes de santé inégaux et des modes de vie variés. « La longévité dépend de multiples facteurs, mais l’alimentation et l’accès aux soins jouent un rôle majeur », a rappelé un démographe européen.

Une alimentation saine, mais pas suffisante pour garantir la longévité

Si cette étude met en lumière les habitudes alimentaires des enfants de centenaires, elle rappelle aussi que d’autres facteurs entrent en jeu dans la longévité exceptionnelle. Les recherches antérieures ont montré que ces familles bénéficiaient souvent d’une meilleure résistance aux maladies liées à l’âge, comme les pathologies cardiovasculaires. « L’hérédité et le mode de vie jouent un rôle, mais l’alimentation reste un pilier essentiel », a précisé un généticien.

Pourtant, les chercheurs insistent : cette étude ne permet pas d’affirmer que l’alimentation est la cause unique de la longévité de ces familles. « Il s’agit d’une étude observationnelle, qui ne prouve pas un lien de causalité », a tempéré un membre de l’équipe. Les prochaines recherches devront donc explorer d’autres pistes, comme le rôle de l’activité physique, de la génétique ou de l’environnement social.

Les enfants de centenaires ont une alimentation riche en fruits, légumes, légumineuses, produits de la mer et protéines peu transformées. Ils limitent en revanche leur consommation de sodium, de sucre ajouté et de céréales raffinées.

Cette étude apporte des éclairages sur les habitudes alimentaires des familles longévives, une piste pour comprendre les facteurs de longévité. Elle souligne aussi les lacunes nutritionnelles à corriger pour améliorer la santé des seniors.