Selon Euronews FR, une étude publiée dans la revue médicale Neurology révèle que les régimes riches en végétaux, s’ils sont équilibrés et composés d’aliments peu transformés, pourraient réduire significativement le risque de développer la maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de démence. Une piste sérieuse, alors que près de 50 millions de personnes sont touchées par ces pathologies dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ce qu'il faut retenir
- Une alimentation végétale saine, basée sur des aliments complets et peu transformés, pourrait réduire le risque de démence de 7 % chez les personnes les plus exposées.
- À l’inverse, une alimentation végétale de mauvaise qualité, riche en produits raffinés, augmente ce risque de 6 %.
- Les bénéfices persistent même lorsque le régime est adopté après 60 ans, selon les chercheurs.
- L’étude, menée sur plus de 92 000 adultes suivis pendant 11 ans, montre que les changements alimentaires tardifs comptent encore.
- La qualité des aliments consommés est plus déterminante que leur origine végétale.
Une étude pionnière sur l’impact des régimes végétaux face à la démence
Réalisée par une équipe de chercheurs de l’université d’Hawaï dirigée par Song-Yi Park, l’étude a analysé les données de près de 93 000 adultes âgés en moyenne de 59 ans au début du suivi. Pendant plus de dix ans, ces participants ont renseigné leur alimentation via des questionnaires, tandis que leur état de santé était régulièrement évalué. Parmi eux, 21 478 ont développé une maladie d’Alzheimer ou une autre forme de démence au cours de la période. Euronews FR précise que les chercheurs ont distingué trois profils alimentaires : un régime globalement végétal, un régime sain riche en aliments complets, et un régime moins sain, marqué par une forte consommation de produits raffinés et transformés.
La qualité des aliments prime sur leur origine végétale
Les résultats, bien que corrélationnels et non causals, soulignent une tendance claire. Les participants consommant le plus d’aliments végétaux présentaient un risque de démence inférieur de 12 % par rapport à ceux en consommant le moins. Cependant, la qualité de l’alimentation modifie profondément cette équation. Ceux qui adoptaient un régime végétal sain — riche en légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses, noix et graines — voyaient leur risque diminuer de 7 %. En revanche, les régimes végétaux déséquilibrés, composés de produits ultra-transformés, étaient associés à une hausse de 6 % du risque. « Les régimes à base de végétaux ont déjà montré qu’ils réduisent le risque de maladies comme le diabète et l’hypertension, mais on sait moins de choses sur la démence », a déclaré Song-Yi Park. « Notre étude montre que la qualité de ces régimes est cruciale. »
Les changements alimentaires tardifs restent bénéfiques
Une analyse complémentaire, portant sur un sous-groupe de 45 065 participants, a révélé que les évolutions alimentaires influencent aussi le risque de démence. Ainsi, ceux dont l’alimentation s’est dégradée vers davantage d’aliments végétaux de mauvaise qualité en dix ans ont vu leur risque augmenter de 25 %. À l’inverse, les personnes ayant amélioré la qualité de leur régime ont enregistré une baisse de 11 % de leur risque. Les données indiquent même qu’adopter une alimentation végétale plus saine après 60 ans pourrait encore réduire le risque de démence. Un constat qui remet en cause l’idée reçue selon laquelle les changements de mode de vie n’ont d’effet qu’à long terme.
Des limites méthodologiques à prendre en compte
Malgré la robustesse de l’échantillon et la durée du suivi, l’étude présente des limites. Les données reposent sur des questionnaires auto-rapportés, sujets à des imprécisions liées à la mémoire des participants. « Ils peuvent ne pas se souvenir exactement de ce qu’ils ont mangé, ce qui peut affecter les résultats », reconnaissent les auteurs. Pour autant, la taille de l’échantillon et la méthodologie rigoureuse renforcent la crédibilité des conclusions. Ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’autres travaux, comme ceux portant sur le régime méditerranéen ou le régime MIND, qui associent également une alimentation riche en aliments complets et peu transformés à une meilleure santé cognitive.
Une étude observationnelle, mais des pistes sérieuses pour la prévention
Les spécialistes rappellent que cette étude est observationnelle. Autrement dit, elle ne permet pas d’établir un lien de cause à effet direct entre l’alimentation et la démence. D’autres facteurs, comme l’activité physique, le niveau d’éducation ou le mode de vie global, jouent probablement un rôle. Pourtant, les conclusions ouvrent des perspectives concrètes pour la prévention. « Des études antérieures ont montré que des modèles alimentaires comme le régime méditerranéen ou le régime MIND, lorsqu’ils privilégient des aliments complets et peu transformés, sont associés à une meilleure santé cognitive », rappelle Euronews FR. Ces régimes, souvent riches en végétaux, pourraient donc constituer un levier accessible pour réduire les risques, à tout âge.
En attendant, les experts insistent sur l’importance d’une approche globale. Si l’alimentation végétale saine apparaît comme un facteur protecteur prometteur, elle doit s’accompagner d’autres mesures préventives — activité physique régulière, stimulation cognitive, gestion du stress — pour maximiser ses effets. Une chose est sûre : la qualité des choix alimentaires, à tout âge, mérite une attention particulière.
Les chercheurs recommandent de miser sur les légumes, les fruits, les céréales complètes, les légumineuses, les noix et les graines. Ces aliments, peu transformés, forment la base d’un régime végétal sain. À l’inverse, les produits raffinés et ultra-transformés — même d’origine végétale — doivent être limités.
Aucune annonce n’a encore été faite par les autorités sanitaires. Cependant, les résultats de cette étude pourraient alimenter les débats lors des prochaines révisions des guides alimentaires nationaux, comme le Programme National Nutrition Santé (PNNS) en France. Les discussions pourraient s’intensifier d’ici 2027, date prévue pour la prochaine mise à jour du PNNS.
