Plus de la moitié des Français (52 %) se disent prêts à privilégier les circuits courts, les produits bio et de saison dans les prochaines années pour soutenir les agriculteurs et améliorer leur alimentation. C’est ce que révèle une étude Opinionway pour la fondation Make.org, publiée mardi 26 mai 2026 et relayée par le réseau ICI.
Ce qu'il faut retenir
- 52 % des Français souhaitent acheter davantage de produits locaux, bio et de saison dans les années à venir, selon une étude Opinionway pour Make.org.
- 47 % des sondés veulent réduire le gaspillage alimentaire pour améliorer leur alimentation.
- Pour 25 % des répondants, la priorité pour les vingt prochaines années est d’assurer un revenu juste aux agriculteurs.
- 62 % des Français déclarent entretenir un lien avec le monde agricole via des achats directs ou des visites d’exploitations.
- Une majorité de sondés se dit prête à participer à des événements comme les Journées nationales de l’Agriculture.
Une volonté de soutenir l’agriculture et de mieux manger
L’étude, menée auprès d’un échantillon représentatif de 1 003 Français âgés de 18 ans et plus, met en lumière une aspiration croissante à retisser le lien entre les consommateurs et les producteurs. Selon Franceinfo - Santé, qui relaie ces résultats, l’enquête s’inscrit dans une réflexion plus large sur les attentes des citoyens face à leur alimentation et au modèle agricole français.
Les participants ont été interrogés sur les actions qu’ils jugent les plus efficaces pour améliorer leur alimentation. Deux propositions se dégagent clairement : d’un côté, l’achat de produits locaux, bio et de saison, et de l’autre, la réduction du gaspillage alimentaire. Ces deux pistes recueillent respectivement 52 % et 47 % des suffrages, bien devant d’autres initiatives comme la lutte contre la malbouffe ou l’accès à une alimentation équilibrée pour tous.
L’agriculture à l’épreuve des nouvelles priorités
L’enquête révèle également un glissement des priorités chez les Français. Si la production reste un enjeu majeur, la qualité et la justice économique prennent désormais le pas sur la quantité. Pour 25 % des sondés, la priorité absolue pour les vingt prochaines années est d’assurer un revenu décent aux agriculteurs. Cette préoccupation devance de peu la qualité des produits, plébiscitée par 24 % des répondants, et la production locale, considérée comme prioritaire par 18 % d’entre eux.
La protection de l’environnement, quant à elle, reste un sujet important pour 14 % des Français, qui la citent comme une priorité. Ces chiffres illustrent une évolution des mentalités, où les consommateurs ne cherchent plus seulement à nourrir le pays, mais aussi à le nourrir mieux et justement.
Un lien qui se maintient, malgré les réticences
Le rapport des Français à l’agriculture ne se limite pas aux achats ou aux convictions. Il passe aussi par des actions concrètes. Ainsi, 62 % des sondés déclarent entretenir un lien avec le monde agricole, que ce soit par des achats directs auprès des producteurs, des relations personnelles avec des agriculteurs ou encore des visites d’exploitations. Une proportion qui montre que, malgré les critiques et les distances prises avec certains modèles agricoles, une majorité de citoyens conserve un attachement au secteur.
Cette tendance se confirme avec la volonté d’implication dans des événements dédiés. Une majorité des Français interrogés se dit prête à participer à des initiatives comme les Journées nationales de l’Agriculture. Ces dernières, organisées chaque année, permettent aux citoyens de découvrir les coulisses de la production alimentaire et de dialoguer avec les professionnels du secteur. Pour les auteurs de l’étude, cette aspiration à s’investir reflète une volonté plus profonde : « retisser un lien entre les citoyens et l’agriculture », comme le souligne le réseau ICI.
« L’enquête montre que les Français ne veulent plus seulement consommer, mais aussi comprendre et soutenir l’agriculture de proximité. »
Une méthodologie rigoureuse pour des résultats représentatifs
Réalisée par Opinionway entre le 17 et le 21 avril 2026, cette étude repose sur un échantillon de 1 003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les critères de sélection (sexe, âge, région, catégorie socioprofessionnelle et niveau de revenus) ont été pris en compte via la méthode des quotas, puis pondérés pour garantir la fiabilité des résultats. Les participants ont répondu à un questionnaire autoadministré en ligne, une méthode courante pour ce type d’enquête.
Ces garanties méthodologiques permettent d’affirmer que les tendances observées reflètent bien l’opinion de l’ensemble des Français, et non seulement d’un public spécifique. Une précision importante dans un contexte où les débats sur l’alimentation et l’agriculture occupent une place croissante dans le débat public.
Alors que les enjeux de souveraineté alimentaire et de transition écologique s’imposent comme des priorités nationales, cette étude offre un éclairage sur les attentes des consommateurs. Une donnée qui pourrait bien influencer les choix des producteurs et des distributeurs dans les années à venir.
L’étude ne détaille pas explicitement les freins, mais elle souligne que, malgré une volonté affirmée, 38 % des Français ne déclarent aucun lien avec le monde agricole. Cela suggère que le manque d’information, de proximité géographique ou de moyens financiers peut limiter ces pratiques.
Les résultats ne sont pas ventilés par âge dans le communiqué, mais l’étude précise que l’échantillon est représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Une analyse plus fine des données pourrait révéler des disparités selon les générations.